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La protection des forêts protégées en cause

Publié par wikistrike.com sur 29 Août 2012, 09:33am

La protection des forêts protégées en cause

deforest.PNGLes Stratégies pour que les réserves forestières tropicales sauvegardent la biodiversité

 

D’après une récente étude, les menaces sur la faune et la flore des forêts tropicales protégées sont de plus en plus en grandes. Actuellement à travers le monde, on cherche des moyens pour stopper le déclin de la biodiversité.

 

Pour l’étude «Prévenir l’effondrement de la biodiversité dans les zones de forêts tropicales protégées», publiée récemment dans la revue scientifique Nature, la chasse illégale est l’une des causes principales du déclin biologique des réserves tropicales.

 

A ce jour c’est l’étude la plus complète sur les réserves tropicales. Sur les 30 dernières années, plus de 200 scientifiques ont rapporté des données recueillies sur 60 endroits de par le monde.

 

Karl Eduard Linsemiar (Université de Würzburg en Allemagne) a mené des recherches approfondies sur les forêts tropicales d’Afrique de l’Ouest et du Sud-Est asiatique au cours des trois dernières décennies. Il a contribué à leur étude.

 

Pour lui, une population croissante et l’accès à des armes plus sophistiquées ont pesé lourd de conséquence sur la faune des forêts.

 

Les tribus traditionnelles qui vivaient de la forêt respectaient des règles de chasse durable. Par exemple, ils ne tiraient pas sur les gros animaux ayant des petits. Les braconniers d’aujourd’hui se comportent très différemment.

 

Pour Linsenmair «les braconniers professionnels n’épargnent aucun animal. Ils tirent sur tout ce qu’ils voient  et jusqu’à plus de balles... Ils peuvent ainsi vider des zones entières».

 

Par conséquent, on peut utiliser l’expression de Rhett Harrison et dire que la majorité des réserves sont des «forêts vides». Ces forêts sont en grande partie dépourvues d’oiseaux et de mammifères de moyenne et grande taille. En Novembre 2011, Harrison a écrit un article pour la revue BioScience sur la menace conséquente au braconnage dans les réserves.

 

Comme dans tous les écosystèmes, les prédateurs sont essentiels à l’équilibre écologique des forêts tropicales. Lorsque les animaux de proie se multiplient de façon incontrôlée parce que leurs prédateurs ont été tués, cela peut provoquer  une perturbation écologique. Par exemple, les proies peuvent manger trop de graines, de sorte qu’il devient plus difficile pour les plantes de se multiplier.

 

Environ 18% des forêts tropicales de la planète sont classées  zones protégées, l’activité commerciale y est rigoureusement contrôlée voir interdite. Compte tenue de la déforestation croissante des forêts tropicales, ces réserves naturelles sont devenues dans ces régions, le dernier refuge pour de nombreuses espèces menacées.

 

Les forêts tropicales abritent pratiquement la moitié de la richesse et de la diversité des espèces vivantes de la planète. La capacité de résilience de ces réserves est une condition essentielle à leur survie.

 

La moitié des zones protégées seraient actuellement en danger.

 

L’étude constate que «dans les régions tropicales, de nombreuses zones protégées sont elles-mêmes vulnérables à l’empiétement humain et à d’autres contraintes environnementales».

 

Pour les braconniers, l’apparition  d’un marché mondial a créé de nouvelles incitations à tuer davantage. Linsenmair révèle que selon des estimations, jusqu’à une tonne de viande d’animaux sauvages des forêts tropicales arrivent  chaque jour, rien qu’à l’aéroport Charles de Gaulle de Paris.

 

  • Les jaguars sont une espèce autochtone de la forêt tropicale amazonienne en voie de disparition. La perte croissante des grands prédateurs nuit gravement à l’équilibre écologique des forêts tropicales. (Mauricio Lima/AFP/Getty Images)
Les jaguars sont une espèce autochtone de la forêt tropicale amazonienne en voie de disparition. La perte croissante des grands prédateurs nuit gravement à l’équilibre écologique des forêts tropicales. (Mauricio Lima/AFP/Getty Images)

Les Solutions

Pour Harrison, le problème fondamental est le fait que les braconniers agissent en toute impunité. Selon lui, les autorités locales doivent améliorer l’application des lois et la poursuite des braconniers.

 

La Fondation Internationale Anti-Braconnage, basée au Zimbabwe s’y engage doublement. Outre la formation des unités anti-braconnage qui pourchassent les braconniers dans les parcs animaliers d’Afrique australe, elle a commencé à offrir aux braconniers une alternative à leur commerce.

 

La fondation a choisi de former  des anciens braconniers aguerris qui ont une bonne connaissance du terrain et de la faune, en gardiens. Cela signifie «un  braconnier en moins dans les rues... mais aussi que la fondation dispose du coup d’une large base de connaissance à utiliser dans l’exercice de leurs fonctions», se réjouit-elle sur son site.

 

D’autre part, en plus du braconnage, d’autres activités économiques illégales contribuent au déclin des réserves. Par exemple l’orpaillage clandestin qui pollue les rivières des forêts avec du mercure et met en dangers les organismes qui y vivent.

 

Afin de stimuler la santé des zones protégées, Linsenmair suggère d’améliorer leurs agencements, qui sont souvent petits et fragmentés. De nombreuses espèces ne peuvent pas migrer correctement puisque les réserves jouxtent souvent de grandes surfaces cultivées.

 

Par exemple, beaucoup d’oiseaux ne s’éloignent jamais des arbres qui les protègent. Des couloirs qui relient plusieurs réserves seraient très pratiques pour de nombreuses espèces… La migration des animaux est indispensable pour la stabilisation des populations et la préservation de la diversité génétique, poursuit Harrison.

 

Dans un communiqué de presse, William F. Laurance de l’Université James Cook, en Australie qui est l’un des principaux auteurs de l’étude, insiste sur l’importance des réserves.

 

«Nous n’avons pas d’autre choix! Les forêts tropicales sont le plus riche patrimoine biologique de la planète et une grande partie de cette biodiversité va s’évaporer sans de bonnes zones protégées».

 


Écrit par Christian Watjen, Epoch Times

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