Alors que les citoyens grecs sont, chaque jour, priés de se serrer un peu plus la ceinture, le gouvernement, lui, dépense sans (presque) compter pour son armée. Cette situation choque le député fédéral MR Richard Miller qui a interpellé le ministre de la Défense, Pieter De Crem sur la question hier à la Chambre.

«L’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SPIRI), s’indigne le réformateur, a publié la liste des acquisitions programmées par la Grèce en matière d’armement. Et d’après les dernières informations, on parle d’achats de matériel lourd à l’industrie française et allemande. »

On ne parle pas ici de quelques pistolets mais de gros matériel dont quatre cents chars, quarante avions et six sous-marins. Alors que chaque euro semble compté, le gouvernement grec dépense donc des milliards d’euros pour équiper son armée.

Certes, reconnaît le libéral wallon, « la Grèce a toujours eu beaucoup de dépenses militaires. Ils ont une obsession de la défense de la Turquie. Mais ce n’est pas un élément qui doit être pris en considération pour le moment », dénonce Richard Miller.

La sécurité aux frontières de l’Europe est censée être une compétence communautaire, rappelle l’ancien ministre. «Il n’y a pas de raison de tout faire porter sur le budget grec. »

Contraints et forcés, les Grecs ?

« Une information a circulé en début de semaine car, à un moment donné, les Grecs eux-mêmes avaient envisagé de réduire ce type de dépenses. Mais le bruit a couru que c’était au niveau même de la Commission européenne qu’on leur a dit que ce n’était pas ça qu’il fallait faire.»

Alors, l’Europe ferait-elle d’un côté pression pour qu’Athènes réduise ses dépenses mais en priant, de l’autre côté, le gouvernement grec d’honorer ses commandes militaires, adressées surtout à des entreprises françaises et allemandes ?

« J’ai demandé vérification aujourd’hui (lire hier) au ministre (de la Défense, M. De Crem, NDLR).Ce qu’il a répondu c’est que, pour sa part, il n’a jamais été associé ou entendu quelque chose comme ça. »

Une réponse qui ne convainc pas Richel Miller. « La réponse du ministre serait beaucoup plus ferme, il dirait : ‘‘Ça, c’est hors de question, je peux vous le garantir. Rien du tout de tout ça.’’Mais ce n’est pas cela qu’il dit. Il dit : ‘‘En tout cas moi, je n’ai rien entendu’’.Je l’ai remercié d’avoir répondu mais ce n’est pas une réponse catégorique. »

Si la question du député peut sembler pertinente, que peut faire le ministre belge de la Défense dans cette histoire ? « Rien en tant que tel. Mais ce que je demande, c’est de savoir si l’Union européenne a un droit de regard. Car maintenant, ce sont tous les Européens qui participent au plan de sauvetage. Et si la population européenne peut être d’accord d’aider la population grecque à s’en sortir, il est évident que ce n’est pour que les gens marquent leur accord pour aller acheter des tanks. Et là, je n’ai pas eu de réponse. »

Source: lavenir.net