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Goldman Sachs a camouflé la dette de la Grèce, puis parié sur sa faillite !
Faîtes touner à tous les grecs.
De nouvelles
révélations accablent la banque d'affaires américaine, qui semble avoir joué sur tous les tableaux, mettant Athènes à genoux. Et l'euro en danger.
Quel cynisme! Si l'on en croit le New York Times et l'hebdomadaire
allemand Spiegel, ce sont les banques de Wall Street, comme Goldman Sachs, qui ont permis à la Grèce de s'endetter en cachette, bien au-delà des limites fixées par Bruxelles. Et cela, grâce à des
montages financiers complexes, qui ressemblent curieusement aux subprimes responsables de la pire crise mondiale des quatre-vingts dernières années. Et ce n'est pas tout. Après avoir aidé le
gouvernement hellénique à vivre largement au-dessus de ses moyens, les mêmes banques se sont mises à investir dans des fonds spéculatifs pariant qu'Athènes serait bientôt en défaut de
paiement!
Mais reprenons. La dissimulation s'est produite peu après l'entrée de
la Grèce dans la zone euro, en 2001. En adoptant cette monnaie, Athènes s'était engagé à ne pas dépasser 3% de déficit budgétaire. Une règle que les autorités ont réussi à contourner grâce à
l'offre de Goldman Sachs: pour obtenir tout de suite des milliards de dollars, il leur suffisait de renoncer à l'avenir à des taxes d'aéroport, à des recettes du loto, etc. Cela s'appelle un
«échange de devises». Techniquement, ce n'est pas un emprunt. Il n'y a pas d'intérêts à inscrire au budget. De l'argent est à disposition maintenant, qui fera défaut plus tard. On repousse le
problème. C'est de la mauvaise gestion d'Etat, mais c'est tentant pour des politiciens obsédés par leur cote de popularité. Et à l'époque, ces «contrats dérivés» n'étaient pas
interdits...
Le cercle
vicieux
C'est donc en toute légalité que Goldman Sachs a empoché une
commission de 300 millions de dollars pour avoir monté l'opération. Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Le New York Times croit savoir qu'en novembre dernier, le président de la banque, Gary
Cohn, s'est rendu en personne à Athènes pour proposer de refaire le coup. Un peu comme on propose un second emprunt à quelqu'un qui ne peut plus renflouer sa carte de crédit. La Grèce a refusé.
Depuis 2004, ces opérations ne sont plus autorisées dans l'Union européenne.
Plus dérangeant encore: la même banque investit dans des «credit default swaps», qui
parient sur l'incapacité de la Grèce à honorer les intérêts de sa dette. De la pure spéculation qui nourrit la méfiance
des investisseurs et des créanciers face à Athènes. Le cercle vicieux est enclenché.
Source: La Tribune de Genève