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HONTE : Presque 4 ans après le séisme, 170 000 Haïtiens toujours sous des tentes

Publié par wikistrike.com sur 10 Novembre 2013, 08:55am

Catégories : #Social - Société

 

HONTE : Presque 4 ans après le séisme, 170 000 Haïtiens toujours sous des tentes


 

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Cela fait presque quatre ans que Widlène Gabriel, une fillette de 8 ans, vit avec ses parents dans un camp de personnes déplacées par le séisme dévastateur de janvier 2010 qui a fait plus de 1,5 million de sans-abri en Haïti. 

Un peu plus de 170 000 Haïtiens vivent toujours dans des abris de fortune, dans des conditions extrêmement précaires et parfois menacés d'expulsion, à l'instar des occupants du terrain privé où réside la petite Widlène sous une tente en bordure d'une avenue qui relie Port-au-Prince à Pétionville, banlieue cossue située à l'est. 

«Le 12 janvier 2010, les blocs du toit de ma maison sont tombés sur nos têtes. Je n'ai pas été touchée, mais nous avons laissé les ruines de la maison pour venir ici», se souvient-elle, les pieds nus dans la poussière. 

Widlène n'est jamais allée à l'école et passe ses journées à regarder les véhicules foncer sur l'avenue du Canapé-vert. 

«Tous les enfants ici sont dans la même situation. Tous les jours sont pareils pour eux. Ils traînent à longueur de journée. En fait, nous vivons tous sans espoir et nous nous sentons abandonnés», ajoute Manette Nazius, mère de six enfants. 

«Béni soit l'éternel. Béni soit l'éternel», scandent un groupe de femmes réunies sous la tente n° 15 qui sert d'église à l'entrée du camp. Elles ne sont pas plus d'une dizaine à répéter les versets bibliques. 

Le pasteur, un vieil homme de plus de 60 ans se tient à l'entrée, mais les fidèles sont réticents. «Nous les soutenons quand même par la prière. Ce sont des gens abandonnés par les autorités. Ils n'ont rien. Mais Dieu ne punit pas deux fois», soutient le pasteur Pierre. 

Il n'empêche, les jeunes qui vivent dans les camps se disent sans espoir et se sentent délaissés. 

«Il n'y a pas de vie» 

Depuis 2011, le gouvernement a réussi à reloger plus de 60 000 familles et à récupérer des places publiques avec des subventions aux loyers ou dans des abris provisoires, mais 171 974 personnes vivent encore dans 306 camps, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). 

«Ici, aucune alternative ne nous est offerte», soutiennent les résidants du camp de Canapé-vert. 

Baldimir et Fénol, la trentaine, y résident et vivent de petits métiers. «Nous vivons comme frères et soeurs. On s'entraide, mais nous n'attendons rien du gouvernement», dit Bladimir Eliancy, mécanicien de formation. 

Le sentiment est identique au «camp de l'ambassade d'Italie», un groupe de tentes délavées, érigées sur une ancienne propriété de la mission italienne. «Nous sommes oubliés par les autorités et les organisations internationales ne viennent plus», tranche Donald Duvert, l'air dépité. 

«Nous sommes parfois traversés par un sentiment de colère. Cependant, comme nous sommes de bons citoyens, nous ne sortons pas dans les rues pour attaquer les nantis. Regardez comment nous vivons ici», dit-il désignant les tentes qui servent de maisons aux 150 familles de ce camp de déplacés. 

«Avant, la vie était difficile pour nous. Aujourd'hui, il n'y a pas de vie. Dieu seul sait quand nous sortirons de là. Ou bien les décideurs...», ajoute Jospeh Gino qui se met à l'ombre d'un manguier pour fuir le soleil. 

«À cette heure de la journée, personne ne peut rester sous les tentes. Les enfants souffrent de la chaleur sous les bâches», dit une femme qui montre son fils de 4 ans né dans le camp. 

«Ce garçon n'a jamais couché dans un lit et dans une vraie chambre», fait remarquer un homme. 

Loin de se laisser aller, Fabienne 18 ans s'accroche à ses études. «Je suis un peu en retard, mais c'est ma seule porte de sortie», conclut-elle.

 

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