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La biodiversité de l'Antarctique menacée par des graines baladeuses

Publié par wikistrike.com sur 7 Mars 2012, 10:22am

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

La biodiversité de l'Antarctique menacée par des graines baladeuses

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Touristes ou scientifiques, les visiteurs de l'Antarctique sont les acteurs involontaires d'une invasion silencieuse mais dangereuse pour le continent austral par des espèces végétales invasives.

 

Plus de 30.000 touristes s’offrent chaque année un voyage en Antarctique, tandis que plus de 7.000 scientifiques se rendent sur le grand continent blanc pour travailler. Tous emportent avec eux des voyageurs clandestins très discrets mais potentiellement très dangereux pour l’écosystème de l’Antarctique : des graines ou des fragments de plantes qui peuvent s’installer et devenir des espèces envahissantes, au détriment des espèces locales.

Pour la première fois, une équipe internationale de chercheurs a quantifié ce transport involontaire de graines ou de propagules (des morceaux de végétaux qui suffisent à la propagation d’une plante).

L’équipe de Steven Chown (Stellenbosch University, Afrique du Sud), à laquelle étaient associés les Français Yves Frénot de l’Institut polaire Paul-Emile Victor (IPEV) et Marc Lebouvier du laboratoire ECOBIO (CNRS/ Université de Rennes-1), a interrogé plus de 5.600 personnes se rendant par bateau ou par avion en Antarctique en 2007-2008. Pour 853 d’entre elles, leurs affaires ont été passées au peigne fin afin de déterminer le nombre de graines et les espèces ainsi embarquées.

En moyenne, chaque personne transportait 9,5 graines dans ses affaires ou sur ses vêtements. Le nombre est plus élevé pour les scientifiques –qui travaillent sur d’autres écosystèmes, notamment en Arctique- mais ils sont moins nombreux que les touristes. Près de la moitié des espèces identifiées parmi ces propagules sont bien adaptées au climat froid de l’Antarctique, précisent les chercheurs, ce qui signifie qu’elles peuvent aisément s’établir une fois libérées de la chaussure ou du sac du visiteur. 

De fait, des espèces invasives ont commencé leur installation dans la partie occidentale de la Péninsule Antarctique, la région la plus visitée par les touristes qui embarquent à la pointe du continent sud-américain, et aussi la plus touchée par le réchauffement climatique. La plante grassePoa annua est ainsi en train de s’étendre sur l’île du Roi George, dans l’archipel des Shetland du Sud, depuis la station de recherche Arctowski, expliquent les chercheurs dans leur article, publié aujourd’hui dans les Proceedings of the National Academy of Sciences. Elle pousse près de trois autres stations de recherches de la péninsule occidentale. Des travaux expérimentaux montrent que cette plante grasse peut se développer au détriment des espèces endémiques, soulignent les chercheurs.

L’île de la Déception, dans le même archipel des Shetland, est elle colonisée par deux espèces originaires d’Amérique du sud. Dans ce cas-là, il est difficile de savoir si ce sont les visites touristiques ou la dispersion par le vent qui est responsable de leur présence. Quoi qu’il en soit, le réchauffement climatique va faciliter l’installation des espèces végétales importées, avertissent Chown et ses collègues. D’où la nécessité de prendre en compte ce risque d’invasion biologique et de renforcer les mesures de prévention, à commencer par le nettoyage des effets et bagages des visiteurs de l’Antarctique.

 

C.D.
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