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Le chef indien Raoni demande l’aide de l’UE pour protéger la forêt amazonienne

Publié par wikistrike.com sur 12 Décembre 2012, 14:24pm

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

 

Le chef indien Raoni demande l’aide de l’UE pour protéger la forêt amazonienne


 

le-chef-raoni-s-est-rendu-a-strasbourg-pour-demander-a-l-un.jpgLe chef indien brésilien Raoni a demandé mardi, au Parlement européen, l’aide de l’Europe pour empêcher le projet de barrage géant hydroélectrique du Belo Monte qui menace la forêt amazonienne.

Devenu mondialement connu à la fin des années 1980 pour son action écologique, le chef indien brésilienRaoni effectue actuellement une tournée en Europe qui l'a mené en Allemagne, en Suisse, aux Pays-Bas mais aussi en France. Objectif : dénoncer les menaces qui pèsent de plus en plus sur la forêt amazonienne. Lundi, Raoni a ainsi plaidé au Parlement européen à Strasbourg pour que l'Europe intervienne auprès du gouvernement brésilien pour empêcher la construction du barrage hydroélectrique de Belo Monte, au cœur de l'Amazonie.

"J'aimerais vous demander, à vous les Européens, de parler de ce problème avec le gouvernement brésilien, de lui faire passer un message pour qu'il nous respecte en tant que peuple indigène", a déclaré le chef amérindien, qui arborait une coiffe à plumes jaunes et son fameux plateau labial. Les autorités brésiliennes "veulent nos terres, elles veulent nous détruire et je suis vraiment très inquiet pour notre peuple", a ajouté Raoni qui a relayé le même message dans toutes les villes qu'il a visité lors de cette nouvelle tournée.

"J'ai beaucoup combattu et je continue à m'inquiéter du déboisement de la forêt amazonienne. Je suis revenu pour transmettre ma préoccupation et reparler de la démarcation de nos terre : tant que je n'aurai pas réussi à délimiter cette zone, où vivent les Indiens, je ne serai pas tranquille", avait-il ainsi répondu début décembre àMetro France.

Sa déclaration à Strasbourg intervient toutefois à point nommé puisqu’au même moment la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, était en France pour une visite d'Etat de 48 heures. Or, alors que le combat de Raoni dure maintenant depuis plus de 30 ans, "elle est la seule chef d'État du Brésil qui ait toujours refusé de le recevoir", s'est insurgé Gert-Peter Bruch, le vice-président de l'association Planète Amazone.

Le Belo Monte, une "porte ouverte à la destruction de l'Amazonie"

Le combat n'est ainsi devenu que plus difficile pour Raoni : "avec tous les gouvernements brésiliens précédents, je pouvais parler de nos problèmes, mais la dernière (Dilma Roussef, ndlr) ne le permet pas : je n'ai accès qu'à ses ministres. Nous leur demandons de ne pas appliquer l'ordonnance 303, qui permet au gouvernement de faire des travaux, construire des barrages ou des routes et exploiter des mines dans les terres indigènes sans consulter les indiens". Mais aujourd'hui, de nombreux intérêts entrent en jeu en particulier dans le barrage du Belo Monte, le troisième plus grand au monde.

Construit sur le rio Xingu, le barrage doit mesurer 3.545 mètres de long pour 90 mètres de haut et dit permettre de fournir 38.600 gigawattheure (GWh) par an. Mais ce projet de 14,4 milliards de dollars est vivement dénoncé par les associations de protection de l'environnement, notamment car il va contraindre les communautés aux alentours à changer leur mode de vie. Reste que le combat mené jusqu'ici n'a pas encore permis de faire cesser la construction, malgré une suspension provisoire des travaux en août dernier. D'où l'importance du nouvel appel lancé par Raoni en Europe.

Comme l’a souligné l'eurodéputée écologiste française Eva Joly "ce qui se passe au Brésil nous concerne", car "ce sont les entreprises européennes qui obtiennent des marchés là-bas". Alstom, notamment, doit fournir deux turbines de ce barrage pour un montant de  500 millions d'euros. Une autre élue écologiste française, Catherine Grèze a quant à elle qualifié le projet Belo Monte de "cheval de Troie". "On nous le vend comme un projet d'énergie renouvelable, alors que c'est la porte ouverte pour l'extraction minière et la destruction de l'Amazonie", a-t-elle ajouté.

 

Source: Maxisciences

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