Marée noire de Kerminihy : stupeur et tremblements

 

maree_38626_w460.jpgTrois jours après le passage de la tempête Joaquim, le président du conseil régional de Bretagne, Jean-Yves Le Drian a décidé de porter plainte avec la constitution d’une partie civile. Il explique, dans un communiqué, qu’il souhaite à travers cette plainte, connaître les conditions dans lesquelles ce naufrage s’est produit, et la portée du préjudice écologique et de l’atteinte au patrimoine naturel de la région.

 

Marquée par la marée noire de l'Erika en 1999, la Bretagne a annoncé dimanche le dépôt d'une plainte après que le cargo maltais TK Bremen se soit échoué, contenant à son bord près de 200 tonnes de carburant, sur une plage classée du Morbihan, lors de la tempête Joachim dans la nuit de jeudi à vendredi dernier.

Cette nuit-là, le cargo d’une centaine de mètres s'est échoué sur la plage classée de Kerminihy entre Quiberon et Lorient, près de la ria d'Etel, avec 190 tonnes de carburant à son bord. Plusieurs dizaines de tonnes de fioul se sont déjà déversées dans l‘Océan Atlantique. Il y a urgence à empêcher le fioul de se répandre et de polluer le rivage, en particulier les parcs à huîtres voisins. Les opérations de pompage des cuves du bâtiment se poursuivaient samedi et dimanche. On estime qu’elles pourraient encore s’étaler sur plusieurs jours avec la mobilisation des 200 pompiers, des agents de la sécurité civile, accompagnés par des agents communaux et des bénévoles, a indiqué un porte-parole de la préfecture maritime de Brest, Marc Gander.

L'écoresponsabilité dans la loi : une nécessité pour la planète

Le 12 décembre 1999, le pétrolier maltais Erika avait lui aussi fait naufrage sur le littoral breton avec 37.000 tonnes de fioul à bord. Le montant des dommages et intérêts s’étaient élevés à 200,5 millions d'euros par la justice. De moindre ampleur, les fuites de carburant du TK Bremen menacent tout de même une "zone conchylicole majeure" et une cinquantaine de ses exploitations dans la ria d'Etel et deux sites classés Natura 2000, a rappelé la Région selon le site France 24.

Selon les derniers chiffres communiqués par la mairie d'Etel, 60 m³ de fioul se sont échappés dans la mer, 32 m³ ont été pompés et 120 m³ resteraient dans les cuves. Certains manifestants estiment que le cargo qui s'est échoué vendredi matin, n'aurait jamais dû être autorisé par la capitainerie à quitter le port de Lorient, en vertu de l'article R304-11 du Code des ports maritimes, au vu de la tempête qui s'annonçait et de l'ancienneté du navire, affirme l’association écologiste Robin des Bois.

La démolition du navire est désormais inévitable mais le chantier qui s’annonce inquiète l'association puisqu'il devrait avoir lieu sur place "en lisière du cordon dunaire, à quelques mètres d'espèces végétales protégées et encablures d'exploitations conchylicoles". Un démantèlement pareil devrait, en plus de cela, durer "environ six mois".

 

Source: Maxisciences

Tag(s) : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie
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