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Israël entraînera l’Amérique dans sa chute

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 8 Octobre 2011, 17:16pm

Catégories : #Politique internationale

Israël entraînera l’Amérique dans sa chute

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C’est acquis. Il n’y aura pas de nouvel État palestinien. Mais le déclin de l’influence et du pouvoir de nuisance de l’Entité israélienne semblent irréversiblement amorcés. Le collectivisme et l’empire soviétique n’auront vécu que sept décennies. De la même façon, gageons que le régime contre nature qui s’est enkysté en Palestine n’en a plus pour très longtemps, ceci pour le grand bien de tous, Juifs et Palestiniens confondus, ainsi que pour le reste du monde.

 Si les É-U ne parviennent pas à empêcher - à coup de promesses et de chantages - qu’une majorité de neuf pays (1) ne se constitue au sein du Conseil de Sécurité – car sans ces 9 votes favorables la requête de la Palestine sera définitivement rejetée - il lui faudra en dernier recours user de son droit de véto. Ce dont le président Obama et l’Administration américaine ne veulent pour rien au monde, mais une éventualité qu’ils ont brandie haut comme une menace, tout en souhaitant ardemment ne pas s’en servir.

 Le vendredi 23 sept. Mahmoud Abbas, alias Abou Mazen, président virtuel – c’est-à-dire non réélu - de l’Autorité palestinienne, agissant en fait en tant que président de l’OLP [Organisation de libération de la Palestine] remettait solennellement une demande d’admission de la Palestine à l’Organisation des Nations Unies au Secrétaire général des NU, Ban Ki Moon pour transmission au Conseil de Sécurité. Si donc les Palestiniens n’obtiennent pas la majorité des 9, Washington pourra sauver la face en faisant l’économie d’un droit de véto potentiellement dévastateur pour son image de marque déjà en piètre état.

 Seront cependant en première ligne les pays qui, sensibles aux sirènes américaines, s’opposeront, par un vote négatif ou par l’abstention, à la demande d’Abou Mazen. Ils se placeront en porte-à-faux vis-à-vis d’une large majorité de leurs pairs favorables à l’admission, soit les 125 États qui ont déjà reconnu la future Palestine sur les 193 que compte l’Organisation des Nations Unies ! C’est un risque que les Européens – l’UE se réduisant en l’occurrence à la France, le R-U et l’Allemagne – ont, jusqu’à la dernière minute, hésité à prendre. D’où les contorsions du président Sarkozy, décidément à l’aise dans son rôle de monsieur bons offices éradicateur de tyrannies orientales et promoteur tous azimuts de la démocrature, qui a tenté - en lui promettant monts et merveilles, mais en vain - de convaincre Abbas de retirer son projet. Paris n’avait en effet rien trouvé de mieux que d’avancer la solution vaticane ! À savoir donner en lot de consolation au Palestiniens le sucre d’orge du statut d’observateur aux NU à l’instar du Vatican, État à part entière certes, tout comme d’ailleurs l’ordre de Malte, mais sans siège et sans droit de vote.

 Las, Abbas avait lui-même le dos au mur et il lui fallait aujourd’hui autre chose de plus consistant que des promesses de négociations bidons pour calmer la rue arabe et retarder un printemps palestinien et une éventuelle Troisième Intifada pouvant survenir à tout moment ! L’Europe ne se montre au fond attentiste que pour mieux se poser en alternative à Washington, mais c’est toujours pour protéger les intérêts de Tel-Aviv, et cela ne trompe plus personne. Généreuse avec les Palestiniens quand il s’agit de réparer les blessures causées par les bombardements de Tsahal – avec les deniers des classes moyennes européennes – l’UE leur a souvent fait miroiter un dialogue impossible avec un interlocuteur qui certes veut bien parler, mais pour ne rien dire et surtout, ne pas aboutir. 

 En cas d’échec de la diplomatie prescriptive et dissuasive du Département d’État - si la cause palestinienne atteignait la majorité fatidique des neuf voix - Washington se verra contrainte de recourir une fois encore au véto pour ménager Israël et l’AIPAC. Un droit de véto constitué en véritable doctrine lorsqu'il s'agit d'Israël, puisque les É-U en ont usé 83 fois à son profit depuis 1972 et son premier emploi. L’option à éviter par excellence pour Obama qui se faisant se décrédibiliserait un peu plus en se déjugeant (comportement honni des Américains qui ont le parjure en horreur) pour avoir maintes fois annoncé la création d’un État palestinien dans les frontières de 1967.

 Dans son discours du Caire du 4 juin 2009, Obama réaffirmait en effet les droits inaliénables des Palestiniens, Israël devant enfin comprendre que « le droit de la Palestine à exister ne peut être nié… les États-Unis n’acceptant plus la colonisation comme légitime ». Il y a un an jour pour jour, le 23 septembre 2010, Obama proclamait un peu vite devant l'Assemblée générale des Nations Unies que « l'an prochain… l’on verrait la naissance d'un État souverain de Palestine vivant en paix avec Israël ». Mais le 24 mai dernier, M. Netanyahou, venait discourir devant un Congrès américain enthousiaste - debout à vingt reprises pour ovationner le Premier ministre israélien - dicter ses volontés aux représentants d’une Amérique vassalisée aux intérêts d’une poignée d’ultras – les likoudistes - arcboutés sur le rêve d’un État sûr de lui et dominateur pour les siècles des siècles. L’histoire nous dira si ces gens ont péché par excès d’orgueil – par hybris – ou si l’histoire finira par leur donner raison, fût-ce au prix du chaos universel.

 M. Netanyahou posait donc en préalable à toute création d’un État palestinien la passation d’un accordnégocié entre les deux parties, israélienne et palestinienne, autrement dit entre le Lion et le Lièvre : « Si un accord n’est pas trouvé, les Palestiniens ne connaîtront jamais la fierté et la dignité qui vont de pair avec leur propre Etat. Les Israéliens ne connaîtront jamais la confiance et la sécurité que procurent des voisins qui croient en la coexistence pacifique. Ce sont les Israéliens et les Palestiniens qui doivent faire la paix »… refusant du même souffle tout retour aux frontières d'avant 1967 et tout arrêt de la colonisation de la Cisjordanie comme base de discussion d'un futur Etat palestinien. De l’art de dire une chose et son contraire et de poser comme condition a priori une impossibilité majeure. Conclusion, les Palestiniens interviennent maintenant « unilatéralement ». Et il est très laid de ne pas demander à son tuteur le droit de respirer. Par conséquent ils doivent être punis. On va, une fois encore, leur couper les vivres (2).

 Autant dire qu’un retour à la « négociation » renverrait aussitôt aux calendes grecques la naissance d’un État pourtant prévu à l’origine par le Plan de partage voté par l’Assemblée générale des NU le 29 novembre 1947 en application de la Résolution 181 prévoyant la création de deux États, l’un arabe l’autre juif, avant le 1er octobre 1948 au plus tard. Il est vrai que l’Agence juive avait à l’époque accepté ce compromis, mais du bout des lèvres, mécontente qu’elle était des limites territoriales qui lui étaient imposées. La guerre de juin 1967 allait corriger le tir. A contrario Palestiniens et États arabes refusèrent le Plan au motif qu’il violait la Charte des Nations Unies reconnaissant à chaque peuple le droit de décider de son propre destin. En outre, aux yeux des Arabes le partage devait préluder au dépeçage de leur pays en accordant un statut préférentiel et d’exception à une minorité, laquelle s’était imposée par la violence et le terrorisme le plus abject. Un statut d’exception que les Arabes jugeaient précurseur d’une future politique de ségrégation. Ce qui ne manqua pas de se produire.

 Soixante-quatre ans après le Plan de partage, quarante-quatre ans après la guerre des Six jours, dix-huit après les accords d’Oslo signés à Washington le 13 septembre 1993, la situation en est toujours au point mort. Or l’abcès purulent du contentieux israélo-palestinien hypothèque non seulement le Proche-Orient, mais il vicie l’ensemble des relations internationales. Et la situation ne fait qu’empirer d’année en année, de guerre en guerre. Gaza est aujourd’hui réduite à n’être qu’un vaste ghetto surpeuplé (un camp de concentration à ciel ouvert diront certains) tandis que la colonisation juive dévore la Cisjordanie occupant 42% de son territoire au profit de quelque 600 000 colons (200 000 en 1991 à l’heure de la Conférence de Madrid). Des hommes et des femmes qui revendiquent férocement, les larmes aux yeux, une terre que Jahvé leur aurait donné naguère, un nombre indéterminé, mais imposant, de siècles auparavant. À l’heure de l’athéisme militant, des campagnes de démolition méthodique de la Catholicité, à une époque ou la foi chavire de toute part battue en brèche par le rationalisme matérialiste consumériste, il est cocasse que nul ne trouve à redire à ce que le nom d’Élohim soit invoqué pour justifier une spoliation d’un cynisme achevé. La religion, ridiculisée, vilipendée, bafouée chez les uns, devient un argument irréfragable chez les autres !

 Des colonies qui rendent de facto impossible voire impensable toute création d’un État palestinien et encore moins d’instituer Jérusalem Est capitale de cet hypothétique État caviardée qu’elle est par une colonisation galopante. Ce pourquoi si Abou Mazen avait pu faire autrement, s’il avait eu en face de lui des gens décidés à renouer avec « la Paix des braves  », celle qu’avait souhaitée Yitzhak Rabin avec les Accords d’Oslo avant d’être assassiné à Tel-Aviv le 4 nov. 1995, jamais, oh grand jamais, il n’eut demandé la reconnaissance d’un État palestinien. Mais la coupe était pleine, promené depuis quatre décennies de négociations en négociations, celles-ci à leur tour renégociées ad nauseam, les dirigeants israéliens sont, cette fois-ci sont allés trop loin. Sans avoir épuisé leurs réserves de trucages en tout genre, ils ne sont cependant pas parvenus à maintenir Abbas dans la nasse où ils le tenaient serré. Les printemps arabes sont passés par-là et ont changé la donne géopolitique au Levant. Et les bonnes vieilles ficelles commencent à être périmées à l’ère de la télématique et de l’Internet.

 En tout état de cause, les négociations directes entre les deux parties sont interrompues depuis un an, achoppant sur le gel (partiel) de la colonisation. La prolongation d’un moratoire de dix mois avait été refusé catégoriquement par M. Netanyahou au cours de sa rencontre du 6 juil. 2010 à la Maison-Blanche avec M. Obama. Le premier ministre israélien avait alors envoyé balader le président américain, montrant à cette occasion qui est la marionnette et qui est le ventriloque ! Aujourd’hui Barak Obama volens nolens tourne le dos aux 51% d’Américains favorables à la création d’un État palestinien que mentionnait USA Today le 4 juin 2009 (45% l’été dernier), préférant les 2% de l’électorat juif traditionnellement démocrate et dont 80% lui avaient apporté leurs suffrages en 2008. À croire que dans la super démocratie américaine tous les suffrages ne pèsent pas du même poids et qu’en outre, certains sont plus « égaux » que d’autres ! Cela malgré tout sans oublier les 50 millions d’Évangélistes - dont le littéralisme vétérotestamentaire n’a rien à envier au fondamentalisme musulman - et autres sectes judéo-chrétiennes qui leur sont associées dans l’espoir de retour, ou de la venue, du Messie sur la Terre promise !

 Mais puisque tout est joué et verrouillé, en principe, au Conseil de Sécurité, puisqu’in fine la création d’un État palestinien ne changerait rien aux réalités de terrain, pourquoi tout ce ramdam et ce déballage diplomatico-médiatique ? Pourquoi les Israéliens sont-ils sortis du bois pour tempêter exigeant de la Grande Amérique qu’une fois encore elle s’engage à ses côtés en un douteux combat dont l’issue n’a concrètement qu’une importance très relative ? Sans doute parce que les victoires réelles – l’étranglement progressif du peuple Palestinien réduit à quia – peuvent constituer en contrepartie de dévastatrices défaites symboliques.

 Car c’est bien la perception subjective des événements qui l’emporte à tout coup sur la réalité vraie. Ceux qui ont forgé les grands mythes du XXe siècle et ceux du millénaire naissant - telle la religion avortée du 11/9 – le savent pertinemment. Sauf qu’ils commencent à perdre la main. Le terrorisme intellectuel aussi médiatiquement puissant soit-il, connaît ses limites et comme pour toute bulle spéculative, les effondrements sont aussi spectaculaires que soudains. Et c’est bien cela qui sous-tend les grands émois diplomatiques dont nous sommes les témoins amusés et consternés… Qu’ils nous faut replacer dans leur contexte événementiel : Israël ne vient-elle pas de perdre coup sur coup ses deux grands alliés régionaux, l’Égypte et la Turquie ? L'ambassade d’Israël au Caire envahie dans la soirée du 9 sept. avec 4 morts et un millier de blessés, le personnel diplomatique exfiltré en urgence, est un signe qui ne trompe pas. De façon totalement inhabituelle Tel-Aviv fit le gros dos et passa l’incident par pertes et profits, autre signe révélateur d’un changement de paradigme. Quant à la Turquie, elle vient d’annoncer par la bouche de son Premier ministre Erdogan qu’elle entendait le cas échéant forcer le blocus de Gaza par des navires humanitaires escortés par sa marine de guerre. On ne saurait être plus clair !

 Ajoutons que la Palestine, même seulement membre observateur de l’Organisation des Nations Unies, pourra de ce chef saisir le Tribunal pénal international des crimes de guerre ou contre l’humanité régulièrement perpétrés contre sa population par l’Entité. Ce qui jusqu'à présent lui était interdit. Cette seule perspective est jugée intolérable à Tel-Aviv, nul n’ayant le droit de juger ceux qui se place ipso facto au-dessus de toutes les lois humaines. Pire, la demande Palestinienne vient jeter un jour cru sur le rejet universel dont fait l’objet la politique insensée des classes dirigeantes d’Israël qui prétendent sans rire être « la seule démocratie du Proche-Orient » alors qu’elle ne possède d’autre Constitution que la Thora… le loup-garou s’affublant de la dépouille de l’agneau et une théocratie parlementaire finalement peu différente de la République islamique d’Iran, l’hypocrisie en plus.

 Après le rejet (assuré) par le Conseil de Sécurité de la demande palestinienne, un vote de l’assemblée générale interviendra nécessairement – mais ne pouvant déboucher sur une admission à part entière - qui révélera l’isolement (3) où Israël s’est elle-même enfermée. Ouvrant par-là l’ère des replis stratégiques et des batailles d’arrière garde au risque d’entraîner la Région dans sa chute et de précipiter l’Amérique dans de nouveaux conflits déjà en gestation, au Liban, en Syrie et contre l’Iran. Des conflagrations qui estomperont de plus en plus difficilement les crises morale et sociétale qui ravagent un Occident qui se refuse à prendre la mesure du monde actuel. Ce ne sont pas de vains mots, la défaite d’Israël devant les Nations Unies sera aussi la défaite d’un camp occidentaliste énervé, décérébré, borné parce que déspiritualisé et qui a le tort fatal de choisir, contre toute raison, la voie sans issue du mensonge et de l’injustice. 

 

Notes : 
 

1 - Cinq membres permanents disposant chacun d'un droit de veto - Chine, États-Unis, Russie, France et Angleterre - et dix membres tournants sans droit de veto mais dont la voix compte lors du vote de résolutions - Bosnie, Gabon, Liban, Nigeria, Brésil, Allemagne, Inde, Colombie, Portugal, Afrique du Sud.

 2 - Tel Aviv menace de bloquer les taxes dues à l'Autorité palestinienne mais prélevées par Israël en vertu des accords d'Oslo. Taxes prélevées pour le compte des Palestiniens sur les marchandises transitant via les ports et aéroports israéliens, puisque les territoires palestiniens n'ont pas n’ont ni port ni aéroport. Ces transferts de taxes rapportent entre 675 millions et un milliard d'€ à l'Autorité palestinienne, soit les deux tiers de son budget. 

 3 - Un sondage de GlobeScan, réalisé entre le 3 juillet et le 29 août dernier montre une impressionnante proportion d’opinions favorables à la création d’un État palestinien : parmi les pays sondés les favorables sont l’Egypte (90% - 9% contre) et la Chine (56% - 9% contre. Dans les pays où l’opposition est la plus marquée, les choix favorables dominent cependant : États-Unis 45% pour, 36% contre ; Brésil 41% pour, 26% contre ; Inde 32% pour, 25% contre. Dans les trois pays de l’Union européenne sondés : la France 54% pour, 20% contre ; l’Allemagne 53% pour, 28% contre ; le Royaume-Uni 53% pour, 26% contre. Etat palestinien à l’ONU (49%) sont plus nombreux que ceux qui y sont opposés (21%), mais une forte proportion (30%) ne se prononce pas, selon un sondage réalisé dans 19 pays et publié lundi par le BBC World Service. Un sondage sondage a été réalisé entre le 3 juillet et le 29 août dernier GlobeScan, sondage a été réalisé entre le 3 juillet et le 29 août dernier montre que les pays sondés les plus majoritairement favorables à une reconnaissance sont l’Egypte (90% pour, 9% contre) et la Chine (56% pour, 9% contre).

A l’inverse, les pays où l’opposition est la plus forte sont les Etats-Unis (45% pour, 36% contre), le Brésil (41% pour, 26% contre), l’Inde (32% pour, 25% contre).

Les trois pays de l’Union européenne sondés présentent des résultats assez proches les uns des autres : la France (54% pour, 20% contre), l’Allemagne (53% pour, 28% contre) et le Royaume-Uni (53% pour, 26% contre).

 Israël récolte les fruits de ce qu’elle a semé : une impopularité (euphémisme) croissante dans la plus grand partie de la planète. Il n’y aura bientôt plus que les médias occidentaux pour colporter la fiction putréfiée de la « seule démocratie du Proche-Orient ».

 Un sondage grandeur nature de l’isolement israélien sur la scène internationale. Des dirigeants qui n’ont pas su lâcher du lest à temps (d’ailleurs sont-ils seulement capables de lécher quoique ce soit ?) et qui ont cru que leurs mensonges éhontés continueraient à être gobés. Telle la pratique de l’inversion accusatoire extensivement utilisé : « les Palestiniens veulent se faire passer pour des victimes » qu’elles ne sont évidemment pas !

 

Source : agoravox

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