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Georges Papandréou accuse la France et l'Allemagne d'avoir aggravé la crise grecque

Publié par wikistrike.com sur 20 Mars 2012, 17:00pm

Catégories : #Economie

Georges Papandréou accuse la France et l'Allemagne d'avoir aggravé la crise grecque

papounet.jpgL'ancien Premier ministre grec, Georges Papandréou , revient sur les deux années passées à la tête du gouvernement en pleine crise financière.


Papandréou avait prévenu
Il n'a pas l'air plus affecté que cela par l'incroyable pression qui a pesé sur ses épaules de Premier ministre pendant deux longues années de crise financière. Ni par le fait qu'il a été poussé à la démission en novembre dernier par son propre parti après avoir voulu organiser un référendum sur le maintien de la Grèce dans la zone euro. Dimanche, c'est la direction du Pasok, le parti socialiste créé par son propre père en 1974, que Georges Papandréou a dû céder à un autre « cacique » du mouvement, Evangelos Venizélos. Mais derrière un apparent détachement, Georges Papandréou nourrit une réelle amertume, tant vis-à-vis de ses adversaires politiques en Grèce que de ses partenaires européens, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel au premier chef. Recevant des journalistes européens la semaine dernière, il a reconnu que son parti avait des torts dans l'irruption de la crise grecque qu'il attribue, dans un euphémisme, « à notre mauvaise gestion ». En d'autres termes, trente ans d'immobilisme et un clientélisme qui a désorganisé l'Etat grec. Mais il rejette une part de responsabilité sur l'absence de surveillance des marchés financiers et sur une « Union monétaire européenne, imparfaite » : « S'il y avait eu en Europe un bon système de surveillance monétaire, jamais je n'aurais hérité d'un tel déficit », estime-t-il en référence au gigantesque déficit public qu'il a « découvert » au moment de la prise de fonction de son gouvernement en octobre 2009.

Et puis l'Europe « n'avait prévu aucune protection » pour les pays en difficulté financière. « Dès le début, j'ai fait une proposition, raconte-t-il. J'ai suggéré de mettre en place des eurobonds qui ramèneraient la confiance des marchés, aideraient l'euro à concurrencer véritablement le dollar, et fonctionneraient parallèlement à un système de surveillance et de sanctions si les pays ne menaient pas dans des délais donnés les réformes nécessaires. ». Une option balayée par l'Allemagne et la France qui n'ont pas donné à la Grèce d'autre choix qu'une cure budgétaire drastique pour réduire coûte que coûte la dette. « Nous avons réduit le déficit de 5,5 points de PIB en un an, un record en Europe », rappelle-t-il aujourd'hui, rejetant l'accusation selon laquelle « la Grèce n'a rien fait » depuis 2010. Mais c'est la déclaration de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel en octobre 2010 à Deauville qui a mis le feu aux marchés. « En annonçant que si un pays faisait défaut dans le futur, et la Grèce était évidemment dans la ligne de mire, ce seraient les créanciers privés qui paieraient, ils ont semé la panique sur les marchés », accuse Georges Papandréou. Il a dit alors à Angela Merkel : « Avec cette proposition, vous allez devoir aider la Grèce pendant des années. » « De fait, à partir de ce moment-là, vous avez beau prendre toutes les mesures que vous voulez, si l'Europe n'offre pas une protection suffisante face aux marchés, cela ne sert à rien. » L'Allemagne ou d'autres ont-ils demandé à la Grèce de sortir de l'euro ? « Non, mais les plans B et les plans C existaient dans les ministères. C'est moi qui ai demandé à plusieurs reprises : ‘‘Est -ce que c'est ce que vous proposez ?'' Mais la solution retenue a été chaque fois de poursuivre les efforts. »

Il ne regrette pas d'avoir souhaité recourir au référendum en novembre pour faire entériner par les Grecs le nouveau plan d'aide européen.   « C'était la bonne décision », continue-t-il de penser aujourd'hui. Pour lui, « le fardeau politique de la crise devait être porté par une coalition plus large. L'une des solutions était le référendum, l'autre, une coalition politique élargie », scénario finalement retenu par la classe politique grecque. Papandréou confirme avoir averti de sa volonté de consulter le peuple le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, mais aussi la chancelière Merkel et le président de l'eurogroupe Jean-Claude Juncker dès le mois de juin 2011. « Ils étaient au courant ! », lance-t-il, alors que ces derniers ont fait mine d'être surpris, le 1 ernovembre, à la veille d'un G20 décisif. Georges Papandréou se dit enfin convaincu, comme le candidat à l'élection présidentielle française François Hollande, que l'Europe doit mettre en oeuvre une stratégie de croissance et que l'austérité ne peut être une fin en soi.

catherine chatignoux, , Les Echos
ENVOYÉE SPÉCIALE À ATHÈNES

 

Source: Les échos

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