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Rien ni personne n'est supérieur à la vérité

Fukushima - alerte rouge: des fuites, des incendies, une fusion...

Publié par wikistrike.com sur 24 Avril 2012, 11:59am

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

Fukushima dans le rouge-sang 

A lire absolument ceci

Monopolisés par les élections, les médias ont fait l’impasse sur le nucléaire, et surtout, sur les rebondissements de la situation japonaise qui empire de jour en jour.

fukushima_23_avril_2012-ebd2d.png

C’est le 22 avril que la situation s’est dégradée encore plus au Japon, puisqu’un incendie et une explosion rendent la situation à Fukushima toujours plus intenable.

Suite à l’incendie qui s’était déclaré vers le 18 avril, dans une installation industrielle nucléaire proche de la centrale de Fukushima, site dans lequel est stocké de l’uranium appauvri, une explosion s’est produite le 22 avril à 8h00, provocant la mort d’un ouvrier de l’usine, en en blessant 11 autres.

Ce n’est qu’à 17h15 que cet incendie a été finalement maitrisé.

Le black out médiatique a donc bien fonctionné, et à cet instant, on ne sait pas si une pollution radioactive s’est dégagée du site. lien

Récemment, une nouvelle fuite d’eau hautement radioactive s’était échappée d’une cuve de la centrale dévastée, direction l’Océan Pacifiquelien

Dans les colonnes de « Rue 89 », Thierry Jacolet a pu interviewer l’un des liquidateurs de Fukushima qui évoque carrément « l’enfer  ».

Ce travailleur, qui risque sa place s’il s’adresse aux médias, à tout de même dans cet entretien fait un rapide bilan de la situation : 3000 liquidateurs kamikazes interviennent jour après jour sur le site, afin de tenter de décontaminer la centrale, ou de refroidir les réacteurs, et les 1000 cuves installées sur le site contiennent déjà plus de 100 millions de litres d’eau très radioactive.

Ces sous-traitants sont mobilisés plus longtemps que la raison ne le permet, l’administration ayant relevé le plafond de la limite d’exposition de 20 mSv/an à 250 mSv/an.

L’interviewé, qui a déjà encaissé 20 mSv en moins d’un an, connait l’importance du danger, précisant : «  je sais que c’est hyper radioactif. Parfois, j’ai encore peur. C’était surtout le cas au début. Maintenant le danger fait partie de ma vie. Peut-être que dans 5 à 10 ans, je sentirai les effets.  » lien

Luc Oursel, président du directoire d’Areva n’est pas rassuré et le fait savoir dans un article paru le 23 avril 2012.

Même s’il est convaincu à tort que la France est une référence « non seulement industrielle, mais aussi institutionnelle » il semble oublier les zones d’ombre qui entoure chaque « incident » nucléaire français, et les lenteurs de réaction, autant que d’information. lien

On sait que des balises ont été installées un peu partout dans le secteur de Fukushima dans lequel Tepcovoudrait avoir en vain une irradiation inférieure à 10µSvh.

En effet, si la balise de West Gate est juste en dessous de la barre (9 µSvh), celle de Main Gate affiche 25 µSvh, et celle de Main Building franchit un nouveau « record » avec 255 µSvh.

Ces chiffres hors normes sont pourtant sujets à caution, puisqu’on apprend que Tepco a protégé les balises par un blindage, lequel à fait diviser par 5 les valeurs de radioactivité, ce qui ne devrait pas être la fonction d’une balise, celle-ci étant censée afficher la réalité de la pollution. lien

En attendant, la presse étrangère nous informe que le Japon envisage maintenant un plan d’évacuation de40 millions de personnes, ce qui serait la plus grande migration d’être humains depuis les années 30, lorsque Staline avait forcé des dizaines de millions de personnes à occuper les régions extrême-orientales Russeslien

Dans la foulée, on peut s’intéresser aussi aux installations nucléaires françaises, pour lesquelles Jean Marc Royer, pour l’ASN (Autorité de sureté nucléaire) a produit un rapport accablant : après avoir constaté que, concernant les dangers relatifs aux inondations, EDF est appelée à « revoir sa copie », que pour ce qui est risques liés aux séismes, l’ensemble laisse à désirer, demande que soit rendu conforme l’ensemble des installations nucléaires pour ce qui est du danger lié à la perte des alimentations électrique.

Du coté de la « gestion des accidents graves », l’ASN a noté d’un zéro pointé tout ce qui la concerne.

Le rapport complet est sur ce lien.

La dissimulation n’est pas l’apanage du Japon ou de la France, puisque ce n’est que récemment que l’on a appris l’accident nucléaire survenu en début d’année dans la centrale nucléaire de Kori, en Corée du Sud, pays dans lequel on compte déjà 23 réacteurs nucléaires, et qui envisage d’un construire 10 nouveaux.

C’est lors d’un exercice de basculement d’alimentation sur un groupe électrogène que celui-ci s’est arrêté sans raisons, isolant le réacteur de toute source d’alimentation électrique pendant 12 minutes, provoquant fatalement une montée en température. lien

Pour revenir à Fukushima, on voit donc que la « déclaration d’arrêt à froid » a du plomb dans l’aile, et que la situation continue d’empirer, malgré les silences et les mensonges, car comme dit mon vieil ami africain : « n’accepte pas le poison de celui qui t’a offert du miel ». 

 

L’image illustrant l’article provient de « fukushima-diary.com »

 

Source: agoravox

 

BONUS ENTRETIEN

Rencontre avec un liquidateur de Fukushima : « C’est l’enfer »!

Rares sont les employés de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima Daiichi à parler de leur mission à haut risque. Un volontaire a accepté de témoigner. Un kamikaze de l’atome fier d’aider son pays.

 

(De retour d’Iwaki)

« Je crois que mon chef nous a vus ensemble ! Il faut sortir du magasin. »

Takehiro – le prénom a été changé – est pris d’une montée de stress en plein rayon surgelés du FamilyMart d’Iwaki, une ville située à une quarantaine de kilomètres de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima Daiichi.

Ce Japonais de 48 ans vient d’apercevoir le patron de son entreprise.

« S’il se rend compte que je suis avec un journaliste, je vais avoir de gros problèmes. »

Takehiro n’est pas autorisé par sa boîte à parler aux médias. Il a néanmoins accepté de mettre en danger sa nouvelle « carrière » pour évoquer ses conditions de travail.

Plus de 3 000 liquidateurs au casse-pipe

Prendre des risques est devenu une routine pour Takehiro. Il travaille sur le site ultracontaminé de la centrale dévastée par le tsunami, le 11 mars 2011. Cet homme est un liquidateur, un terme utilisé depuis Tchernobyl pour désigner le personnel envoyé au casse-pipe après un accident nucléaire. Ils sont plus de 3 000 à intervenir comme lui quotidiennement pour décontaminer la centrale ou refroidir les réacteurs.

Depuis le mois de mai, il participe à la construction des cuves : près de 1 000 d’entre elles contiennent déjà 100 millions de litres d’eau très radioactive. De l’eau utilisée pour refroidir les réacteurs. L’employé ne veut pas donner de détails sur sa tâche. Si ce n’est qu’il travaille hors du bâtiment de la centrale.

« Mais j’aimerais être à l’intérieur. Je m’y sentirais encore plus utile. Peut-être parce que je suis un peu kamikaze. »

Takehiro veut être au cœur de la « bête ». Comme si trimer dans un milieu contaminé jusqu’à 13 microsieverts par heure (µSv/h), c’est-à-dire 113,9 millisieverts par an (mSv/an) – plus de cent fois le niveau annuel de radioactivité toléré pour la population au niveau international –, ne lui suffisait pas.

« Je sais que c’est hyper radioactif. Parfois, j’ai encore peur. C’était surtout le cas au début. Maintenant, le danger fait partie de ma vie. Peut-être que dans cinq à dix ans je sentirai les effets. »

« Ils s’évanouissent tellement il fait chaud »

D’ici là, il aura déjà quitté la centrale. Un liquidateur ne fait pas de vieux os sur un site aussi irradié. En mars 2011, Tepco, propriétaire de Fukushima Daiichi, a relevé le plafond de la limite d’exposition de 20 mSv/an à 250 mSv/an afin de pouvoir réquisitionner plus longtemps les liquidateurs. Takehiro ne semble visiblement pas au courant.

« Je travaille pour le sous-traitant d’une entreprise partenaire de Tepco. La limite est de 30 mSv. Au-delà, on ne peut plus venir travailler. »

L’employé a encore de la marge, puisqu’il a encaissé pour l’instant 20mSv en moins d’un an.

L’homme est pourtant mis à rude contribution. Engagé en mai 2011, il a travaillé tous les jours durant les quatre premiers mois. Pas une matinée ou un après-midi de repos durant cette phase d’urgence. Depuis septembre, il a droit à six jours par mois. Les vacances ? Un concept abstrait pour lui. Son contrat ne le mentionne pas. En moyenne, il ne sue pas plus de trois heures par jour afin d’éviter une trop longue exposition à la radioactivité. Bien assez au vu des conditions de travail dantesques. En particulier en été, quand la température peut frôler les 40°C.

« A cause de la combinaison, on transpire énormément. Des travailleurs s’évanouissent tellement il fait chaud. C’est l’enfer. »

Et pas question de boire ou de manger pendant le service : l’entreprise le leur interdit. Takehiro s’en moque :

« J’enlève parfois mon masque pour fumer ou pour boire une bouteille d’eau en cachette. C’est dangereux, mais je ne peux pas attendre la fin du travail. Si Tepco sait cela, je suis viré. »

De l’eau radioactive qui fuit dans le Pacifique

Des failles dans la sécurité, Takehiro en observe souvent. Parfois, l’eau hautement radioactive fuit dans le Pacifique ou s’échappe d’une cuve.

« Un jour, l’eau a même jailli du réservoir. Mieux vaut ne pas se trouver à proximité. Normalement, l’alarme nous prévient. Mais il arrive qu’elle ne fonctionne pas. »

Au 31 janvier 2012, sur les quelque 20 000 personnes qui sont intervenus sur le site, 167 ont déjà été gravement irradiées (plus de 100 mSv). Six autres employés sont décédés, mais Tepco a affirmé que ces décès n’étaient pas liés à la radioactivité. « J’ai aussi entendu des histoires de travailleurs qui ont vu le nombre de leurs globules blancs chuter », ajoute Takehiro.

Pas de quoi le décourager pour autant. Même pas son salaire de la peur : 18 000 yens par jour seulement (167 euros). Sans prime de risque, bien sûr. Ceux qui ne sont pas qualifiés gagnent à peine 8 000 yens (74 euros).

« Je m’en fiche, je ne travaille pas pour l’argent. Je suis heureux de faire ce boulot. »

« Etre un héros de films américains »

Et il en est fier en plus. Lui qui s’est porté volontaire pour cette mission quasi suicidaire… Lui qui menait une vie peinard de chauffeur de camion sur l’île de Kyushu, au sud de l’archipel. Jusqu’à ce que le tsunami détruise la centrale.

« Quand j’ai vu ça à la télé, je me suis dit que le pays allait sombrer dans le chaos. Il fallait que je fasse quelque chose pour le Japon. C’est à notre génération de faire cela. Pas aux jeunes. »

Takehiro le patriote surfe alors sur les sites internet pour débusquer les appels aux volontaires. Il décroche un emploi dans une petite entreprise de construction. Divorcé – il a un fils à Tokyo –, il emménage en mai 2011 près d’Iwaki et se met illico à la tâche. Avec un sens du sacrifice propre aux Japonais :

« Je suis prêt à donner ma vie pour mon pays. Je pense que ce qui se passe ici, c’est comme une guerre. Fukushima Daiichi c’est notre champ de bataille… »

Une bataille loin d’être gagnée par l’armée de l’ombre de Tepco, qui se donne quarante ans pour assainir la centrale.

« Je suis d’une génération de Japonais qui aimerait être un héros de films américains. »

Et qui sont aussi prêts à mourir en héros ?

Rue89
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prestant 28/04/2012


Franchement, oser dire qu'un incident technologique à Yamaguchi , soit à 600 Km est un avatar de Fukushima ne parait pas sérieux.


 


Sur la situation de la centrale de Fukushima, il est clair que la situation reste précaire et préjudiciable; il y a des sites qui continuent d'informer, cette page de bric et de broc ne me parait
pas à recommander.

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