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La comète ISON sème du dioxyde de carbone sur son passage

Publié par wikistrike.com sur 3 Août 2013, 23:17pm

Catégories : #Astronomie - Espace

La comète ISON sème du dioxyde de carbone sur son passage



En juin dernier, le télescope Spitzer a observé la comète ISON et les émissions qui s'échappent sur son passage. D'après les observations, la comète perd d'importantes quantités de dioxyde de carbone, ce qui l'aide à se déplacer à grande vitesse.
 

la comete ison et sa chevelure
© Nasa
La comète ISON observée avec le télescope Spitzer

Certains l'appellent la "comète du siècle" et elle ne devrait pas tarder à être visible dans notre ciel. La comète ISON se trouve aujourd'hui à moins de 500 millions de kilomètres du Soleil et devrait au cours des prochains mois se rapprocher encore de notre étoile pour effectuer son plus proche passage en novembre 2013. En attendant ce moment fatidique, les astronomes continuent d'observer l'objet spatial afin d'en apprendre un peu plus sur lui grâce aux instruments dont ils disposent. 

En mai dernier, c'était Hubble qui s'y était collé : il avait alors livré une magnifique vidéo de la comète ISON se déplaçant suivie de son impressionnante trainée blanche. Un mois plus tard, c'est un autre télescope qu'ont utilisé les scientifiques de la NASA : le télescope Spitzer qui a aussi pu capturer des images de la comète et rapporter de nouvelles informations la concernant. En effet, selon un communiqué publié par la NASA, les observations de Spitzer faites dans l'infrarouge ont permis de constater que la comète perdait sur son chemin de grandes quantités de dioxyde de carbone (CO2). 

Les images capturées le 13 juin indiquent que le dioxyde de carbone "pétille" lentement mais sans discontinuer de la 'comète-soda', en même temps que de la poussière, dans la queue de la comète qui s'étend sur quelque 300.000 km, explique la NASA. "Nous estimons que ISON émet environ 1 million de kilogramme de ce qui est en grande partie du CO2 sous forme de gaz et environ 54,4 millions de kg de poussière chaque jour", a précisé Carey Lisse qui dirige la campagne d'observation de la comète ISON. 


Une comète qui va se réchauffer  

Ces observations permettent ainsi d'identifier le moteur qui permet aujourd'hui à la comète de se déplacer : le fameux CO2. "Des observations précédentes réalisées par le télescope spatial Hubble, la mission Swift Gamma-Ray Burst et l'engin Deep Impact ne nous avaient fourni que des limites supérieures pour les émissions de gaz issues de ISON. Grâce à Spitzer, nous savons maintenant que l'activité de la comète est générée par du gaz", a ajouté le scientifique. Le gaz est le moteur qui propulse la plupart des comètes entre Saturne et la ceinture d'astéroïdes. 

Ce n'est donc pas totalement une surprise pour les chercheurs. Néanmoins, ceci ne sera pas toujours le cas. Au moment des clichés, la comète se trouvait à environ 502 millions de kilomètres du Soleil mais elle va se rapprocher bien davantage de notre étoile. Aussi, au fur et à mesure qu'elle avance, elle commence peu à peu à se réchauffer. D'après les estimations, son plus proche passage en novembre prochain (le 28), devrait se faire à environ 1,16 million de kilomètres du Soleil. 

A ce moment là, elle sera tellement réchauffée que ce ne sera plus du CO2 qu'elle émettra mais de la vapeur d'eau. "Une grande partie du carbone de la comète semble être piégée dans la glace de dioxyde de carbone. Mais nous en saurons davantage plus tard, en juillet et août, quand la comète commencera à se réchauffer près de la ligne de glace en dehors de l'orbite de Mars et que nous pourrons détecter le gaz gelé le plus abondant, qui sera de l'eau, alors qu'il s'évaporera de la comète", a indiqué Carey Lisse. 

Un objet encore mystérieux 

Pour l'heure, on sait encore peu de choses sur la comète ISON découverte le 21 septembre 2012 entre Jupiter et Saturne par des chercheurs russes. D'après les estimations, l'objet officiellement connu sous le nom de C/2012 S1 mesurerait moins de 4,8 km de diamètre, soit à peu près la taille d'une petite montagne, pour une masse comprise entre 3,2 milliards et 3,2 billions de kilogrammes. Comme elle se trouve encore très loin, sa véritable taille et sa densité restent difficiles à déterminer. 

A l'instar de toutes les comètes, ISON est une "boule de neige sale" faite de poussière et de gaz gelés tels que de l'eau, de l'ammoniac, du méthane et du dioxyde de carbone. Or, ces éléments constituent des blocs fondamentaux qui, selon les scientifiques, ont conduit à la formation des planètes il y a 4,5 milliards d'années. C'est pourquoi les chercheurs accordent tant d'importance aux comètes de ce type. "Ces observations fabuleuses d'ISON sont uniques et ouvrent la voie à plus d'observations et de découvertes", a commenté James L. Green directeur des sciences planétaires à la NASA. 

Un élément clé pour étudier la formation du système solaire  

"ISON est très excitante. Nous pensons que les données collectées de cette comète peuvent aider à expliquer comment et quand le système solaire s'est formé la première fois", a t-il précisé. "Cette observation nous donne une bonne image de la composition d'ISON et par extension, du disque protoplanétaire à partir duquel les planètes se sont formées", a rajouté Lisse. Au fur et à mesure que la comète s'approche à une vitesse de 77.000 km/h, les astronomes comptent donc bien poursuivre les observations, bien que le comportement de l'objet reste encore délicat à prévoir. 

En effet, au moment où ISON se rapprochera du Soleil, les températures à sa surface pourraient dépasser les 2.500°C. Il n'est donc pas totalement sûr que l'objet résiste à ce proche passage, mais d'autres comètes y sont parvenues. D'ici là, la comète passera à 10,8 millions de km de Mars en octobre prochain, elle ralliera ensuite le Soleil puis repartira, s'éloignant à nouveau de la Terre si elle survit. D'après les astronomes, ISON sera donc visible deux fois, lors du voyage aller et peut-être lors du retour (comme le montre la vidéo de sa trajectoire ci-dessus). 

Sa luminosité, qui ne sera pas aussi élevée que précédemment annoncée, devrait permettre de l'observer avec de petits télescopes et des jumelles. En octobre, elle pourra peut-être toutefois être visible à l'oeil nu. L'évènement sera alors à ne pas rater car la comète ISON possédant une période orbitale de 900.000 ans, elle ne reviendra pas avant longtemps.

 

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