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Rien ni personne n'est supérieur à la vérité

La pyramide de Falicon (France)

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 29 Septembre 2011, 22:06pm

Catégories : #Civilisations anciennes

La Pyramide de Falicon
200 ans après...


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LA DECOUVERTE

En ce début de printemps 1803, Domenico Rossetti, avocat siennois de passage dans la région, apprend l'existence d'un trou très profond vers le sommet de la montagne d'où s'échappent des chauves-souris (Ratapignate en niçois) à la tombée du jour. Arrivée sur les lieux un rayon de soleil lui révèle les profondeurs du gouffre. Rossetti, transporté par cette vision, est frappé d'une "stupeur inexprimable", Il décide aussitôt de descendre et c'est ainsi qu'il découvre la grotte.

"Lorsque nous nous sommes retrouvés dans la grande salle, nous avons tous été stupéfaits par la beauté des colonnes, la superbe voûte, les magnifiques parois". (1) Par la suite il explora la seconde grotte, au péril de sa vie, dit-il. Cette aventure lui inspira un long poème, publié en Italien à Turin l'année suivante, qui fit beaucoup pour la renommée du site. La Grotta di Monte-Calvo (La Grotte du Mont-Chauve)
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Le Frontispice du poème nous présente "l'avocat Domenico Rossetti inventeur de la grotte du Mont-Chauve le 24 mars 1803" entouré de deux petits monuments: la bastide, mentionnée dans le poème à la page 42, et une pyramide qu'il pointe du doigt et qui est donc située au-dessous de la grotte. C'est à Sophie Lederk, l'auteur de ce dessin, que nous devons la plus ancienne représentation connue à ce jour de la pyramide.

Curieusement Rossetti, qui ne nous épargne aucun des détails de sa découverte, reste muet à son sujet. Ce silence a été interprété de deux façons opposées. Cela prouve qu'elle n'existait pas le jour de la découverte. Elle était là depuis si longtemps, qu'elle s'était intégrée au paysage et qu'on ne la remarquait plus.
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Ce qui est sûr, c'est que la pyramide n'a suscité aucune polémique durant tout le XIXeme siècle tandis que l'enthousiasme de Rossetti pour la grotte, qui acquiert une certaine célébrité, n'est pas partagé par tous. Ainsi, sur l'ensemble de nombreux articles français et italiens traitant du sujet au XIXeme siècle, la pyramide n'apparaît qu'une seule fois, en 1814 : "grotte dont l'entrée est recouverte d'une pyramide élevée sur le flanc de la montagne". (2)

Pouffant, à cette époque, il n'est pas courant de croiser une pyramide en France. Si l'on n'en parle pas, c'est parce qu'on ne dispose d'aucune information sur son origine. Il aurait été facile d'écrire que la pyramide avait été construite par le propriétaire du terrain, mais aucun écrit ne va dans ce sens et cela est heureux pour la suite de l'histoire.
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LE TEMPS DES MYSTERES

Au tout début du XXeme siècle, c'est un bulletin du club Alpin Français (3) qui ouvre la voie à une longue série d'interprétations du site qui lui confèrent une dimension sacrée ou même ésotérique. Ainsi, dans ce premier article qui a pour but de présenter un plan précis de la grotte, on peut lire : "l'abîme est surmonté, ou mieux recouvert, d'une énigmatique pyramide élevée là par la main de l'homme et dont l'origine n'est rien moins que ténébreuse...". Il est certain que l'on se trouve en présence d'un habitat historique. A quel usage mystérieux servait cet étrange repaire ? Etait-ce le théâtre des incantations de quelque sibylle aux beaux jours de la vénérable Cemenelum ?

Dans les années 1920, Etienne Gotteland (4) se passionne pour le site. Pour lui, qui serait rattaché à au moins deux sociétés ésotériques, la grotte est un lieu initiatique "nettement indiqué par un autel de 6 marches" qu'il baptise "Antre sacré de la Sagesse". Il fait référence aux Mystères d'Eleusis, à la seconde naissance conférée par l'initiation, aux quatre éléments et insiste sur le rayon de soleil (le même que celui de Rossetti ?) qui illumine l'initié au terme de ses preuves. Tout cela fait penser au "Sethos" de l'abbé Terrasson que nous retrouverons plus tard. Gotteland estime que la pyramide et l'autel sont antérieurs aux Romains. Il nous dit par ailleurs que "les Templiers qui, vraisemblablement, ont habité aux environs de 1100 la "bastide" située en dessous de la pyramide, n'auraient pu le faire s'ils n'avaient eu une sortie secrète en cas d'attaque des Sarrasins". Cette petite phrase ne sera pas sans conséquences...

Pour Béatrice Elliott (5) en 1938, "cette grotte a dû être connue des Romains... les soldats romains seraient descendus là consulter une pythonisse... une plaque de marbre indiquant à quel Dieu la grotte était vouée a dû occuper la dépression qui se trouve au-dessus de la porte". Cette hypothèse est plausible du fait de la présence de traces d'occupation romaine dans les environs du site. Bien que se présentant comme "a-mystique par nature", elle conclut en faveur "d'une superposition possible et même probable de différents cultes dans cette grotte".

Dans Les années cinquante, des sociétés savantes réunies à Falicon (6) estiment que "au point de vue historique, il y a de sérieuses raisons de croire que, à l'époque gallo-romaine, cette grotte fut un lieu consacré au culte de Mithra", Rappelons que Mithra est à l'origine un dieu iranien qui, à l'époque romaine, devient le pivot d'un culte à Mystères (7). Puisqu'il s'agit ici de la thèse qui sera par la suite la plus souvent reprise, examinons les quelques arguments avancés : "culte célébré dans des lieux qui devaient contenir au moins trois salles d'initiation et être surmontés d'une pyramide tronquée". La présence de trois salles d'initiation, attestée dans le Mithraeum trouvé sous l'église de St Prisca à Rome (8) n'est pas du tout une constante de ces lieux et il n'existe pas, me semble-t-il, d'exemple de pyramide associée à un Mithraeum.

En 1970, Maurice Guinguand publie un petit livre au titre sensationnel : "Falicon, pyramide, templière". Selon lui, au temps des Croisades, "l'emplacement du gouffre devait être le lieu de refuge des pestiférés et lépreux revenant de Palestine" (p. 83) et la pyramide a été édifiée en 1260 (p. 39) par une "organisation à patronage ou participation templière" (p. 90). Pour lui, le pilier central de la grotte est le Dieu de la Ratapignata qui aurait 4310 ans. (p. 134 et 135) et la grotte est un lieu liturgique d'une haute antiquité qui aurait subi des modifications lorsqu'elle fut, au XIIIeme siècle, incorporée au nouvel édifice dominé par la pyramide (p. 138). Enfin, il imagine une filiation qu'il reprendra dans ses livres suivants : "les Cathédrales, par leur hermétisme, renferment les connaissances égyptiennes et Falicon est la survivance des grands volumes pyramidaux égyptiens, l'implantation européenne du Nombre..." (p, 88).

Le livre d'Henri Broch "la mystérieuse pyramide de Falicon" (1976) achèvera d'imposer l'hypothèse de Mithra. Il fait (p. 153) un rapprochement risqué entre les sept marches de l'escalier situé dans la grotte et les sept grades de la hiérarchie initiatique de Mithra : Rossetti, dans son poème, ne mentionne pas cet escalier. Mais le point sensible, c'est qu'on ne retrouve pas la structure classique d'un Mithraeum, à savoir une allée centrale bordée de banquettes avec, au fond, l'image peinte ou sculptée de Mithra (9).

Mais, alors que l'analyse de Broch se veut logique et basée sur des données vérifiables, il est "trahi" par son dernier chapitre intitulé "un mystère templier". Il y reprend une légende qu'il restitue ainsi "les Templiers qui ont occupé la Bastide connaissaient l'existence d'un souterrain menant à une salle du gouffre et y ont enfoui un butin" (p. 160). Puis il émet l'hypothèse que "les Templiers auraient effectivement habité près de la pyramide" (p.168). Donc, Broch remplace la lecture initiatique du site façon Gotteland par une autre lecture initiatique ([es Mystères de Mithra), et l'approche templière de Guinguand par une autre approche templière (la présence d'un trésor caché). Ainsi, il réussit le tour de force d'écarter les interprétations apparemment les plus fantaisistes et, dans le même temps, de continuer à faire rêver sur le site par sa découverte d'un souterrain proche de la Bastide. Il conclut son livre par trois mots : "le mystère demeure". La dernière des hypothèses estimant la pyramide comme un monument bien antérieur à la découverte de la grotte par Rossetti, a été émise par Charles Lebonhaume en 1998 (10) : "dans les Alpes Maritimes antiques, seuls les Etrusques pouvaient bâtir la pyramide de Falicon".
LES PYRAMIDES RETROUVEES

"La seule pyramide connue en France découverte... à 10 km de la place Masséna" (le Provençal, 11 mai 1966), "forme inusitée dans la région et même le pays" (Broch, son livre p. 80)... Les auteurs les plus prudents parlent de "forme oubliée depuis la période romaine" (11).

Pourtant à l'époque de la découverte de Rossetti, en 1803, la réalité est toute autre. En effet, à partir des années 1770, la pyramide effectue son retour en France à travers des volumes comparables à celui de la pyramide de Falicon. Après "le temps des Mystères", voici venir celui des fabriques. Hommages à l'antiquité, hymnes à la nature, invitations au voyage (12), les fabriques, petits monuments qui fleurissent dans les jardins paysagers du XVIIIeme, sont porteuses d'une dimension philosophique et symbolique.

La première de ces petites pyramides du siècle des lumières se trouve encore aujourd'hui à Paris, dans le parc Monceau. Elle est inspirée de celle de Caïus Cestius à Rome (13). Elle fut construite pour le Duc de Chartres peu de temps après qu'il fût nommé Grand Maître du Grand Orient de France en 1773. A l'intérieur se trouvait une statue de femme assimilée à la déesse égyptienne lsis.
Pyramide parc Monceau A
Pyramide parc Monceau B
Pyramide parc Monceau A & B (Paris) : Photos 1999 de M. Pierre Bény ©.
Un autre exemple intéressant et beaucoup plus proche est la pyramide, maintenant tronquée et perdue dans la nature, élevée à Tourves dans le Var pour le Comte de Valbelle dans les années 1770. Elle abritait une momie en marbre polychrome. Dans les "Mémoires romancées du comte de Valbelle-Tourves" (14), Celui-ci est Initié à la franc-maçonnerie Selon le rite égyptien.
Pyramide de Tourves A
Pyramide de Tourves B
Pyramide de Tourves A & B (dans le 83) : Photos 1999 de M. Pierre Bény ©.
La pyramide, restaurée et classée, se trouvant dans le "Désert de Retz" près de Chambourcy, relevait aussi de la symbolique maçonnique (15). Le concepteur du "Désert", François Racine de Monville se lia, dès 1773, d'amitié avec le duc de Chartres. Le "Désert" est actuellement fermé au public mais Henri-Paul Eydoux (16) nous a laissé une description de l'intérieur de cette pyramide glacière, flanquée à chacun de ses angles d'une urne funéraire et "enfoncée mystérieusement et à dessein dans l'épaisseur du bois" (17) : "un étroit couloir permet d'accéder à la salle où la glace était conservée. Il faut que l'oeil s'habitue à la semi obscurité qui y règne pour juger de ses vastes dimensions, de sa profondeur et de la superbe voûte qui la surmonte".
Désert de Retz
Désert de Retz X : tiré de "Le Désert de Retz, paysage choisi". Editions Stock 1997.
C'est dans le petit village de Mauperthuis, en Seine et Marne, que se cache, au fond d'un jardin, la plus grande et la plus troublante de ces pyramides prérévolutionnaires. Un tombeau se dressait tout près du monument. Depuis l'intérieur de la pyramide on pouvait emprunter un souterrain, aujourd'hui condamné qui, passant sous la route, aboutissait de l'autre côté dans une grotte. Cet agencement, qui fait presque écho au site de Falicon, aurait été inspiré (18) par "Sethos, Histoire ou vie tirée des monuments, anecdotes de l'ancienne Egypte, traduite d'un manuscrit grec" de l'abbé Jean Terrasson que nous avons déjà croisé.

L'antiquité du manuscrit est très improbable ; il s'agit en fait d'un roman écrit en 1735, où il est question d'initiation aux Mystères d'Isis se déroulant dans les salles souterraines et secrètes de la pyramide de Khéops. Un examen rapide des personnalités impliquées dans la mise en scène du complexe grotte pyramide tombeau de Mauperthuis confirme son orientation :
CPA Pyramide Mauperthuis 01
Mauperthuis Egyptomanie X
CPA pyramide Mauperthuis 01 : provenance site de la ville de Mauperthuis.©
Mauperthuis Egyptomanie X : tiré de " l'Egyptomanie
à l'épreuve de l'archéologie " Musée du Louvre 1996©
- Le marquis de Montesquiou, qui possédait le parc, a probablement appartenu à la loge "Saint Jean d'Ecosse du contrat social" (19).
- Le duc de Montmorency Luxembourg, qui confia à Montesquiou les ossements de l'amiral de Coligny destinés à reposer dans le tombeau, était Administrateur Général du Grand Orient de France.
- Alexandre Brongniart, architecte de la pyramide en 1782, qui était aussi franc-maçon, avait développé le projet d'une gigantesque pyramide au centre du cimetière du Père Lachaise en 1804.

Par ailleurs le marquis de Montesquiou, qui cultivait les belles-lettres, avait fait publier sa généalogie établissant son ascendance jusqu'à Clovis, ce qui explique la présence de son nom sur les mystérieux documents du prieuré de Sion (20). Le but étant de trouver de nouvelles origines pour la pyramide de Falicon, retenons plutôt que Montesquiou est commandant en chef de l'armée du Midi qui conquiert Nice en septembre 1792 (21).
pyramide Mauperthuis 02
pyramide Mauperthuis 05
Pyramide Mauperthuis 02 & 05 : provenance site Mauperthuis Montesquiou ©
LE TEMPLE DE ROSSETTI

Au tout début de son poème, Rossetti présente la grotte qui "réunit en elle les particularités de toutes les autres (p. IV), comme un "temple auguste et saint de la Nature", Dans l'introduction de son ouvrage il s'adresse avec une grande déférence à Giovan-Giacomo Vinay, conseiller à la préfecture de Turin (depuis peu française) et propriétaire de la grotte, auquel il dédie son poème. Il indique aussi que c'est le frère de Vinay, Francesco, lui aussi avocat, qui l'a déterminé à écrire le poème.

Catherine Ungar dans ses "nouveaux aperçus" en 1983 (22) pense que la pyramide n'existait pas le jour de la découverte et que Rossetti et Vinay l'ont érigée en guise de signal facilement visible pour faire connaître la grotte. Cette hypothèse est d'autant plus intéressante qu'on ne trouve aucune trace de la pyramide dans la littérature avant le poème, ce qui est assez surprenant pour un monument "dont l'origine remonterait à plus de 2000 ans" (Nice-Matin, 15 août 1967). Toujours selon Ungar, qui ignore les pyramides du XVllleme, Rossetti et Vinay auraient choisi la forme pyramidale "par sens pratique ou pour suivre une mode (la mode retour d'Egypte), soit comme geste en l'honneur de Napoléon". A mon avis, et comme "les pyramides retrouvées" nous l'ont laissé entrevoir, le choix de la forme pyramidale a été également guidé par d'autres considérations.

Au bas de la couverture du poème, on peut lire "l'an XII" (1804). Cela l'inscrit donc dans une perspective républicaine. D'ailleurs, Rossetti espère que son "petit poème" sera apprécié par la "République littéraire" (p. III). A ce propos, sur l'en-tête du décret de la Convention nationale du 4 février 1793 (23) qui rattache le Comté de Nice à la toute jeune République française, on remarque une pyramide coiffée d'un bonnet phrygien (c'est ce qui arriva effectivement à la pyramide romaine de Vienne). De même, plusieurs fêtes révolutionnaires eurent lieu autour de grandes pyramides comme celle du Champ de Mars, à Paris, le 14 juillet 1792 à l'occasion de la fête de la destruction des emblèmes de la féodalité (24).
Franconville Egyptomanie X
Franconville Egyptomanie X : Franconville la Garenne
tiré de "l'Egyptomanie à l'épreuve de l'archéologie" Musée du Louvre 1996©
Toujours sur la couverture du poème, sous Domenico Rossetti, est écrit "membre de plusieurs académies", Certaines de ces sociétés devaient assurément être savantes, à en juger par les matières abordées par Rossetti dans ses annotations : l'histoire antique, la géologie... Il se lance même dans la description des différentes espèces de chauves-souris. Mais parfois, il arrivait que les membres de ces académies soient aussi impliqués dans des sociétés plus discrètes, sinon secrètes.

Alexandre Du Mège par exemple, fondateur de la Société Archéologique du Midi de la France, membre de l'Académie des Sciences...avait aussi créé, au début du XlXeme siècle, une loge maçonnique, les "Amis du Désert" et projeté de construire pour celle-ci une pyramide contenant une caverne d'initiation. Pour lui, "la recherche de l'historien s'unit à la révélation mystique. C'est là un héritage du XVIIIeme siècle finissant" (25).
Le comte d'Albon qui se passionnait pour la physique, la chimie, l'histoire naturelle (26), avait aussi ses "faiblesses" ; dans son parc de Franconville (dont il ne reste plus rien), il s'était fait construire un temple, une grotte...et une pyramide près de laquelle se trouvait le tombeau de son ami Coud de Gebelin (décédé en 1784), franc-maçon savant qui s'intéressa particulièrement à l'Egypte.

Rossetti était un nom répandu à cette époque, signalons cependant deux "découvertes" qui ne sauraient constituer des preuves sérieuses : un Gabriel Rossetti, réfugié en Angleterre en 1820, qui conçut une filiation entre Templiers et révolutionnaires maçonniques (27) et un Domenico Drovetti (28), ex-consul de France au Caire et membre éminent de la "Société Secrète Egyptienne" en 1818.

Existe-t-il quelques indices qui permettraient d'éclairer la personnalité de Vinay, qui était son conseiller à la préfecture de Turin ? Dans le Piémont, la première loge maçonnique française doit sa création au préfet de Turin (29). Sur le premier document fournissant une liste des membres d'une loge civile niçoise (30) apparaît un certain Pierre Vinay ; était-il parent avec "l'heureux propriétaire de la grotte" ainsi que le désigne Rossetti ?
En Belgique, Jean-Baptiste Plasschaert, conseiller de préfecture en 1803, participa à l'aménagement d'un parc maçonnique à Wespelaer dont il subsiste encore une pyramide (31). Signalons aussi que, lors de la venue en Belgique de Bonaparte en juin 1803, plusieurs pyramides éphémères furent construites pour fêter son passage (32). En Belgique, Jean-Baptiste Plasschaert, conseiller de préfecture en 1803, participa à l'aménagement d'un parc maçonnique à Wespelaer dont il subsiste encore une pyramide (31). Signalons aussi que, lors de la venue en Belgique de Bonaparte en juin 1803, plusieurs pyramides éphémères furent construites pour fêter son passage (32).
D'ailleurs les francs-maçons étaient nombreux dans les armées de Bonaparte, comme par exemple Pïerre-Dominique Garnier, le fondateur de la loge "Les Vrais Amis Réunis" à Nice (seul atelier maçonnique des Alpes Maritimes de 1799 [?] à 1805), ou encore l'illustre André Masséna.

Celui-ci, en septembre 1792, participa à la conquête de Nice par D'Anselme qui était sous les ordres de Montesquiou, "l'heureux propriétaire" de la pyramide de Mauperthuis. D'une manière plus générale, le corps préfectoral était une terre d'élection pour la franc-maçonnerie : "sous l'autorité des préfets les loges se constituèrent, composées de notables, de fonctionnaires, de magistrats et d'officiers de tout rang" (34). On peut donc penser que la grotte du Mont Chauve n'était pas le seul temple fréquenté par Vinay et Rossetti.
Wespelaer Egyptomanie X
Wespelaer Egyptomanie X : Parc de Wespealer
(Belgique) tiré de " l'Egyptomanie à l'épreuve de l'archéologie " Musée du Louvre 1996 ©
200 ANS APRES

Les hypothèses selon lesquelles la pyramide de Falicon serait un monument antérieur à 1803 semblent bien fragiles. Qu'elle ait été construite par Rossetti et ses amis après la découverte de la grotte paraît plus raisonnable. Les pyramides "modernes" ont été des fantasmes "égyptomaniaques" de jardins à connotation maçonnique, des décors de fêtes révolutionnaires, ou des monuments à la gloire de Bonaparte. Les pyramides antiques de France ont donné naissance à des légendes. La pyramide de Vienne était considérée au Moyen-Age comme le tombeau de Ponce Pilate (35), la pyramide de Couard près d'Autun comme celui du druide Divitiacus, la pyramide de Pourrières dans le Var (dont il ne reste plus que la base) comme un monument lié à la campagne de Caïus Marius en Provence en - 102 (36)...

La pyramide de Falicon les a surpassées dans l'imagination des hommes et cela grâce à sa situation au-dessus de la grotte. On peut remarquer par ailleurs que les principales hypothèses formulées sur le site rejoignent les préoccupations de la franc-maçonnerie au début du XlXeme siècle : les Mystères antiques (dont ceux de Mithra) (37), l'Ordre des Templiers (38), la campagne d'Egypte de Bonaparte durant laquelle il aurait été, selon une légende (39), initié à la franc-maçonnerie dans la pyramide de Kheops.

On peut donc supposer que quelques considérations ésotériques ont pu intervenir au moment du choix de la forme de notre monument. La pyramide a certainement servi de lieu d'initiation moderne comme en témoigne la présence dans l'antre (40), dans les années 1930, du mage anglais Aleister Crowley, tête pensante de l'Ordre du Temple Oriental, qui avait d'ailleurs passé une nuit de noces dans la pyramide de Kheops (!). Le concept de la pyramide comme lieu d'initiation, repris par Helena Blavatsky à la fin du XlXeme siècle, semble avoir été inventé par l'abbé Terrasson dans "Sethos" que nous avons plusieurs fois évoqué. A ce propos, on peut en citer un extrait (41) qui nous replonge presque dans l'ambiance de la découverte de notre avocat siennois : "dès que Sethos fut arrivé à Syene, on lui montra le puits profond sur lequel le soleil passait perpendiculairement le jour du solstice d'été...". La ville de Sienne aura aussi sa petite pyramide, "expression d'une curiosité encyclopédique et inclinaison de l'ésotérisme" (42), conçue par des francs-maçons vers le milieu du XlXème siècle.

Donnons aussi un peu raison à "l'hermétisme des cathédrales" façon Maurice Guinguand, puisqu'une image d'Hermès Trismégiste figure sur le pavement de la cathédrale de cette même Sienne (43). Alors, la pyramide de Falicon est-elle un signal pour touristes ou pour initiés ? Difficile de trancher. Enfin la place Rossetti, où se trouve la cathédrale Sainte Réparate et qui est un peu l'âme du Vieux Nice, honore plusieurs Rossetti dont le nôtre (44). Aussi, la prochaine fois que vous la traverserez, ayez une pensée pour Domenico, sa découverte, sa joie et la petite pyramide de son frontispice qui, 200 ans après, n'a pas fini d'enflammer les esprits.

Pierre BENY
Nice. Mars 2003

Texte dédié à mon grand-père Léon. Je remercie pour leur coopération Robert Turcan, Joël Gauthier, Yann Duvivier, Olivier Daudé, madame Jannet, Conservateur du Musée d'Archéologie de la ville de Nice, et plus particulièrement la Mairie de Falicon qui a rendu possible la journée du 30 mars 2003 en l'honneur de la pyramide, 200 ans après. Je remercie également Jean Gauthier, ainsi que ma famille pour son soutien... et sa patience.
Texte et photos de Monsieur PierreBENY.
1. « La grotta di Monte Calvo ». Domenico Rossetti p. X.
2. dans « Nice et ses environs » (1814) ou vingt vues dessinées d'après nature en 1812.
3. Club Alpin Français. Bulletin de la Section des Alpes Maritimes (1901).
4. « La France de Nice et du Sud-Est » du 15 au 18 décembre 1927.
5. Arrnanac Nissart, 1938 p. 21.
6. Nice-Matin du 4/0 III 956.
7. « Les Cultes orientaux dans le monde romain » (1992) Robert Turcan, p, 193.
8. « Mithra et le mithriacisme » (1993) Robert Turcan p. 77.
9. « Mithra et le mithriaci sine » (1993) Robert Turcan p. 74.
10. « Le grand livre des pyramides » Charles Lebonhaume (1998).
11. « nouveaux aperçus sur les origines de la pyramide de falicon » par Catherine Ungar « Mémoires de l'institut de préhistoire et d'archéologie des Alpes Maritimes » T-XXV, 1983, p. 76.
12. Folies de jardin (1996) p, 109. Editions du Chêne.
13. « L'Egypte à Paris » Jean-Marcel Hurnbert p. 62 (1998).
14. « Mémoires romancées du comte de Valbelle-Tourves » par Laurent Puech p. 63.
15. « Le désert de Retz, paysage choisi » p. 75 (1997).
16. « Monuments curieux et sites étranges » p. 316 (1974).
17. « Le désert de Retz, paysage choisi » p. 35.
18. « L'Egyptomanie à l'épreuve de l'archéologie » (1996) p. 351.
19. « Un parc au siècle des lumières, Mauperthuis » Jean-Paul Denef p. 24.
20. « L'Enigrne sacrée » Michaël Baigent, Richard Leigh, Henry Lincohl(1983) p, 103 et 366.
21. « Mauperthuis » op. cité p. 7.
22. Voir note 1 1 .
23. Sourgentin n° 106 p. 29.
24. « L'Egypte à Paris », op, cité p. 65.
25. Revue de l'Art, n° 23, 1974 p. 32.
26. « En passant par Franconville-la-Garenrte » p. l18.
27. « Templiers, Francs-Maçons et Sociétés Secrètes » (1992) Edifions Pygmalion, p. 233.
28. « Maçonnerie égyptienne, Rose-Croix et néo-chevalerie » (1994) Gérard Galtier, p, 151.
29. « Encyclopédie de la Franc-maçonnerie » La Pochothèque (2000) p. 350.
30. « La Franc-maçonnerie dans les Alpes Maritimes » (1997) Yves Hivert-Messeca, p. 68.
31. op, cité en 18, p. 404.
32. op, cité en 18, p. 391.
33. op. cité en 30, p. 71.
34. op. cité en 29, p. 672.
35. « Vienne la Sainte » Pierre Cavard, (1939) p. 71.
36. « Carte archéologique du Var », p. 577.
37. « Revue de l'Art » n° 58-59 (1983) p. 81.
38. « Les Templiers sont parmi nous », Gérard de Sède (1976) p, 135.
39. « L'Egypte ésotérique », Erik Homung (2001) p, 155.
40. « Gouvernants invisibles et sociétés secrètes », Serge Hutin (1972) p. 2.
41. « Sethos... », livre V, p. 472.
42. « Histoires de jardins », PUE, (2001) p, 194.
43. « Hermès l'Egyptien », Garth Fowden (2000) p. 266.
44. « Per cardera », Marguerite et Roger lsnard, p. 236.

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Mystérieuse pyramide de Falicon

 

 

Falicon! Petite commune des Alpes-Maritimes située à quelques km de Nice, dont le nom proviendrait de ‘Faucon’, s’élève à près de 400m d’altitude dans un décor merveilleux et s’adosse au versant du Mont Chauve. C’est à flanc de coteau de ce ‘Moun Cau’ que nous allons conduire nos pas pour y trouver, non seulement les vestiges d’une pyramide, mais surtout bien d’autres mystères.

Mystérieuse pyramide de Falicon

Notions pyramidales
fn_blazon.jpgBlason de la commune de Falicon

Pyramide: “Solide qui a pour base un polygone quelconque et pour faces latérales des triangles ayant pour bases les côtés de ce polygone et dont les sommets se réunissent tous en un même point” Ainsi l’Encyclopédie Quillet définit cette forme géométrique.
Le terme “pyramide” évoque, le plus souvent, les illustres et mystérieuses constructions antiques parsemant le monde, et pas seulement l’Egypte, du Guatémala au Soudan tout au long d’une vingtaine de pays au moins, et dont les bases s’échelonnent d’une dizaine de mètres à plus de deux cent mètres.

Voyage en Egypte

La plus notoire, la plus célèbre de ces pyramides est celle de Chéops en Egypte. C’est aussi celle qui contiendrait le plus d’éléments symboliques incontestables puisque géométriques. Notons simplement pour mémoire que Chéops, appelée aussi “Grande pyramide”, fut construite afin que ses quatre angles se trouvent en alignement sur les quatre points cardinaux. Sa hauteur de 148,50m correspondrait au milliardième de la distance de la Terre au Soleil. La “Coudée” égyptienne ayant permis la construction de ce monument est en concordance avec la dix millionnième fraction du rayon de la Terre, et sa base en rapport avec son demi-périmètre donne le nombre 3,1416!

L’hermétisme est aussi dedans

L’intérieur de cette phénoménale construction contient sans doute la connaissance ésotérique d’une civilisation maîtrisant des données qui nous dépassent encore. Résumons brièvement celles-ci à de nombreuses angulations magiques, à un puits plongeant à près de 16 mètres sous le niveau du Nil, à 8 chambres, connues ce jour, ordonnées selon d’hermétiques raisons: la Chambre de la Reine, la Chambre du Roi, une autre la superposant dite “de décharge”, elle même surmontée de 5 autres dont la dernière est à toiture inclinée… Cette pyramide daterait de la IVème dynastie soit entre 2700 et 2800 avant J.C.! Il y aurait donc environ 4700 ans. Et nous retiendrons ce chiffre jusqu’à la fin de ce travail.

fn_village.jpgLa France des pyramides

En ce qui concerne la France on retrouve sur notre territoire plusieurs petites pyramides:
- Autun près du Champs des Urnes.
- Vienne, au Plan de l’Aiguille.
- Commelle (Oise), la Lanterne des Morts…
- Quelques tours peut-être légèrement pyramidales et pleines: Ebéon (Charente-Maritime) la Tour Hermétique. St Romain-de-Benest Tour Hermétique.
Et d’autres… Mais la plus étrange de ces constructions, sur le plan pyramidale, est bel et bien celle dite “Pyramide de Falicon”.

La Pyramide de Falicon

Falicon! Petite commune des Alpes-Maritimes située à quelques km de Nice, dont le nom proviendrait de “Faucon”, s’élève à près de 400m d’altitude dans un décor merveilleux et s’adosse au versant du Mont Chauve. C’est à flanc de coteau de ce “Moun Cau” que nous allons conduire nos pas pour y trouver, non seulement les vestiges d’une pyramide, mais surtout bien d’autres mystères.

Les Giaînes
fn_hameaux.jpgLes reste du vieux hameau près la pyramide

Au lieudit “Les Giaînes”, dont une des étymologies se rapprocherait d’une tradition concernant les Jaîns hindous prétendus constructeurs de pyramide jusqu’en Europe (Henri Broch), un sentier s’engage et conduit, par la garrigue, jusqu’à cette étrange construction pyramidale. Aujourd’hui, le visiteur ne trouve plus qu’un volume extrêmement délabré à la limite de l’effondrement.
En effet, un premier sentiment de déception s’impose à l’arrivée sur les lieux: une construction à 4 pans orientée, sur ses arêtes, pratiquement sur les points cardinaux avec pratiquement 15° d’écart. Bâtie à cours de pente, les bases ont des dimensions variant de 5m à 6,50m. Les matériaux de construction sont issue du minéral local “tout venant”, ce qui accentue l’aspect rudimentaire et frustre.

Une pyramide sur un gouffre

Si la pyramide est largement tronquée, elle l’est de plus en plus en raison de la légende irritante d’un trésor enfoui dans les entrailles de la construction incitant les habituels “chasseurs de trésors”, qui, avec leur stupidité habituelle, s’acharnent à dégrader inconsidérément les restes précaires toujours en place…
Imaginons plutôt cette étrange pyramide avec son revêtement d’enduit dont on trouvait des traces partielles il y a encore une vingtaine d’années.
Le plus insolite est une ouverture, sorte de tableau régulier de porte, sur la face Sud-Est, assez large et haute pour permettre le passage aisé d’un être humain… sur un gouffre béant.

une vue de la pyramide encore bien conserve
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ce qu’il en reste aujourd’hui
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fn_rossetti.jpgDomenico Rosseti

Nous sommes le 24 mars 1803. Un certain Rosseti Domenico, avocat de son état, séjourne chez le conseiller de Préfecture Giacomo Vinay. Les ancêtres de ce dernier détiennent depuis la Révolution Française une propriété sise aux pieds du Mont-Chauve. Cette dernière est composée des terres tenantes à 3 maisons, un moulin, une citerne, un puits, 2 sources et “une tourre ditte colombière”. Si l’ensemble, à cette époque trouble, est déclarée en “très mauvais état”, il en reste aujourd’hui quelques murs ruinés et fondations mangées par les buissons.

D’étranges propriétaires

La propriété vendue comme bien national, appartenait depuis la fin du XVIIIe S. à la famille Peyre de la Coste dont plusieurs des membres appartenaient, selon Marcelin Rodange, à certaines sociétés que nous qualifierons de “discrètes”: Franziot et Jean Marotti, affiliés l’un à “La Vraie Fraternité des Frères Antiques”, l’autre à “Les Sectateurs de la Vertu”. Carles, membre avec son oncle Robert, de “La Fraternité Blanche” d’Avignon. Il semble, d’ailleurs, que ce site soit toujours resté entre les mains de familles à propos de connaissances hermétiques, c’est ainsi que les prédécesseurs des Peyre de la Coste, au XVIe S., étaient les Tonduti de l’Escarène seigneurs aussi de Falicon.

L’Angélique et les armes parlantes

En ce qui concerne cette famille, nous retrouvons plusieurs de ces membres affiliés à cette société plus connue sous le nom d’“Angélique”… Les armes parlantes personnelles du sire Canoran Pietro de l’Escarène portaient, outre le blason familial, un carré magique entre 2 chimères… le tout surmonté d’une pyramide à ouverture!
Cet héraldisme se trouve toujours, avec quelques documents faisant état du passé chevaleresque de certaines terres de Falicon, et de seigneurs notoires du XIVe S., lié à de très anciennes traditions de cultes difficiles à résumer ici en quelques mots.
On pourrait cependant dire qu’il s’agissait de règles initiatiques très hermétiques concernant des rites techtoniens d’origine orientale… et d’un culte attenant au souvenir d’une créature gigantesques maintenue dans une tombe-prison dont l’accès était contrôlé, et fermé, par les bâtiments propriété des de l’Escarène.

1300 vers pour une grotte
fn_louvois.jpgGravure de Louvois montrant Melle Boquet explorant la grotte

Mais revenons encore à Domenico Rossetti. Il s’intéressera tant à ce qu’il appelle “La Grotte du mont Chauve” qu’il lui dédiera, en 1804, un poème de 1300 vers… On retiendra la valeur symbolique d’un tel nombre! Son intérêt penchera vers l’étrange gouffre fermé par la pyramide. Il décrit, avec emphase, les concrétions calcaires découvertes dans la grotte “blanche comme neige”… La grotte du Mont Chauve sera décrite dans de multiples ouvrages touristiques des années 1800 ainsi qu’au début du siècle. Nombre d’érudits se pencheront sur cette curiosité naturelle:
1812: Melle Boquet. 1823: Marius Nodarier. 1835: le chevalier Paul-Guillaume Barbere. 1843: Roubaudi. 1859: les abbés Dunier et Monveraul. 1870: le docteur Roger Baraul… et d’autres.
C’est en 1898 qu’aura lieu, sous l’initiative du professeur Jean-Robert Salifard, la première véritable exploration du réseau souterrain accessible par le gouffre de la pyramide. Le compte-rendu fut riche de 657 pages manuscrites dont 174 planches, cartes, croquis et tracés.

Un constat insolite

Les relevés de Salifard font état d’une prospection complète concernant les 3 cheminements de la seconde salle. L’un de ces 3 cheminements semble se poursuivre longuement, et le compte-rendu mentionne des “passages constatés réaménagés car trop étroits”… Jusque là rien de bien extraordinaire.
Mais voilà à présent une remarque bien insolite. Jules Gavet, spéléologue notoire, en 1901, prétendu “premier à publier l’étude scientifique de la grotte…” (???) mentionne “obstrués” les prolongements de la seconde salle. Cette affirmation de constat est reprise par ailleurs dans le travail d’Henri Broch de 1976.
Alors? Que s’est-il passé entre le rapport Salifard de 1898 et celui de Gavet en 1901? Nous sommes obligés de constater qu’entre les deux dates une ou deux galeries seront comblées d’une manière indiscutablement artificielle!!! Pourquoi dissimuler ces boyaux s’ils sont innocents? Et encore: qui avait intérêt à réaliser ces travaux de “fermetures”?

Silence sur d’autres aspects

A présents observons d’autres aspects dans cette affaire. Maurice Guinguand publie un ouvrage sur le sujet avec le sous-titre “Pyramide Templière”. Henri Broch, en 1976, suivra partiellement l’hypothèse selon laquelle les terres concernées soient propriétés de l’ordre du Temple. Hypothèse? Il est très curieux de constater que les deux auteurs ne mentionnent nulle part la thèse résumant près de 40 ans de recherches assidues de Jean Carrond. Ce dernier eut accès à des documents familiaux d’un certain Baron de Raudie. Carrond suppose que ce nom est un pseudonyme. Mais les documents très anciens qu’il consulte font état d’un dépôt, certes peu volumineux, mais d’une importance capitale dont les ancêtres de De Raudie avaient teneur. Ce dépôt semblait primordial et il est fait mention d’une histoire pour le moins étrange.

Le trésor du Temple de Nice

L’Ordre du Temple est implanté sur le secteur niçois dès le début du 12e S. En octobre 1307, Anger Guigonis, informé la veille de l’arrestation de son Ordre, décide d’évacuer un certain dépôt en objet et documents. Le site niçois et la région périphérique sont riches de lieux templiers très importants et primordiaux sur le plan tellurique. Près d’une trentaine d’emplacements sont occupés par l’ordre du Temple. Par exemple: Biot, Isola, Utelle, Cuebris, Tourette-sur-Loup, … Plus d’un de ces lieux méritent une attention particulière et nous y reviendrons forcément au long d’un article suivant. Comment cet ordre puissant aurait-il pu ne pas connaître le site de Giaïnes et surtout l’intérêt qu’il pouvait représenter par ces particularités telluriques et géologiques souterraines. En effet il est certain, et prouvé, que le sous-sol est parcouru, ici, de plusieurs réseaux, aménagés ou non, de boyaux naturels de longueurs considérables pouvant fort bien correspondre entre eux et relier ainsi plusieurs endroits.

Trois détails oubliés

Pourquoi l’Ordre du Temple n’aurait-il pas utilisé ces réseaux souterrains pour dissimuler son dépôt de la commanderie de Nice? Et sur ce propos observons quelques détails:
fn_rosemont.jpg1/ Un des chemins conduisant à la pyramide s’appelle “Chemin de Rosemont”. L’étymologie de ce nom se passe de commentaires. D’une part il porte sa signature liée à un système rosicrucien bien connu, même s’il pouvait être “involontaire”. D’autre part le nom du lieu est identique à celui du dernier propriétaire du site d’Arginy en Beaujolais… Hasard, bien sûr!!! Mais tout de même à noter.

fn_chateaurenard.jpgChateaurenard et la trace de Grasset d’Orcet

2/ Le site de “Château Renard” et de ses ruines antiques plusieurs fois réutilisées au fil des siècles, s’il retenait l’attention des écrivains spécialisés… ne fut jamais étudié dans ses racines étymologiques hermétiques selon la Langue des Oiseaux! En effet les études de Grasset d’Orcet montrent clairement que le “Renard” correspond en symbolique d’écriture hermétique à une portée religieuse cryptée en liaison étroite avec un ordre puissant et occulte.
3/ Enfin une évidence difficilement contestable. Le fait que le site concernant la pyramide (qu’elle existât ou non à cette époque) et le hameau de la Bastide n’ait jamais été directement propriété de l’Ordre du Temple le mettait à l’abri de toutes investigations futures et assurait ainsi, à un éventuel dépôt, sécurité et tranquillité jusqu’au jour de sa destinée première.

Culte pour une grotte

Quand à la grotte elle-même, et surtout la première salle souterraine, elle est indéniablement destinée à un culte. Quelques concrétions ont effectivement des profils humains et animaux. 7 marches y sont aménagées, ainsi qu’une petite plate-forme ayant probablement eut un usage d’autel. Culte mitraïque? Pourquoi pas! Cultes aux forces obscures et techtoniennes? Certainement! Par ailleurs la conjugaison des deux n’est pas incompatible même avec un culte qui deviendra dès l’apparition de la religion, celui des antiques matrones reconverties en vierges noires ou autres Notre Dame de “soubsterre”. De là à penser à quelques aspects hermétiques de l’Ordre du Temple, il n’y a qu’un pas!

L’étrange société d’Equilégna
fn_premieresalle.jpgVue intérieur de la 1ère sale

Il reste encore le détail irritant dont aucun auteur, à notre connaissance, ne fait état. Quelle est donc cette étrange “Société d’Equilégna” qui remontait, vers 1927, de curieuses pierres taillées ou sculptées récupérées sous un amas rocheux de la seconde salle? Et comment expliquer que seule cette société fit cette découverte… Hasard, ou connaissance? Il s’agissait “de pierres de teinte vaguement verdâtre assez laiteuse et tièdes comportant gravures et dessins” Les responsables de l’expédition d’Equilégna prétendaient suivre, dans un second temps, de cette deuxième salle “le trajet du vent brumeux et le saut de l’Ange”!!! Ils prétendaient détenir une notice écrite au XVIIIe S. concernant la pyramide et ses réseaux. Ce texte, dont ils font mention dans leur bulletin N°85, donnait, en outre, l’inscription complète tenue sur l’entrée de la construction, et que Gavet en 1901 ne pouvait déjà plus déchiffrer.

L’Universalité Pratique d’Etienne Gotteland

Enfin, plus près de nous, en 1922, s’installe près du site de Falicon, un certain Etienne Gotteland. Etait-ce son nom véritable ou un pseudonyme? Quoiqu’il en soit, le hasard ferait rudement bien les choses!
Toujours est-il que ce dernier, rattaché à au moins deux sociétés ésotériques, entame des études et recherches sur l’histoire et les lieux annexes concernant Falicon. Il fonde ici “l’Université Pratique”. En ce qui concerne la pyramide et le gouffre, Gotteland utilisera le terme d’“Antre de la Sagesse”, et tentera d’en faire classer le site. Cette louable démarche n’aboutira jamais, et l’on est en droit de se demander pourquoi… Plusieurs années après, “l’Université” disparaîtra, mais pas toutes ses archives et documents. Une large partie de ces dernières se trouvent, à présent, entre les mains de Messieurs Chapta et Manot. Pour ce que nous avons pu consulter il est question (avec photographies) de modifications de certaines parties des murailles de la “Bastide”… et encore de la mise à jour d’une galerie “fort bien maçonnée” (toujours avec photos) et encore de l’étude de “gravures et vieilles peintures murales aperçues dans la salle basse découverte au long de la galerie”.
Gotteland, se basant sur la précession des équinoxes, en 1922, date le site de la pyramide (et non pas l’édifice lui-même) de 4335 ans, soit pratiquement de l’époque de la Grande Pyramide de Chéops en Egypte! Dans cette énigme rien ne paraît tout à fait innocent.

fn_livre.jpgAttention!!!

Un travail, sur les mystères entourant l’affaire de la pyramide de Falicon, serait en cours de réalisation. Des documents inédits seront présentés sous peu. Ils offriront un peu plus de clarté au travers des différentes et honorables thèses concernant cette énigme. Il ne nous est pas permis de pouvoir en divulguer plus ici, mais le voile se lèvera sans doute très bientôt.
En conclusion provisoire, il semble utile de préciser, à toutes fins utiles, que la dégradation d’un édifice est sanctionné par la législation, ainsi que toutes violations de propriété… Et encore que souvent des inconscients, à leurs risques et périls, en quête de sensations, tentèrent l’exploration sans équipement sérieux des salles souterraines du gouffre sous la pyramide. Souvent bloqués dès la seconde salle ces irresponsables durent leur sauvetage à l’intervention des services de secours de la Protection Civile. Il est donc recommandé d’agir, sur ces lieux et en général, avec respect, prudence et discernement. Dans cet espoir nous laisserons, au poème de Rosseti (2ème chant) le soin de nous confirmer que “ Ne fut pas sans raison édifier ce solitaire hôtel aride et sombre…”.

André Douzet

Article extrait du site "Le blog de l'étrange"

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