Le caillou Michaux

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Origine de cette pierre 

 
Thureau Dangin (1872-1944) déchiffra les signes cunéiformes inscrits sur un galet de diorite découvert en 1782. Le botaniste Michaux, parti au Moyen-Orient explorer la flore, rapporta en 1786, cette pierre couverte d'inscriptions et d'images gravées, qu'il avait trouvée, disait-il, dans les ruines d'un palais au sud de Bagdad.
On nomme "écriture cunéiforme", une écriture dont les caractères qui la constituent ont les formes de coin ou de clou. Le premier document épigraphique cunéiforme et rédigé en babylonien fut apporté en Europe par le botaniste A. Michaux. Il s'agit d'un kudurru nommé: "le caillou Michaux"

On sait aujourd'hui que le caillou de Michaux se trouve être une dot, constituée de terres offertes par un père à sa fille, des symboles de divinités garantissant l'acte. Le texte date du XIe siècle avant JC.

 

Caillou_Michaux_m.jpgTraduction du caillou :RADUCTION :

"20 kur d'emblavures, l'iku étant à un simdu, mesuré à la grande coudée terroir de la ville de Kar-Nabu, sur le bord du canal Me-Kalkal, sur le territoire de la tribu de Habban, champ total, sur 1080 mètres de grand côté supérieur, à l'Est, jouxtant le district de la ville de Hudada; ...à Dûr-Sharrukîn-ayyitu, sa fille, fiancée de Tab-ashab-marduk, descendant d'Ina-Esagil-Zeru, administrateur, a livré à jamais..."



Qui est André Michaux ?

 

André Michaux, né le 7 mars 1746 à Versailles, mort le 11 octobre 1802 à Tamatave (Madagascar), était un botaniste et un explorateur français.

André Michaux naquit à Versailles à la ferme de Satory, incluse dans le Grand Parc de Versailles, où son père était laboureur, fermier du roi. En 1763, à la mort de celui-ci, il lui succède à la tête de l'exploitation, d'abord en association avec son frère, puis seul après son mariage en 1769 avec Anne Cécile Claye. Quelques années après le décès de cette dernière en 1770, à la naissance de leur fils François André Michaux, il laisse la ferme à son frère André-François Michaux. En 1797, Vincent Charlemagne Pluchet le futur maire de la ville de Trappes, gendre d'André-François, lui succèdera à la tête de la ferme.

Il étudie ensuite la botanique avec le Dr Louis Guillaume Le Monnier, premier médecin des rois Louis XV et Louis XVI et professeur de botanique au Jardin du roi, puis suit les cours de Jussieu au Trianon et au Jardin du roi. En 1779, après avoir obtenu son brevet de botaniste, il est chargé d'une mission en Angleterre aux jardins botaniques royaux de Kew, puis participe à l'expédition botanique montée par Lamarck en Auvergne et en 1780, il herborise seul dans les Pyrénées françaises et espagnoles. En 1782, il fut envoyé par le gouvernement français en Perse pour une mission botanique. Il voyagea avec le consul Jean-François Rousseau, cousin du philosophe Jean-Jacques Rousseau, et après avoir séjourné plusieurs mois à AlepBagdad et Bassorah, il partit pour la Perse; arrêté à la sortie de Bassorah par une tribu arabe en révolte contre les autorités ottomanes, il put finalement gagner quelques jours plus tard la Perse où il voyagea sans encombre du Golfe Persique à la Mer Caspienne ; certains disent qu'il aurait guéri le shah d'une maladie grave. Au bout de trois ans et demi, il revint en France avec un herbier et introduisit également de nombreuses plantes orientales dans les jardins botaniques français, notamment le faux orme de Sibérie ou orme du Caucase (Zelkova carpinifolia), le ptérocaryer du Caucase (Pterocarya fraxinifolia) et la michauxie (Michauxia campanuloides). Il rapporta aussi de ce voyage le premier document épigraphique concernant l'écriture cunéïforme à être introduit en Europe, un kudurru babylonien, connu sous le nom de Caillou Michaux. Ce monument célèbre est conservé et exposé aujourd'hui au Cabinet des médailles, Département des monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France.

Le succès de ce premier voyage lui valut d'être nommé botaniste royal par Louis XVI et envoyé aux États-Unis à l'automne 1785 afin d'y rechercher des arbres et des plantes utiles pour enrichir les forêts, les parcs et les jardins en France. Il partit accompagné de son fils, François André(1770-1855), avec qui il fit ses premiers voyages, mais celui-ci rentra en France en 1790. André Michaux explora l'Amérique du Nord, de la Floride (alors espagnole) jusqu'aux approches de la baie d'Hudson (Canada) et de la côte atlantique jusqu'au fleuve Mississippi.

En 1786, il avait créé un jardin botanique à Charleston (Caroline du Sud), d'où il effectua ses expéditions, plus audacieuses les unes que les autres. Il décrivit et nomma beaucoup d'espèces nord-américaines durant cette période. Il collecta de nombreuses plantes et graines afin de les envoyer en France. Durant cette même période, il introduisit en Amérique de nombreuses espèces venant de diverses régions du monde telles que l'orme de Sibérie (Zelkova crenata), l'olivier odorant (Osmanthus fragrans), le lilas des Indes ou lilas d'été ou lagerose ou myrte de crêpe (Lagerstroemia indica), l'arbre à soie (Albizzia julibrissin), le Ginkgo biloba, le théier (Camellia sinensis), etc. et importa en France de nombreuses espèces nouvelles de chênes, érables, noyers ainsi que le virgilier (Cladrastis lutea), le magnolia à grandes feuilles (Magnolia macrophylla), le rhododendron de Virginie (Rhododendron catawbiense), etc.

À son retour en France, en 1796, il fut victime d'un naufrage sur les côtes de Hollande, dans le petit port d'Egmond aan Zee. Il perdit ses effets, mais put heureusement sauver la plus grande partie de ses collections. De retour à Paris le 23 décembre 1796, il ne put jamais obtenir le règlement de ses appointements impayés depuis les débuts de la République. En 1800, il s'embarqua dans l'expédition Baudin (1754-1803) en partance pour l'Australie. Mais il préféra quitter le navire à l'île Maurice. Après un an de séjour dans cette île, il partit à Madagascar afin d'inspecter la flore de cette île, où il mourut d'une fièvre tropicale trois mois plus tard. Ses travaux botaniques ont beaucoup fait pour la connaissance des espèces orientales et d'Amérique du Nord.

Le lis de Caroline (Lilium michauxii) le sumac de Michaux (Rhus michauxii), les michauxies (Michauxia) et de nombreuses autres plantes ont été nommées en hommage à Michaux. Aux Etats-Unis, la Michaux State Forest, une forêt de Virginie, et au Québec la réserve écologique Michaux ainsi que l'île Michaux sur le lac Mistassini lui ont été dédiées.

Page de titre de Flora Boreali-Americana

Il a écrit deux œuvres précieuses sur les plantes d'Amérique du Nord : une Histoire des chênes de l'Amérique septentrionale (1801), incluant trente-six planches, et la Flora Boreali-Americana (2 volumes, 1803), accessible en ligne sur Botanicus,avec cinquante et une planches.

Son fils est le botaniste François André Michaux (1770-1855). Il a publié plusieurs livres et tout particulièrement une Histoire des arbres forestiers de l'Amérique septentrionale dans laquelle, outre ses propres recherches, il fait de très nombreuses références aux travaux inédits de son père. Cette publication comporte trois volumes 1810-1813, avec cent cinquante-six planches. Une version anglaise fut adaptée en 1817-1819 sous le nom The North American Sylva.

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Tag(s) : #Les anciennes écritures
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