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L'antique civilisation de l'Indus éteinte par un changement climatique

Publié par wikistrike.com sur 29 Juin 2012, 04:51am

Catégories : #archéologie - Histoire - Préhistoire - Patrimoine

L'antique civilisation de l'Indus éteinte par un changement climatique

 

la-region-de-la-civilisation-harappeenne-credit-liviu-giosa.jpgDes scientifiques ont révélé dans une étude que l'effondrement de la grande civilisation de la vallée de l'Indus serait lié au changement climatique. Le cycle des moussons aurait été perturbé, causant la faillite de tout un peuple.

La civilisation harappéenne, ou civilisation de la vallée de l'Indus, s'est éteinte voilà 4000 ans. A l'époque, elle s'étendait sur plus d'un million de kilomètres carrés à travers les plaines de l'Indus, de la mer d'Arabie jusqu'à l'Himalaya et le Gange. Elle recouvrait une partie des terres qui deviendront les Etats du Pakistan, de l'Inde et de l'Afghanistan. Méconnue, cette civilisation côtoyait les premières grandes civilisations urbaines comme l'Egypte et la Mésopotamie.

A l'image des Egyptiens (avec le Nil) et des Mésopotamiens (avec le Tigre et l'Euphrate), les Harappéens vivaient sur les berges de l'Indus, profitant de ses bras pour irriguer les champs. Afin de comprendre ce qui a conduit à leur perte, les scientifiques de la Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI) ont modélisé les lieux : "nous avons reconstruit le paysage dynamique de la plaine, où la civilisation de l'Indus s'est développée il y a 5200 ans, a construit ses villes, puis s'est lentement désintégrée, 3000 à 3900 ans auparavant", explique Liviu Giosan, auteur principal de l'étude. "Jusqu'à présent, les spéculations ont abondé sur les liens entre cette ancienne culture et ses mystérieuses rivières puissantes et vivifiantes".

La diminution des moussons à l'origine de la fin des Harappéens

A l'apogée de la civilisation de l'Indus, on estime que 10% de la population mondiale étaient harappéens. Les recherches archéologiques ont révélé qu'elle était dotée d'un système urbain éminemment complexe : des routes commerciales internes sillonnaient le territoire, des liaisons maritimes étaient établies de longue date avec la proche Mésopotamie. Aujourd'hui, il ne reste que des vestiges de sa grandeur passée, dans une vaste région désertique, abandonnée par les affluents de l'Indus. "Nous avons estimé qu'il était grand temps pour une équipe de scientifiques interdisciplinaires de contribuer au débat sur le sort énigmatique de ces habitants", ajoute Giosan dans son étude.

L'expédition scientifique comprend des experts des Etats-Unis, du Royaume-Uni, du Pakistan, de l'Inde, et de Roumanie. Des géologues, des géomorphologues, des archéologues et des mathématiciens ont procédés à des relevés au Pakistan, depuis la côte de la mer d'Arabie, jusque dans les vallées fertiles du Pendjab et du nord du désert de Thar. La période de recherches s'est étendue de 2003 à 2008.

Cartes topographiques, sondages par carottage et forage : les échantillons prélevés devaient déterminer l'origine des sédiments et leur âge afin d'établir une chronologie des changements dans le paysage.

Les scientifiques ont établi que la diminution des pluies de mousson serait à l'origine d'une réduction du débit fluvial. Cette découverte serait capitale dans l'effondrement de la culture harappéenne. Les crues de l'Indus permettaient aux agriculteurs de produire l'excédent nécessaire à l'alimentation des habitants de la région.

Les villes s'effondrent, les villages survivent

Avec l'assèchement des rivières en 1900 av. J.-C., les Harappéens ont pu compter sur la partie orientale de leur territoire : dans le bassin du Gange, les pluies de moussons persistaient. "Nous pouvons imaginer que cette évolution a entrainé un changement vers des formes d'économies plus localisées : des petites communautés locales reposant sur une agriculture pluviale et la diminution des cours d'eau", révèle Dorian Fuller, archéologue de la University College London et co-auteur de l'étude, "cela peut avoir produit une diminution des excédents, insuffisants pour les grandes villes [de cette époque]".

Le système agricole ainsi déplace vers le bassin du Gange a freiné l'expansion de la civilisation qui s'était bâtie sur les excédents de récoltes exceptionnels le long de l'Indus et des rivières affluentes. Pire, selon les chercheurs, cette nouvelle donne a précipité l'effondrement des Harappéens : "les villes se sont effondrées, mais les petites communautés agricoles ont pu prospérer. La plupart des arts urbains, comme l'écriture, ont disparu, mais l'agriculture a continué et s'est diversifiée", conclut Fuller.

L'évolution actuelle des moussons reste aléatoire, cette étude pourrait néanmoins lui donner un rôle dans l'Histoire des civilisations antiques.

Source: Maxisciences

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