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Jusqu’où pouvons nous supporter le réchauffement climatique ?

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 28 Septembre 2011, 11:03am

Catégories : #Terre et climat

 

 

Jusqu’où pouvons nous supporter le réchauffement climatique ?

 

Source : amessi

 

La Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) de 1992 a pour objectif ultime d’éviter une "perturbation dangereuse du climat" par les activités humaines. Une augmentation de la température moyenne globale de l’ordre de 1,2 à 1,3°C par rapport aux niveaux préindustriels est malheureusement déjà programmée. Bien que cette augmentation limitée mette tout de même des millions de personnes dans une situation difficile, c’est probablement la moins mauvaise situation à laquelle nous puissions encore parvenir (initialement publié sur le site de Greenpeace le 08 décembre 2004)


 

 

Jusqu’où pouvons nous supporter le réchauffement climatique ?

 

jeudi 27 janvier 2005, par Greenpeace

La Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) de 1992 a pour objectif ultime d’éviter une "perturbation dangereuse du climat" par les activités humaines. Une augmentation de la température moyenne globale de l’ordre de 1,2 à 1,3°C par rapport aux niveaux préindustriels, à cause des gaz à effet de serre (GES) que nous avons rejetés dans l’atmosphère, est malheureusement déjà programmée. Le réchauffement planétaire est déjà amorcé, il s’agit à présent d’en contenir l’ampleur. Maintenir l’augmentation de la température planétaire moyenne en-deçà de 2°C doit être l’objectif de la politique climatique globale [1]. Bien que cette augmentation limitée mette tout de même des millions de personnes dans une situation difficile, c’est probablement la moins mauvaise situation à laquelle nous puissions encore parvenir.

Un réchauffement planétaire moyen de deux degrés Celsius aurait pour effet :

D’accroître les risques de famine pour des millions de personnes, les problèmes de paludisme pour des centaines de millions d’autres, d’accroître les risques d’inondation pour des millions de personnes et les risques de pénurie d’eau pour des milliards d’autres [2] [3].

Les dommages seront principalement subis par les pays en développement et les populations les plus pauvres, en particulier en Afrique sub-saharienne, en Asie du Sud, et dans certaines zones d’Asie du Sud-Est et d’Amérique latine.

L’accélération de la fonte des glaciers risque d’entraîner une hausse du niveau moyens des mers de plusieurs mètres en quelques siècles. Les inlandsis du Groenland dont la fonte entraînerait une montée des mers de 7 mètres et les plate-formes glaciaires de l’ouest de l’Antarctique (5 à 7 mètres d’élévation du niveau des mers) sont particulièrement menacés. Au Groenland, la fonte se précipite. On a également observé une forte accélération de la fonte, actuellement en cours, sur toute une partie de l’ouest de l’Antarctique, qui pourrait présager l’effondrement de cette partie de la frange glaciaire qui entoure et protège ce continent.

La hausse du niveau des mers résultante menacera des nombreuses populations dans le monde, en particulier dans les régions proches du niveau de la mer de pays en développement comme le Bangladesh, le sud de la Chine, le Delta du Nil en Egypte dans les Etats insulaires du monde entier, sans oublier les "plats pays" (Belgique, Pays-Bas, Allemagne du Nord-Ouest) et le sud-est du Royaume-Uni.

Les grands écosystèmes, des Tropiques aux régions de l’Arctique et de l’Antarctique, sont en danger.

La déforestation et la disparition d’espèces aura des répercussions sur la vie de tous et toutes, mais ceux qui en subiront le plus lourdement les conséquences économiques seront les pays en développement et les populations les plus pauvres.

Les famines, les pénuries d’eau et les risques d’épidémies se multiplient avec la hausse des températures, même dans une situation de croissance économique et d’accroissement de la richesse.

Que permettra le maintien du réchauffement en-deçà de 2°C ?

De limiter la destruction des récifs coralliens. De réduire les risques de catastrophes écologiques d’ampleur planétaire (extinction massive d’espèces animales et végétales). De réduire la vitesse et l’ampleur de la hausse du niveau des mers au cours des prochains siècles. De préserver l’inlandsis du Groenland. De réduire les risques d’effondrement des plate-formes glaciaires à l’ouest de l’Antarctique.

Comment y parvenir ?

Il demeure techniquement, économiquement et scientifiquement possible de limiter la hausse de la température planétaire moyenne à moins de 2°C par rapport au niveau préindustriel, mais le temps nous est compté. Il ne nous reste guère plus d’une décennie ou deux avant qu’il devienne impossible d’atteindre cet objectif avec les moyens technologiques connus.

La "sensibilité" du climat à une augmentation de la concentration de GES dans l’atmosphère se traduit par la réponse du système climatique, en terme de hausse de la température moyenne globale, au doublement de cette concentration par rapport au niveau préindustriel (exprimée en parties par million (ppm) d’équivalent CO2).

Le niveau préindustriel de concentration était d’environ 270 ppm. Aujourd’hui nous en sommes à environ 379 ppm. L’estimation moyenne de la hausse de la température globale en cas de doublement de la concentration de GES (qui atteindrait environ 550 ppm) est de 2,5°C. Jusqu’alors, la meilleure estimation de la "sensibilité climatique" est de celle-ci : 2,5°C.

Toutefois, les résultats récents de programmes de recherche indiquent à présent que la meilleure estimation de la "sensibilité" du climat est plus proche de 3,2°C, ce qui signifie que la croissance de la température suite à l’augmentation de la concentration de GES prévue sera encore plus importante qu’on le pensait précédemment. Nous devons donc agir encore plus vite et prendre des mesures encore plus drastiques si nous voulons éviter les dommages que causerait une augmentation de 2°C de la température planétaire moyenne.

Cela signifie que nous devons d’abord chercher à stabiliser la concentration de GES dans l’atmosphère à un niveau inférieur à 400 ppm, pour ensuite les réduire au plus vite, si nous voulons avoir une chance raisonnable de maintenir l’augmentation de la température planétaire au dessous de 2°C.

Il est crucial d’atteindre ces objectifs de réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre, et il faut y parvenir vite. D’un point de vue moral, légal et pratique, les premières et les plus forte obligations de réductions d’émissions doivent incomber aux pays industrialisés, historiquement responsables du réchauffement climatique. Une réduction des émissions d’au moins 30% par rapport aux niveaux de 1990 (l’année "de référence" du Protocole de Kyoto) est nécessaire d’ici 2020 dans les pays industrialisés, avec comme objectif à plus long terme une réduction d’au moins 75% d’ici la moitié du siècle.

Au niveau mondial, nous devons ramener les émissions au niveau de 1990 aux alentours de 2020 puis les réduire de 50% d’ici la moitié du siècle. Cela signifie que les pays en cours d’industrialisation rapide comme la Chine, l’Inde, le Mexique, le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Indonésie, la Malaisie et d’autres vont devoir commencer à réduire leurs émissions d’ici peu de temps.

Les Etats-Unis DOIVENT être intégrés au système tôt ou tard, et le plus tôt sera le mieux. Pour maintenir le réchauffement global en-dessous de 2°C sans la collaboration active des Etats-Unis, le reste des Etats industrialisés serait obligés de ne plus émettre du tout de gaz à effet de serre aux alentours de 2025....

Tout nouveau retard dans le processus de réduction des émissions aurait pour conséquence une situation d’extrême urgence planétaire dans les années 2020, qui nécessiterait un rythme de réduction des émissions qui n’a été observé par le passé que dans des cas d’effondrement économique massif, comme à la suite de la chute de l’Union soviétique.

Nous ne devons pas nous retrouver aculés à choisir entre la catastrophe économique et la catastrophe climatique... l’issue la plus probable dans un tel cas étant d’ailleurs une catastrophe à la fois économique et climatique. Mais nous avons encore la possibilité d’éviter cela, si nous agissons MAINTENANT !

 

Source : amessi.fr

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