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La science enterrée dans la bureaucratie et la corruption : le directeur du Bureau sur l’Intégrité de la Recherche américain démissionne de dégoût

Publié par wikistrike.com sur 30 Mars 2014, 17:24pm

Catégories : #Science - technologie - web - recherche

La science enterrée dans la bureaucratie et la corruption : le directeur du Bureau sur l’Intégrité de la Recherche américain démissionne de dégoût

  

 

 

caducee_faites_moi_confiance.jpgLes bureaucrates ont non seulement récupéré le monde scientifique, mais aussi une partie de la bureaucratie qui est faite pour identifier la corruption se produisant en science, se retrouve incapable de fonctionner à cause de la pire des bureaucraties, en clair même le système de contrôle et de régulation de la corruption est corrompu.

Comme le fait justement remarquer James Delingpole:

La science est minée par la corruption, l’incompétence, la malhonnêteté et la fabrication pure et simple et maintenant, merci à une franche et honnête lettre de démission provenant du top fonctionnaire de la gestion du mauvais fonctionnement scientifique américain, nous avons une bien meilleure idée du pourquoi.

La science gouvernementale a désespérément besoin d’un audit ou d’une solution du marché libre: la concurrence (NdT: Inutile de dire que nous ne sommes pas d’accord sur ce type de solution qui n’en est pas une, mais là n’est pas le débat…)

Un scientifique sur 50 a admis avoir fabriqué, falsifié ou modifié des données ou des résultats au moins une fois dans sa vie. Ceci n’est pas au sujet de fraude, c’est au sujet du bias, de l’opinion et du laisser-aller statistique. Jusqu’à 30% des scientifiques admettent d’autres pratiques de recherche questionables. Quand on leur demande au sujet de leurs collègues, 14% disent que les autres scientifiques ont falsifié les résultats et 70% ont utilisé d’autres pratiques de recherche questionables (Fanelli 2009). Dans le monde de la science électronique moderne, non seulement beaucoup de résultats ne sont pas revérifiés au moyen de la reproduction des mêmes schémas expérimentaux, mais les données brutes elles-mêmes ne sont même pas disponibles pour vérification dans la plupart des cas. L’étude montre que les scientifiques qui ne publient pas et retiennent leurs données sont les plus souvent ceux qui ont publié des erreurs. La moitié des articles dans des journaux de haut niveau spécialisés contiennent des erreurs statistiques (Wicherts, 2011). 

Ce que nous voyons ici est que même le système de vérification financé par le gouvernement sur la science financée par le gouvernement, ne fonctionne pas. Sans la compétition du marché libre et du financement privé, les couches de corruption et d’incentifs pervers se construisent sur la couche précédente au lieu de les neutraliser (NdT: Ce à quoi nous disons Non ! Le problème n’est pas d’y introduire plus de marché, lui-même totalement corrompu et monopolisé, mais de surprimer le nerf de la corruption: le fric ! C’est la société qu’il faut changer pour retrouver une véritable science progressiste et non corrompue… pas la noyer plus avant dans des marchés corrompus par essence…)

Dans ce climat de corruption le besoin de vérifications indépendantes est de plus en plus important

Le directeur du bureau gouvernemental américain qui surveille les mauvaises pratiques scientifiques en recherche biométrique a démissionné après 2 ans de frustration avec la « remarquablement disfonctionnelle » bureaucratie fédérale. David Wright, directeur de l’Office of Research Integrity (ORI)écrit dans une lettre de démission au vitriol obtenue par Science Insider que le temps passé à essayer de faire quelque chose du temps qui lui était imparti à l’ORI fut « le pire travail que j’ai jamais eu ».

Science Mag a la lettre ( the letter) de David Wright:

« Le reste de mon rôle en tant que directeur de l’ORI a été le pire travail qu’il m’ait été donné de faire et cela occupe 65% de mon temps. Ce temps est occupé à naviguer la remarquable disfonctionnalité de la bureaucratie de l’HHS afin de sécuriser des ressources, oui, obtenir la permission pour que l’ORI puisse servir la communauté de la recherche. Je connaissais en acceptant ce travail les limites bureaucratiques du gouvernement fédéral, mais je n’avais aucune idée du comment suffoquant cela serait. Ce que j’étais capable de faire en un jour ou deux en tant qu’administrateur académique, prenait des semaines ou des mois au sein du gouvernement fédéral, dont l’OASH dont nous dépendions.

Une fois, je fus invité à parler sur l’intégrité de la recherche et sur la mauvaise pratique devant un grand groupe de membres de l’AAAS. J’ai dû dépenser 35 US$ pour convertir de vieilles cassettes audio en CD pour pouvoir les utiliser dans la présentation de la conférence. Le bureau responsable refusa ma requête après quelques jours de tergiversation. Une université fit la conversion pour moi en 20 minutes et refusa d’être payée lorsque je leur ai dit que cela était à fin éducative. »

Wright décrit l’OASH (Office of the Assistant Secretary for Health) comme étant « secret, autocrate and irresponsable ».

« Puis il y a la nature de la bureaucratie fédérale elle-même. Le sociologue Max Weber a observé au début du XXème siècle que bien que la bureaucratie soit en certaines circonstances, un mode organisationnel optimal pour une société rationalisée et industrielle, elle a aussi ses inconvénients. L’un d’entre eux est que les bureaucraties publiques arrêtent de servir le public et se focalisent en retour sur leur propre perpétuation. Ceci est exactement mon expérience avec l’OASH. Nous passons une somme de temps considérable en réunions et en génération de données répétitives et souvent inutiles ainsi qu’en rapports écrits afin de faire croire que notre segment bureaucratique est productif. Rien de tout cela ne donne l’ombre d’une assistance à l’ORI dans sa tâche de gérer les cas d’accusations de fraude ou de promouvoir une conduite de recherche responsable. Au lieu de cela, cela pompe un temps et des ressources précieuses qui seraient bien mieux utilisées pour remplir notre mission. Depuis que je suis ici, j’ai été conseillé par mes supérieurs que je devais « faire en sorte que mes patrons semblent beaux ». On m’a explicitement dit: « Dave, tu es un leader visionnaire, mais ici on a besoin d’un travail d’équipe ». Récemment on m’a conseillé pour me dire que « si je voulais être heureux dans la fonction publique gouvernementale, je devais revoir mes attentes à la baisse. ». Personne à l’OASH ne m’a dit en ces deux années quelque chose comme ceci: « Comment peut-on mieux aider la mission de l’ORI, celle de la recherche ? ». Jamais, pas une fois.

Je suis insulté en tant que contribuable américain de constater que la bureaucratie fédérale, du moins celle pour laquelle j’ai travaillé, est si profondément disfonctionnelle. »

Donnéees cachées

Le partage des données est un requis de base en science et pourtant, seulement 40% des publications scientifiques majeures obligent même à ce que les données brutes soient partagées comme condition de publication et des articles publiés dans un journal ayant quelque politique de partage des données, moins de la moitié se plie à la règle [Scientific American]. Seulement 10% des articles ont leurs données primaires intégrales disponibles à la publication (Alsheikh – Ali, 2011) Une étude différente a affirmé que les choses s’améliorent, mais n’a seulement trouvé que 35% d’articles avec leurs données brutes disponibles en 2009. (Piwowar, 2011)

En psychologie, une analyse a trouvé l’implication prévisible et évidente. Les scientifiques qui sont reluctants à partager leurs données sont plus enclins à cacher les évidences qui contredisent leurs conclusions et aussi plus enclins à avoir publié des erreurs. (Wicherts et al 2011)

Références

Alsheikh – Ali, A. A., Qureshi, W., Al-Mallah, M. H. & Ioannidis, J. P. A. PLoS ONE 6, e24357 (2011). | Article |PubMed |

Fanelli D (2009) How Many Scientists Fabricate and Falsify Research? A Systematic Review and Meta-Analysis of Survey Data. PLoS ONE 4(5): e5738. doi:10.1371/journal.pone.0005738 [abstract]

Ioannidis JPA (2005) Why Most Published Research Findings Are False. PLoS Med 2(8): e124. doi:10.1371/journal.pmed.0020124 [Abstract]

Piwowar, H. A. PLoS ONE 6, e18657(2011). [ PubMed ]

Wicherts JM1, Bakker M, Molenaar D. (2011)Willingness to share research data is related to the strength of the evidence and the quality of reporting of statistical results. PLoS One; 6(11):e26828. doi: 10.1371/journal.pone.0026828. Epub 2011 Nov 2. [Full article]

Trouvé sur Sott.net

 

Traduction Rersistance71

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