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La zone euro ne finira pas l’année sous sa forme actuelle

Publié par wikistrike.com sur 23 Avril 2012, 07:58am

Catégories : #Economie

 

... et elle éclatera sous deux ans

 

La vague d’optimisme suscitée par les récentes injections de liquidités de la Banque centrale européenne est retombée. Cette intervention a évité la crise bancaire. Mais aucune solution n’a été apportée aux problèmes économiques structurels

Rosenstreich_Peter_ECO_LF.jpgChef analyste des devises, Swissquote Bank SA, Swissquote.ch

L’été sera chaud pour la zone euro et la monnaie unique. La vague d’optimisme suscitée par les récentes injections de liquidités de la Banque centrale européenne (BCE) est retombée et tout laisse à penser que l’UEM ne finira pas l’année sous sa forme actuelle. A première vue, les choses ne vont pas si mal. Les indicateurs dérivés des marchés tels que les CDS – ces outils pour se protéger du risque de défaut d’une obligation – et les taux révèlent une nette baisse de la probabilité qu’un pays sorte de la zone euro, ce qui reflète l’optimisme autour de la restructuration de la dette grecque et de la mise en place de la seconde tranche d’aide.

Les prêts accordés par la BCE aux banques en décembre et en février par le biais des opérations de refinancement à trois ans sont pour beaucoup dans ce regain de confiance. La baisse rapide des taux d’intérêt témoigne de l’efficacité des opérations de la BCE à éviter une crise bancaire. Il semble aussi que le second objectif de la BCE, le soutien non avoué aux marchés des dettes souveraines, a été atteint. Les pays tels que l’Espagne et l’Italie y ont eu recours pour acheter de la dette publique et réduire les coûts d’emprunt. Des achats massifs d’obligations par la BCE en vue de faire baisser les rendements semblent actuellement improbables. L’inquiétude croît toutefois quant à la capacité des mesures récentes à résorber la crise et les banques restent confrontées à des besoins importants de refinancement, de nouvelles pertes et une conjoncture morose. Aucune solution n’a par ailleurs été apportée aux problèmes économiques structurels. Même si l’Allemagne s’en sort bien, les perspectives pour la périphérie sont moroses, créant une spirale négative de consolidation budgétaire exigeant davantage d’austérité… et ainsi de suite.

L’Allemagne est, et restera, la seule note positive. Son économie est très dynamique, notamment grâce à la demande mondiale. Même si le PIB allemand a reculé de 0,2% au quatrième trimestre, la récente embellie du moral des entreprises est insignifiante face à la détérioration en Europe. La hausse témoigne de l’amélioration dans les services et l’industrie. Néanmoins, les craintes de nouveaux plans de sauvetage et les perspectives économiques atones inciteront les ménages et les entreprises à la prudence. Sans augmentation des dépenses, la reprise ne suffira pas à sortir la périphérie, ni l’ensemble de la zone euro, de la récession.

Plusieurs pays de la zone euro souffrent de problèmes croissants, mais la Grèce et l’Espagne sont les maillons faibles. Si la deuxième tranche d’aide à la Grèce a fourni au pays les liquidités nécessaires, elle n’a pas résolu les problèmes structurels. Théoriquement, la Grèce est financée jusqu’à la fin de 2014, mais cela est trompeur. En effet, elle ne reçoit les fonds du FESF que si elle atteint des objectifs stricts. Le gouvernement doit transformer un déficit budgétaire de 2,4% en 2011 en un excédent de 4,5% d’ici à 2014. Cela implique davantage d’austérité et de nouvelles coupes si la croissance n’est pas au rendez-vous. Avec la baisse du moral des ménages et la hausse du chômage, le pays n’a pas encore touché le fond. Compte tenu du manque de compétitivité de ses exportations, la Grèce ne profitera pas de la reprise mondiale. De plus, dans quelle mesure le nouveau gouvernement issu des élections générales en mai voudra respecter les engagements envers l’Union européenne?

L’Espagne est au cœur des préoccupations en raison des montants impliqués. Les marchés sont focalisés sur le pays depuis que le premier ministre, Mariano Rajoy, a annoncé qu’il n’atteindrait pas l’objectif budgétaire. L’Italie a par ailleurs aussi annoncé un résultat décevant. L’envolée des rendements à 10 ans aux alentours de 6% illustre les doutes quant à la volonté de l’Espagne en matière de consolidation budgétaire. L’émission obligataire globalement satisfaisante du 17 avril a démontré que l’Espagne peut encore lever des fonds, mais à un prix élevé. Conjuguée aux mauvais chiffres de l’emploi et de l’immobilier, davantage d’austérité pèsera sur l’économie, qui est déjà retombée en récession au premier trimestre. La grande inconnue concerne la capacité des banques espagnoles à répondre à l’exigence gouvernementale d’augmenter de 50 milliards d’euros les provisions pour crédits immobiliers en détresse. L’accès aux marchés des capitaux est en effet devenu plus difficile.

 

Source: Letemps.ch

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