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L'aide alimentaire pour les plus pauvres bientôt supprimée ?

Publié par wikistrike.com sur 4 Janvier 2013, 14:36pm

Catégories : #Social - Société

 L'aide alimentaire pour les plus pauvres bientôt supprimée ?


 

alimentation.jpgEn France, 3,5 millions de personnes ont recours à l'aide alimentaire, ces produits de première nécessité distribués par les organisations caritatives. Financée grâce au budget européen, cette aide est aujourd'hui remise en cause. Les efforts déployés depuis plusieurs années pour améliorer la qualité de ces aliments, et ne pas enfermer les plus précaires dans la malbouffe, seront-ils réduits à néant ? 


120 millions de personnes menacent, en Europe, de sombrer dans la pauvreté. Les gouvernements européens, qui discutent en ce moment du budget 2014-2020, hésitent cependant à prolonger le financement de l'aide alimentaire destinée aux plus pauvres. C'est pourtant une minuscule part d'un énorme budget : 0,4 % sur 1 000 milliards d'euros ! 

Né en 1987, le Programme européen d'aide aux plus démunis prévoit que les excédents agricoles - sous lesquels croule alors l'Europe - soient redistribués à celles et ceux qui en ont besoin. Depuis, les excédents se font rares. L'Europe aligne donc du cash : des subventions versées aux associations au titre de l'aide alimentaire (500 millions d'euros en 2012) et l'achat direct de produits destinés à être redistribués (383 millions) s'ajoutent à la reprise d'excédents agricoles (177 millions). 

Tous les États membres ne bénéficient pas de cette aide, qui passe par le budget de la Politique agricole commune (PAC). Certains pays, comme l'Allemagne ou le Royaume-Uni refusent d'y recourir. « L'Angleterre considère que l'Union européenne doit rester un grand marché et l'Allemagne pense que l'Europe ne doit pas s'immiscer dans les politiques sociales, gérées par les Lands », précise Nadège Chambon, chercheuse à l'institut Notre Europe

Austérité pour les plus démunis 

Les principaux bénéficiaires sont l'Italie (95 millions d'euros en 2012), l'Espagne (80 millions d'euros), la Pologne (75 millions d'euros), la France (70 millions d'euros) et la Roumanie (60 millions d'euros). « Le montant de l'aide est calculé en fonction de la proportion de la population ayant un revenu inférieur à 60 % du « revenu médian » national [1]. Cela a fait passer l'Espagne en tête cette année », indique Nadège Chambon. En France, quatre associations gèrent cette aide : La Croix rouge, les banques alimentaires, le Secours populaire et les Restos du cœur. 

Mais cette aide n'est pas du goût de tout le monde : plusieurs pays, dont l'Allemagne, le Royaume-Uni et la Suède [2] considèrent que l'aide aux pauvres relève de l'action de chaque État. Et refusent de payer. Début 2012, l'Allemagne obtient la condamnation de l'aide alimentaire par la Cour de Justice européenne. Le dispositif actuel n'existera donc plus en 2014. Il pourrait être remplacé par un « Fonds européen d'aide aux plus démunis » moins bien doté [3]. Soit « 350 millions par an, à partager entre 28 pays membres, contre 500 millions actuellement, détaille Gaëtan Lassale, de la Fédération française des banques alimentaires. Sachant que de nouvelles thématiques s'ajouteront à l'aide alimentaire : l'achat de biens essentiels à destination des SDF et des enfants en situation de précarité notamment ». Inquiètes, les associations se sont mobiliséespour que ce fonds voit bel et bien le jour. 

Les pauvres, abonnés à la malbouffe ? 

Il faudra donc aider mieux, et plus de familles, avec moins. Alors même que le nombre de personnes poussant les portes des soupes populaires ne cesse d'augmenter. « 3,5 millions de personnes ont bénéficié de cette aide en France l'année dernière, souligne Marianne Storogenko, de la Direction générale de la cohésion sociale, en charge du dossier. 8,5 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté et pourraient donc en bénéficier. En plus des familles monoparentales et des chômeurs, recourent aujourd'hui à l'aide alimentaire les travailleurs pauvres, les étudiants et les personnes à la retraite. » 

Autre problème : la qualité de cette aide alimentaire. Les bénéficiaires de cette aide présentent souvent des troubles nutritionnels, pouvant induire des pathologies telles le diabète ou des problèmes cardiovasculaires, selon une étude menée par l'Institut de veille sanitaire [4]. Seule une personne sur dix mange les cinq fruits et légumes par jour recommandés par le Programme national nutrition santé. Suite à cet alarmant constat, les critères d'achat de denrées pour l'aide alimentaire ont été revus. Dans les appels d'offre lancés par les ministères, la qualité nutritionnelle compte pour 30 % de la note, les tests gustatifs pour 40 % et le prix pour 30 %. « S'alimenter est un besoin fondamental, mais c'est aussi une source de bonne ou de mauvaise santé, rappelle Marianne Storogenko. Et puis, recevoir des produits de qualité, c'est nécessaire aussi pour l'estime de soi. Si on vous offre quelque chose de bon, c'est que vous êtes quelqu'un. » 

Des alternatives pour un bon repas 

Ces appels d'offre ne couvrent qu'un quart de l'aide alimentaire. Les 75 % restants sont collectés auprès des particuliers à la sortie des supermarchés ou remis gracieusement par les enseignes de la grande distribution, qui écoulent ainsi des marchandises qu'elles ne peuvent pas vendre, pour des raisons d'ordre esthétique le plus souvent. Une autre partie des produits vient des partenariats passés entre des grandes entreprises et les associations. « Dans la relation avec les donateurs, il faut parfois s'armer de courage pour leur dire : "c'est très gentil, mais nous ne prendrons pas la cinquième tonne de pains au chocolat parce que les gens ne mangent pas que des pains au chocolat. Il nous faudrait plutôt des haricots verts" », poursuit Marianne Storogenko. 

Des initiatives émergent pour améliorer le contenu de l'assiette de personnes obligées de recourir à l'aide alimentaire. La Fédération des paniers de la mer (PLM), par exemple, travaille avec les criées, lors des retours de pêche, pour valoriser les poissons invendus, créer des emplois sur l'activité de mareyage - l'achat de poissons en gros - et permettre de diversifier les apports en protéines. «Il ne s'agit pas seulement de remettre un produit aux gens, explique Hélènet Rochet, directrice de la fédération des PLM. Mais de leur donner envie de cuisiner, d'offrir un bon repas à leur famille. » A l'aide de fiches recettes, et à force de communication avec les bénévoles des associations, les paniers de la mer remettent au goût du jour le tacot, le congre, la roussette. 

« Les personnes pauvres ne sont pas condamnées à le rester, estime Hélène Rochet. Et quand leurs moyens le leur permettront, ces personnes pourront reprendre le chemin des poissonneries, et participer à la valorisation de produits qu'elles connaîtront déjà. » La démarche emporte l'adhésion des pêcheurs. « Leur métier est rude. Et savoir que le fruit de leur travail n'est pas perdu est très important pour eux. » 

Mieux que le discount, les épiceries solidaires 

Un autre acteur a fait son entrée dans le monde de l'aide alimentaire : les épiceries sociales et solidaires (regroupées au sein de l'association Andes). 
Epicerie solidaire
© Inconnu
Epicerie solidaire

Elles proposent en libre-service des produits de consommation courante, contre une participation financière de 10 à 30 % du prix normal. En 2011, 130 000 personnes se sont pressées dans les 240 épiceries solidaires que compte désormais le territoire français (voir la carte). « Pour lutter dignement contre la faim, il faut permettre aux gens de choisir », affirme Guillaume Bapst, fondateur des épiceries solidaires. « Quand on vous donne un colis, on nie votre identité : ce que vous aimez, votre façon de cuisiner... Et quand on reçoit une seule ration, on ne peut pas inviter quelqu'un à partager son repas. » 

Pour remédier au déficit de fruits et légumes, l'Andes lance en 2008 « Le potager de Marianne » à Rungis. Un chantier d'insertion dans lequel on trie les fruits et légumes invendus pour approvisionner les circuits de l'aide alimentaire. Des « potagers » qui essaiment à Perpignan, Marseille et Lille. En janvier dernier, uneferme maraîchère solidaire a ouvert ses portes en Basse-Normandie. 

Des paysans dépendants de l'aide alimentaire 

« Il vaut mieux récupérer des produits alimentaires que de les jeter, rappelle Guillaume Bapst. Mais la lutte contre le gaspillage ne doit pas être la seule finalité de l'aide alimentaire. Sinon, on se contente de donner aux pauvres ce que l'on a récupéré. Et on ne s'intéresse pas à leurs besoins nutritionnels. Il faut laisser l'approche purement caritative pour remettre les gens à leur place de citoyen. » Pour Marianne Storogenko, « la fourchette est un excellent outil d'insertion. Il faut faire en sorte que ces personnes se sentent soutenues et pas assistées. » 

Jean-Claude Balbot, éleveur dans le Finistère, est plus radical : « L'agro-industrie produit de la pauvreté. Même des paysans deviennent clients de l'aide alimentaire ! Ou ces employés des usines agro-alimentaires qui se retrouvent sans travail. Finalement, l'agriculture n'a pas tenu ses promesses, à savoir nourrir le monde et donner du travail aux gens. » Membre actif de la fédération nationale des Civam (Centres d'initiatives pour valoriser l'agriculture et le milieu rural), Jean-Claude Balbot participe à un groupe de travail qui planche sur la question de l'accès à l'alimentation. Pour les Civam, il faut rapatrier l'aide alimentaire vers les territoires. « Cela coûterait moins cher à la collectivité, que ces échanges de conteneurs, de boîtes et de produits transformés », estime Jean-Claude Balbot. Pensée à petite échelle, l'aide alimentaire pourrait passer par la création de potagers collectifs, par le troc, la révision de certains prix, voire du système productif tout entier. 

Les exclus de la qualité 

Assidu de la vente directe, et producteur bio, l'agriculteur regrette le profil trop uniforme de sa clientèle, relativement aisée. « Quand je vais livrer les gens, je sais toujours à quoi m'attendre : le type de maison, de voiture, de journaux.... C'est sympa, mais cet enfermement, pour moi et d'autres collègues, est le signe d'un échec de nos modes de production. Nous tenons à garantir la qualité, mais nous excluons de fait une large partie de la population. » 

La solution ? « En tant que producteur, il faut que je m'arrange pour produire quelque chose que tous les consommateurs peuvent acheter. Nous devons réfléchir au prix, très sérieusement. Est-il normal, par exemple, que les consommateurs paient une partie des emprunts que j'ai contracté pour m'installer ? Et qu'ils participent ainsi à l'accroissement d'un capital qui n'appartiendra qu'à moi. » Pour savoir ce que les consommateurs sont en mesure de payer, « il y a un vrai travail de connaissance et de reconnaissance à faire. » Les échanges entre fermes et quartiers, qu'il pratique avec d'autres collègues sont, à ce titre, très riches d'enseignements. « L'aide alimentaire que nous aimerions voir se développer doit s'inscrire dans ces échanges citoyens, dans ce partage, ces discussions où l'on réfléchit ensemble à l'accès à l'alimentation. » Le ministre Stéphane le Foll, pour qui « l'accès à une alimentation de qualité est un élément décisif pour rester inséré dans la société », prêtera-t-il attention à ces expérimentations ? 

Notes 

[1] En France, le revenu médian se situe aux alentours de 1 600 euros (il varie de 1431 euros pour une personne seule à 3 700 euros pour un couple avec trois enfants) : la moitié de la population, en fonction du type de ménage, a des revenus inférieurs et l'autre moitié dispose de revenus supérieurs. 
[2] Ainsi que le Danemark, les Pays-Bas et la République tchèque. 
[3] L'éventuel Fonds européen d'aide aux plus démunis (FEAD) s'élèverait à 2, 5 milliards d'euros sur 7 ans. 
[4] Voir l'étude menée en 2005.

Source: Bastamag

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Athos 05/01/2013 11:49


A Ganges, faute d’aide publique, les vivres sont coupés aux plus démunis (34190)


Le Maire persiste et signe .Quand l'idéologie et la volonté de regenter en so'ctroyant le monopole du coeur , confine au pitoyable.


Midi Libre


Les Restos du cœur sont désespérément fermés, la mairie de Ganges ayant décidé en novembre, au seuil de la campagne d’hiver, de ne plus mettre un local à leur disposition. Pourtant, ils distribuaient en moyenne
plus de 17 700 colis-repas, en quatre mois, à 85 familles ! Les motivations du maire, Michel Fratissier, laissent pantoises les associations engagées sur ce front, qui voient grossir le nombre de
personnes dans le besoin, d’autant que la mairie n’a pas renouvelé non plus la convention avec la Banque alimentaire


Du coup, les déshérités se tournent vers l’épicerie sociale du Secours populaire, dernier lieu ici d’aide alimentaire. Contre une participation modique, par exemple 20 €, une famille de cinq
personnes peut y faire ses courses pour manger une semaine. Mais cette coopérative croule sous la demande. Elle a épuisé ses vivres.


"Il nous faudrait 864 litres de lait par semaine et 200 kg de produits carnés"
Nathalie Taulelle





"On est en train de crever la bouche ouverte", lâche un quinquagénaire venu en stop de Saint-Mathieu-de-Tréviers, à 30 km. Ouverte chaque lundi, c’est la seule épicerie sociale pour 29 communes,
entre Saint-Gély-du-Fesc, Sumène et Causse-de-la-Selle, d’où les gens viennent plutôt par covoiturage. L’homme, chômeur en fin de droit, a trouvé porte close car l’épicerie a pris l’eau et est en
travaux jusqu’à mi-janvier. Surtout, ses stocks sont épuisés. "C’est la catastrophe, la déprime totale. Il nous faudrait 864 litres de lait par semaine et 200 kg de produits carnés face aux
besoins. Nous n’avons plus de produits de première nécessité pour les urgences", alerte Nathalie Taulelle, secrétaire générale du comité local du Secours populaire.


"Se nourrir ou se chauffer, beaucoup doivent choisir"
Nathalie Taulelle


L’hiver dernier, quand les Restos étaient ouverts, le Secours populaire délivrait, de son côté, près de 300 colis chaque lundi. En décembre, il a dû en distribuer 500 à des pauvres aux profils
très divers : "En plus des bénéficiaires de minima sociaux, nous recevons beaucoup de chômeurs longue durée de tous âges, des gens malades ou très fatigués et de petits retraités. Beaucoup
doivent choisir entre se chauffer ou se nourrir. Les colis-repas permettent à certains de remplir leur cuve de fuel !", note Nathalie Taulelle.


L'Union européenne risque de ne pas reconduire son programme d’aide alimentaire


La réouverture, mi-janvier, de l’épicerie ne permettra pas de suppléer les Restos du cœur fermés. D’autant que l’Union européenne, dans son budget qui sera voté ce mois-ci, risque de ne pas
reconduire son programme d’aide alimentaire, lequel permet de distribuer des repas à 18 millions d’Européens dans le besoin, dont 4 millions de Français. Les Restos du cœur dépendent pour 23 % de
ce soutien. Mais à Ganges, ils sont déjà tombés sous un autre couperet.



Le maire assiste à la paupérisation de sa ville


 


Quelle mouche a piqué Michel Fratissier, maire socialiste de Ganges et conseiller général, pour mettre à la porte les Restos du cœur du local où ils distribuaient les colis-repas ? L’élu répète
que ce n’est pas une décision prise dans son coin mais avec son conseil municipal : "Nous avons voulu créer un réseau d’aides, une concertation avec toutes les associations, mais les Restos du
cœur ont refusé catégoriquement."


"Nos actions sont coordonnées au plan national"
Un bénévole


Les Restos clament qu’à l’instar de toute association, ils sont indépendants, refusent toute ingérence politique. "Nous avons toujours œuvré en complémentarité avec les autres structures. De
plus, nos actions sont coordonnées au plan national. Nos instances refuseraient aussi de privilégier tel ou tel pauvre sur des critères définis par des hommes politiques", dit un bénévole.


Mais le maire persiste et signe, dit son propre désarroi : "La population en difficulté, de plus en plus exclue des grandes villes, tente sans véritable choix de s’installer là où les loyers
sont moins chers. Dans des petites communes rurales, les arrivées sont donc régulières dans des logements vétustes, voire insalubres. Ces familles n’ont d’autres choix que la précarité et
l’assistance."


Le premier magistrat dit souhaiter agir plus largement (négociations avec l’office HLM, insertion) : "Nous voulons éviter d’être seulement un ghetto pour personnes en difficulté, dont le seul
espoir est de recevoir un colis par semaine." Mots et maux d’un rude hiver

Arlette 04/01/2013 21:12


On le sait bien :  9 grs. de SEL retiennent 1 litre d'eau.  Hier soir, j'ai mangé une grande bretzel. Presque plus de sel
par-dessus - ni à l'intérieur d'ailleurs. Pas bon du tout. Je ne vais plus en acheter. Les bretzels, doivent contenir beaucoup de SEL, impérativement,
sinon ce ne sont plus des bretzels ! Par contre, les sucres, les diminuer, je veux bien admettre car énormément de gens ont abusé et se retrouvent diabétiques (avec
insuline au quotidien).

Tipol 04/01/2013 20:36


Je propose qu'on n'enlève une moitié de l'aide :
tous les gros excès de sel partout alliés aux mauvaises graisses, partout aussi, les conserves industrialisées spécialement pour les acheteurs de l'Europe, et estampillées aide humanitaire, les
plats cuisinés spéciaux que personne n'achèterait en temps normal, et les grosses quantités de biscuiteries industrielles qui ne trouveraient jamais acheteur non plus par ailleurs.

babeth 04/01/2013 17:36


pauvre gens, arrêter l'aide est très mauvais et ce n'est pas la solution http://oua.be/q8u

Big brother 04/01/2013 16:23


" Parce que l'iniquité se sera accrue, l'amour du plus grand nombre se refroidira "


Je pourrais coller cette citation dans une proportion assez incroyable (ou pas), d'articles "de wiki ou d'ailleurs"...



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