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Fukushima: L’étape la plus dangereuse du nettoyage nucléaire japonais commence

Publié par wikistrike.com sur 19 Août 2013, 06:53am

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

L’étape la plus dangereuse du nettoyage nucléaire japonais commence

 

 

téléchargement(Reuters) – L’exploitant de la centrale de Fukushima se prépare à enlever 400 tonnes de combustible extrêmement irradié d’un bâtiment de réacteur nucléaire endommagé, une dangereuse opération qui n’a jamais été tentée à cette échelle auparavant.

 

Contenant l’équivalence en radioactivité de 14.000 fois la quantité libérée dans l’attaque à la bombe atomique d’Hiroshima il y a 68 ans, plus de 1300 assemblages de barres (ou « crayons ») de combustible usagé étroitement reliées doivent être enlevées d’un bâtiment qui menace de s’effondrer en cas de nouveau gros séisme qui toucherait la zone.

 

TEPCO fait déjà face à une bataille perdue d’avance pour stopper le débordement d’eau radioactive à un autre endroit de la centrale et des experts s’interrogent sur sa capacité à mener à bien l’enlèvement de tous les assemblages.

 

« Ils vont avoir des difficultés à enlever ce nombre important de barres », a dit Arnie Gundersen, ingénieur en nucléaire américain et directeur de Fairewinds Energy Education, spécialiste de la fabrication d’assemblages de combustible. 

 

L’opération, qui démarre en novembre prochain au réacteur n°4, comporte de grands dangers, dont la possibilité d’une large libération de radioactivité si un assemblage se brise, se coince ou s’approche trop près d’un faisceau adjacent, ont dit Gundersen et d’autres experts en nucléaire.

 

Ce qui pourrait entraîner une catastrophe pire que la crise nucléaire de 2011, la plus grave au monde depuis Tchernobyl en 1986. 

 

Personne ne sait jusqu’où les choses peuvent aller, mais Mycle Schneider etAntony Froggat, consultants indépendants, ont récemment dit dans leurs compte-rendus 2013 sur l’état de l’industrie nucléaire : « La libération complète de la piscine de combustible de l’unité 4, sans maîtrise ni contrôle, pourrait causer de loin la catastrophe radiologique la plus grave à ce jour ».

 

TEPCO a déjà enlevé l’année dernière deux assemblages de combustible non usagé de la piscine lors d’une opération-test, mais ces barres sont moins dangereuses que les faisceaux usagés. Extraire du combustible usagé fait normalement partie des opérations d’une centrale nucléaire, mais les arracher d’un réacteur sévèrement endommagé est sans précédent.

 

« Arriver à la conclusion que ça va fonctionner correctement pour la suite est d’une logique totalement boîteuse », a dit Gundersen.

 

L’exploitant dit reconnaître que l’opération sera difficile, mais pense qu’elle peut s’effectuer sans danger.

 

TEPCO inspire néanmoins peu confiance. Sévèrement critiqué pour avoir failli à la protection de la centrale de Fukushima contre des catastrophes naturelles, sa gestion de la crise depuis a également été blâmée.

 

La semaine dernière, le premier ministre Shinzo Abe a ordonné au gouvernement de prendre une part plus active dans le contrôle du débordement d’eau radioactive qui refroidit les réacteurs fondus des unités 1, 2 et 3 de la centrale.

 

Un cadre géant

 

Les assemblages de combustible se trouvent dans la piscine de refroidissement du réacteur n°4 et TEPCO a érigé un cadre d’acier géant au-dessus du sommet du bâtiment après avoir enlevé les débris laissés par l’explosion qui a ébranlé l’unité après la catastrophe de 2011.

 

La structure soutiendra des grues qui effectueront la délicate tâche d’extraire les assemblages de combustible qui ont pu être endommagés par le séisme, l’explosion ou la corrosion par l’eau salée qui a été déversée dans la piscine quand l’approvisionnement en eau douce est venu à manquer durant la crise.

 

L’opération commencera en novembre et TEPCO s’attend à une durée d’un an pour enlever les assemblages, a annoncé leur porte-paroles, Yoshikazu Nagai, à Reuters par email. Ce n’est qu’un épisode dans le processus de démantèlement de la centrale prévu durer environ 40 ans et coûter 11 milliards de dollars [environ 800 millions d'euros].

 

Chaque assemblage de barre pèse environ 300 kilos et a une longueur de 4,50 mètres. Il y a 1331 assemblages de combustible usagé et 202 autres non usagés qui sont également stockés dans la piscine, a dit Nagai.

 

Presque 550 assemblages avaient été enlevés du cœur du réacteur juste avant le séisme et le tsunami. Ce sont les plus dangereux parce qu’ils n’ont fait qu’être refroidis dans la piscine pendant deux ans et demi.

 

« L’unité n°4 n’était pas en service au moment de l’accident, son combustible a donc été déménagé du réacteur vers la piscine et si vous calculez la quantité de césium 137 de la piscine, elle équivaut à 14.000 bombes atomiques d’Hiroshima », a dit Hiroaki Koide, professeur assistant à l’institut de recherche sur les réacteurs à l’université de Kyoto.

 

Les barres de combustible usagé contiennent également du plutonium, l’une des substances les plus toxiques de l’univers, qui se forme pendant la dernière étape des opérations au cœur d’un réacteur.

 

Criticité involontaire

 

« Il existe un risque de criticité involontaire si des faisceaux se tordent et s’approchent trop près les uns des autres », a dit Gundersen.

 

Il se référait à une réaction atomique en chaîne qui reste incontrôlable et qui pourrait engendrer une énorme libération de radiations et de la chaleur, ingérable par le système de refroidissement de la piscine qui n’est pas conçu pour en absorber autant.

 

« Le problème avec une criticité de la piscine de refroidissement est qu’on ne peut la stopper. Il n’y a pas de barres de contrôle pour la gérer », a déclaré Gundersen. « Le système de refroidissement de la piscine n’est conçu que pour enlever la chaleur de désintégration, non celle d’une réaction nucléaire en cours ».

 

Les barres sont vulnérables aussi à un incendie si elles sont exposées à l’air, continue Gundersen.

 

Les assemblages de combustible sont situés dans une piscine en béton de 10 mètres x 12 mètres, dont la base se situe à 18 mètres au-dessus du niveau du sol. Les barres de combustible sont recouvertes de 7 mètres d’eau, a dit Nagai.

 

La piscine a été exposée à l’air après l’explosion quelques jours après que le séisme et le tsunami aient fait exploser le toit. Les grues et l’équipement qui servent normalement à extraire le combustible du cœur du réacteur ont été détruits aussi.

 

TEPCO a étayé le bâtiment, qui a pu s’incliner et se déformer après l’explosion, et qui reste une source d’inquiétude mondiale soulevée au Congrès américain.

 

L’exploitant dit que le bâtiment peut résister à une secousse semblable à celle de 2011 et ils effectuent des contrôles réguliers de la structure, mais la société a un problème de crédibilité. Le mois dernier, ils ont admis que de l’eau contaminée fuyait vers l’océan Pacifique après des mois de déni.

 

Les assemblages de combustible doivent d’abord être soulevés des racks où ils reposent, puis insérés dans un caisson d’acier. Cette opération se passe sous l’eau avant que le caisson, qui protège des radiations émises par les barres, ne puisse être enlevé de la piscine et ramené au niveau du sol.

 

Le caisson est ensuite transporté vers la piscine commune de stockage dans un bâtiment en bon état où les assemblages seront mis en réserve.

 

TEPCO a confirmé lors d’une investigation en début de mois que la piscine du réacteur 4 contient des débris.

 

L’enlèvement des barres de la piscine est une tâche délicate assistée normalement par ordinateur, selon Toshio Kimura, un ancien technicien de chez TEPCO, qui a travaillé à Fukushima Daiichi pendant 11 ans.

 

« C’était auparavant un processus par contrôle informatique qui mémorisait les emplacements exacts des barres jusqu’au millimètre près et aujourd’hui ce n’est pas possible. Il faut que ce soit fait manuellement, il y a donc un risque élevé de faire tomber et de briser l’une des barres de combustible », a dit Kimura.

 

Dans des circonstances normales, l’opération d’enlèvement de tout le combustible prendrait une centaine de jours. TEPCO a programmé au début qu’il faudrait deux ans avant de réduire le calendrier à un an sous prétexte de l’urgence. Mais c’est peut-être une estimation optimiste.

 

« Je pense que ce sera probablement plus long que ce qu’ils pensent et ils vont probablement aussi rencontrer des problèmes », a dit Murray Jennex, professeur associé à l’université de San Diego, expert en confinement nucléaire et ancien employé de la centrale nucléaire de San Onofre en Californie.

 

« Je ne sais pas si quelqu’un a fait des recherches sur l’expérience de Tchernobyl, comme de construire un sarcophage de béton, mais ces derniers ne semblent pas durer longtemps avec toute cette contamination ».

 

La corrosion par l’eau salée aura aussi affaibli le bâtiment et l’équipement, a-t-il dit.

 

Et si un autre séisme important se déclenche avant que le combustible ne soit totalement enlevé et renverse le bâtiment ou perfore la piscine et laisse l’eau s’écouler, un incendie du combustible relâchant plus de radiations que pendant la catastrophe initiale est possible, menaçant Tokyo à 200 km de là.

 

Quand on a demandé quel était le pire scénario possible qu’envisage TEPCO, Nagai a dit : « Nous réfléchissons maintenant aux risques et aux moyens de les combattre ».

 

Source

 

Traduit pour le BistroBarBlog

Commenter cet article

Franck 19/08/2013 18:31


Euh, de memoire, personne n'a jamais pu evacuer des assemblages usés avant que leur chaleur et radioactivité ne baisse... C'est pour cela que l'on doit laisser faire une decroissance calorique et
radiologique en piscine.


Retirer un assemblage de sa piscine, c'est au mieux se prendre des flash gamma, au pire une explosion de l'assemblage par elevation de temperature exponentiel, l'eau n'etant plus presente pour le
refroidissement (avec une contamination massive)...


 


Je n'ose imaginer la technologie a creer pour faire ce travail: fabriquer un systeme qui transportera les assemblage sous eau, robotisé pour ne tuer personne. Bonjour le boulot, on est a des
siecles lumiere de savoir faire cela. Pour info, Tricastin n'a pas ete capable de decrocher rapidement un assemblage coincé au dessus de la grille d'insertion. Alors transferer des assemblages
actifs... perso, je dirai que ca serait impossible.

mox 19/08/2013 17:00


Frank,


Cette article parle des barres qui sont dans la piscine du reacteur 4.


le combustible est dans de l'eau et non pas fondu dans le sable.


Pour les autres reacteurs c'est ceci surement le cas.

Franck - MLFB 19/08/2013 14:33


warf, deja ils savent pas ou est passé le combustible. alors le recuperer...


Et puis n'oublions pas que le combustible refroidi se trouve en quelque sorte vitrifié par le sable l'entourant et ne presente pas autant de risque de CONTAMINATION que s'il etait soluble... Il y
a des risques D'IRRADIATION, mais peu de risques de contamination. Les sources de contaminations proviennent surtout des effluents liquides qui lessivent toute la partie primaire du reacteur...
et qui lessivent la partie soluble entourant le combustible (melange de combustible sous forme de poussieres et de terre, et sable n'ayant pas ete vitrifié)...


Bref, pas encore rendu... quand on voit qu'il a fallu 13 ans pour vider le reacteur de SPX de son sodium (5000 tonnes), et france oblige, pour ne pas avoir a depenser de l'argent en recyclage du
sodium avec une usine couteuse, on a coulé le sodium dans des moules avec du beton... 


Si on ajoute hollande et Areva a la mixture... fukushima deviendra vraiment une catastrophe planetaire... (quand on sait pas on touche pas)...

bistou 19/08/2013 10:43


pour rappel tchernobyl 400 fois hiroshima................. la 14000 je crains le pire

rantanplan 19/08/2013 09:54


11 milliards de dollars [environ 800 millions d'euros].


???


il est tombé bien bas le dollars ;)

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