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Gaz de schiste : Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole du lobby pétrolier en France

Publié par wikistrike.com sur 29 Février 2012, 11:26am

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

 

Gaz de schiste : Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole du lobby pétrolier en France


LE PLUS. Il n'en revient pas. Stéphane Gatignon, maire de Sevran, a découvert qu'uneenquête publique concernant la délivrance de permis de recherches d’hydrocarbures, dont certains concernent sa commune, avait été lancée en janvier dernier. Il affirme ne pas en avoir été informé et dénonce la méthode des autorités.


Le 19 janvier dernier, dans la plus grande discrétion, a été lancée une enquête publique concernant la délivrance de permis exclusifs de recherches d’hydrocarbures ayant recours au gaz de schiste. Elle concerne 12 permis en France (dix en Île-de-France, un en Lorraine et un en Aquitaine). Une affaire qui relève du scandale.

 

Scandale, d’abord, parce que cette découverte d'une consultation importante pour l'avenir de milliers de familles et de territoires de notre pays s'est faite au hasard de lectures sur internet. Scandale, parce qu'en enquêtant sur le site du ministère du Développement durable, cher à Nathalie Kosciusko-Morizet, on découvre des documents relatifs à l'attribution de 14 permis exclusifs de recherche d'hydrocarbure – dont 12 en Île-de-France. Scandale encore, lorsqu’on comprend que la commune de Sevran, comme 60 autres, est concernée par un permis (dit "permis de Chevry") seulement après avoir réussi à déchiffrer un document qui, plutôt que d’offrir une cartographie claire, indique seulement des coordonnées de géolocalisation.

 

 gaz

 Des protestations à Barjac contre l'exploitation du gaz de schiste, le 23/10/2011. (AVENTURIER PATRICK/SIPA)

 

Étonnement, à découvrir aussi un projet d’arrêté, non daté, qui attribue le permis de recherche à la Société Poros, société au capital fluctuant (aujourd'hui 1,2 million d'euros), au chiffre d'affaires annuel de 350.000 euros avec un unique salarié. Curieuse société dont le champ d'actions pour la recherche pétrolière se situe également en Tunisie avec des permis de recherche attribués en 2007, avant la révolution.

 

Scandale que de tels enjeux financiers et environnementaux se gèrent en catimini, par une consultation virtuelle dont personne n'est informé, ni élus, ni population. Soixante communes concernées et pas un mot, pas une enquête publique, pas un avis de consultation !

 

Une fois tout cela dénoncé par voie de presse, le ministère du Développement durable vient de faire marche arrière. In extremis, il prolonge d'un mois la pseudo-consultation en question et propose désormais au public des cartes relatives à chaque permis ainsi que la possibilité d’adresser "ses observations" à l’adresse mail suivante, dgec-beph@developpement-durable.gouv.fr.

 

Des décisions prises sans consultation

 

Première victoire sur un procédé totalement anti-démocratique ! Aujourd’hui, de nombreux maires ont décidé de faire part de leurs inquiétudes face à l’exploitation pétrolière en Île-de-France, mais aussi de leur refus de procédés d'un autre âge où les décisions se prennent dans le dos des populations et de leurs élus.

 

On sait que le pétrole d'Île-de-France est essentiellement extrait de terrains schisteux qui nécessitent, pour son extraction, des techniques de fracturation des roches qui sont particulièrement dangereuses pour l'environnement. Depuis 2011, suite à une mobilisation massive, l'exploitation par "fracturation hydraulique" est interdite. Restent des procédés mal connus comme la fracturation à l'azote, par exemple. Or les informations consenties par le ministère ne nous renseignent aucunement sur la nature des procédés qui seront utilisés, ni sur leurs conséquences environnementales et humaines.

 

En tout état de cause, l'extraction impliquerait nécessairement l'utilisation de divers produits chimiques susceptibles de polluer l’air et nos nappes phréatiques, bien au-delà des périmètres immédiatement concernés par les permis. La recherche de ces huiles de schiste est elle-même source de nuisances multiples (manipulations sismiques, puits de forages, convois de camions, etc.). Peut-on raisonnablement envisager de tels chantiers dans les zones urbaines d'Ile-de-France, comme en Seine-Saint-Denis ?

 

D’autant que notre territoire est marqué par une dissolution de gypse qui rend les terrains instables et par la présence, à Vaujours, de l’ancien Commissariat à l'énergie atomique, où perdurent encore quelques traces de radioactivité…

 

Comment, dans ces conditions, accepter ces permis de recherches pétrolières sans plus de visibilité sur les risques encourus ? Les enjeux financiers du pétrole en France ne sont pas négligeables : le seul bassin parisien a permis, en cinquante ans, l'exploitation de quelque 300 millions de barils.

 

Des méthodes opaques

 

Madame Nathalie Kosciusko-Morizet, toute nouvelle porte-parole du candidat Sarkozy, aura tout fait, avant de quitter sa fonction ministérielle, pour que cette affaire soit arrangée en toute discrétion. Se prévalant d'un côté d'un "Grenelle de l'environnement", elle fait, de l’autre, le jeu des lobbies pétroliers.

 

Certes, le code minier n'impose pas de véritable enquête publique, ni aucune forme de réelle publicité. Cependant l'article 6 de la charte constitutionnelle de l'environnement donne le droit aux élus et à la population de participer à l'élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l'environnement. Sur ce point il est nécessaire, pour le futur gouvernement et le futur parlement, de se saisir de cette carence juridique et de réformer le code minier pour le mettre en conformité avec les exigences démocratiques de transparence.

 

Il semble évident aujourd'hui que les autorités doivent renoncer au mythe des énergies fossiles pour se tourner vers le potentiel du renouvelable. Le photovoltaïque, l'éolien, la géothermie sont des solutions porteuses, en termes énergétiques comme économiques.

 

Nos concitoyens sont préoccupés par l'avenir de notre politique énergétique. Mobilisons-nous donc contre ces méthodes d’opacité et répondons à cette consultation en ligne par un "NON" collectif, citoyen et déterminé.

 

Source: Le Nouvel Observateur

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leauquinedortpas 29/02/2012


Défensez-vous et dare-dare !!!

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