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La perestroïka de la BCE et l’art de l’illusion

Publié par wikistrike.com sur 20 Janvier 2012, 08:48am

Catégories : #Economie

La perestroïka de la BCE et l’art de l’illusion


hedge-funds-interdette.jpgLes médias parlent beaucoup des banques privées impliquées dans le problème des dettes souveraines grecques. On a tendance à oublier le fait que la Banque centrale européenne possède, elle aussi, une quantité non négligeable de ces obligations grecques. En réalité, depuis mai 2010, la BCE en a absorbé environ 50 à 55 milliards d’euros. Car quelque chose a bien changé depuis l’arrivée de Mario Draghi. Ce changement explique d’ailleurs la tenue des indices boursiers européens.

Sans le dire, la BCE fait tourner la planche à billets. L’arrivée de Mario Draghi et sa perestroïka au sein de la BCE ne sont, bien évidemment, absolument pas du goût des Allemands. La BCE distribue de l’argent aux banques privées qui achètent des obligations (qui deviendront pourries) sur des échéances courtes à des Etats en difficulté. Cela permet de freiner la tension sur les taux courts, mais la photographie des taux longs n’est pas aussi idyllique. Cela fait aussi plaisir à certains hommes politiques qui bénéficient de taux moins forts qu’avant une dégradation faite par une agence de notation… Mais tout cela n’est que montage court terme.

Les banquiers privés ne sont pas fous et savent pertinemment que nous sommes en sursis. On ne fait que décaler la catastrophe financière de quelques semaines. Ce changement s’est particulièrement opéré vers la période de Noël, ce que Trader Noé laissait à entendre en parlant des 3300 et 3400 pour le CAC40 et de la remontée probable du SP500. Depuis ? L’argent coule dans un trou sans fond.

 

 

marianneargentfenetre.jpgSi les banquiers centraux européens ont décidé de passer outre (sans le dire) les propres règles qu’ils s’étaient imposées, ils refusent cependant de participer à la restructuration volontaire de la dette grecque, dans laquelle sont actuellement engagés les investisseurs privés et qui pourrait se traduire pour ces derniers par une perte de 50% voire 60% de leurs investissements. On appréciera…
Pourquoi ? Parce que personne n’a le désir d’échanger les titres grecs contre de nouvelles obligations d’une durée très supérieure (jusqu’à 30 ans) et avec des taux inférieurs, de 5% ou 6%. Cela signifie clairement une perte sèche ! Et, en général, les banquiers n’aiment pas ça. On est donc dans la gestion au jour le jour sans aucune perspective de stabilité fondamentale.

Il est intéressant tout de même de rappeler qu’au début de cette affaire, en octobre 2010, Jean-Claude Trichet (alors président de la BCE) s’y était opposé de façon catégorique. Lorsque, à Deauville, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se sont mis d’accord, il a parlé de « bêtise » et il a eu raison. Il est bien vrai que cet accord a eu pour conséquence de mettre à mal l’Italie et l’Espagne par la suite.

 

greece_faillite.jpg

La BCE refuse donc de participer à la table des négociations entre le gouvernement grec et ses créanciers, alors qu’elle est pourtant en première ligne. Elle refuse d’entendre parler de restructuration. Ce qui se comprend d’une certaine façon : cela voudrait dire alors qu’elle “pénalise indirectement les autres pays de la zone euro dont elle a acheté des tires sur le marché secondaire… une broutille de 200 milliards d’euros au total, dont une part importante de l’Etat italien et de l’Espagne”.
En refusant de reconnaître des pertes d’au moins 20 milliards d’euros sur ses obligations grecques, la BCE ne veut tout bonnement pas tendre la main et demander la quête aux Etats qui colmatent déjà (donc les contribuables) les pertes des banquiers quand ils jouent au casino de la bourse des produits made un USA et font des pertes abyssales.
A force de s’enfoncer dans la magouille, il arrivera bien un moment où la BCE devra faire état de son stock d’or afin de montrer au Marché qu’elle est « crédible ».  Là, les choses pourraient devenir plus intéressantes.

 

Source: liesi

 

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