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Le disque de Nébra

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 16 Avril 2011, 11:28am

Catégories : #Les anciennes écritures

610px-Nebra_Scheibe.jpgLe disque de Nebra (Allemagne)

 

 

Le disque de Nebra est un disque de bronze pesant à peu près 2 kg et d'environ 32 cm de diamètre. Il a été mis au jour illégalement, par des fouilleurs clandestins, en juillet 1999 à Nebra-sur-Unstrut en Saxe-Anhalt (Allemagne), avec d'autres objets constituant un dépôt cultuel. Il daterait d'environ 1600 avant notre ère (faciès de transition Bronze ancien / Bronze moyen - Bronze A / Bronze B).

Il est conservé au Musée régional de Préhistoire de Halle, en Allemagne.

 

Authenticité et datation 

 

Le disque est un objet si spectaculaire que certains archéologues ont pu supposer qu'il aurait été fabriqué par un faussaire.

Une étude microscopique de sa patine révèle qu'il est incontestablement extrêmement ancien : la taille des cristaux d'oxydation est proportionnelle à la lenteur de leur formation, et ceux du disque seraient beaucoup trop importants pour être d'origine artificielle.

La fabrication du disque dans la région de sa découverte est confirmée par une étude isotopique du plomb radioactif contenu dans le cuivre du disque. En effet chaque gisement a une signature isotopique particulière. Le cuivre provient des gisements alpins exploités à l'âge du bronze en Autriche.

D'autres objets, des bracelets et des épées de bronze, ont été exhumées par les découvreurs au même endroit que le disque, une étude comparative avec d'autres épées de l'âge du bronze semblables et datées précisément grâce au carbone 14, permet de dater approximativement le disque vers l'an 1600 av. J.-C.

 

Description

 

Il se présente sous la forme d'une plaque circulaire sur laquelle se détachent, en plaques d'or incrustées, des points supposés être des corps célestes (la lune représentée en disque central ou en croissant ; les Pléiades, constellation, représentée par sept étoiles groupées...) et d'autres motifs en feuille d'or1.

Il pourrait s'agir d'une représentation du ciel pour un observateur qui se serait situé en Allemagne à l'apparition des Pléiades il y a 3600 ans. Ce serait jusqu'à ce jour la représentation la plus ancienne de la voûte céleste jamais retrouvée. L'archéologue allemand Harald Melle la qualifie de « ciel étoilé automnal ».

220px-Nebra-5.jpg
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Au solstice d'été à Nebra, le soleil se couche derrière le Brocken. Ce fait, non négligeable, permet d'imaginer une orientation possible du disque lors de son utilisation.

On y distingue aussi sur le côté droit un arc de 82 degrés (et la trace d'un autre disparu, sur le côté gauche) qui pourrait représenter l'écart entre les points de l'horizon où le soleil se lève, ou se couche, aux solstices d'été et d'hiver. La valeur de cet angle correspond relativement bien à la latitude du lieu de la découverte. Un autre élément intéressant du site de Nebra est qu'au solstice d'été, le soleil se couche derrière le sommet du Brocken, sommet le plus haut de la partie nord de l'Allemagne, situé à environ 80 km au Nord-Ouest de là. Cet élément permet d'imaginer un alignement possible du disque avec l'arc latéral subsistant orienté vers l'Ouest.

De l'autre côté du disque, à l'opposé, un autre arc représenterait soit une barque solaire (voir Char solaire de Trundholm), soit la Voie lactée.

Nota : Le nombre des « étoiles » visibles sur le disque dans son état actuel est inférieur au nombre d'origine, car le « segment de latitude droit » a été superposé à une époque ultérieure et en masque deux (voir dessins sur le site internet archéologique mentionné dans les liens)

 

Une explication scientifique

 

L'image veillerait probablement à perpétuer les enseignements sur l'astronomie. C'était une sorte d'aide-mémoire. La tradition orale se devait de maintenir les connaissances sur la nature et les saisons.

 

  • Cette connaissance était essentielle pour les semailles : les Pléiades en effet, accompagnent la nouvelle lune au-dessus de l'horizon tous les 10 mars (=semailles) et ceci se reproduisait les soirs de pleine lune des 17 octobre (=fin des moissons ?)2.
  • Selon l'astronome Rahlf Hansen du planétarium de Hambourg, les diverses tailles des croissants de la lune permettent de corriger la longueur de l'année : lorsque le croissant de la nouvelle lune apparaissait près de l'amas des Pléiades seulement au 3e jour du mois de printemps par lequel l'année commençait (32 jours après le début de l'année et plus épais que les années normales), on devait compter cette année-là un mois de 29,5 jours, ce qui permettait de faire correspondre l'année solaire de 365 jours avec l'année lunaire de 354 jours. Le chiffre 32 est représenté par le nombre d'étoiles sur le disque.

Le nombre 32 aurait une signification supplémentaire : 32 années solaires correspondent à 33 années lunaires. Si le disque plein en or représente le soleil, les 32 « étoiles » seraient des soleils en miniature, 33 au total si l'on y rajoute le disque plein, ce qui correspondrait au cycle de 33 années lunaires. L'interprétation précédente du Dr Schlosser selon laquelle le disque plein en or représenterait la pleine lune reste valable : il représente le soleil et la lune.

Les sciences et la religion étant probablement indissociées à cette époque, le disque serait en quelque sorte une encyclopédie astronomique recueillant plusieurs des savoirs de l'âge du bronze propres à cette région de l'Europe. Les astronomes de cette époque auraient donc eu des connaissances astronomiques plus avancées que ce que l'on croyait jusqu'à maintenant, la première description de cette règle étant décrite sur un texte babylonien (le Mul Apin) datant du vie siècle av. J.-C. ou viie siècleav. J.-C..

 

 

Commentaires

La BBC a réalisé un film (diffusé en France et en Allemagne sur la chaîne de télévision Arte en juillet 2006) faisant une très large part à l'interprétation ésotérico-religieuse du disque (barque solaire) quasiment sans tenir compte des aspects scientifiques en tronquant les déclarations des savants allemands cités plus haut. Différents points à connotation scientifique et décrits ci-dessus ont toutefois été cités et développés dans le film diffusé par ARTE.

Le disque et le musée jouent un rôle important dans Le Premier Jour, un roman de Marc Levy paru en 2009 aux éditions Robert Laffont.

 

Le disque de Nebra apparaît dans le roman Le Premier Jour de Marc Levy, les héros se rendant sur place.

 

 

Centre archéologique Arche Nebra

 

Un concours d’architecture a été lancé en 2004 pour la construction d’un centre archéologique public qui mette en valeur tant cette pièce inestimable que le lieu où elle fut retrouvée, lui-même riche en objets de l’âge du bronze. Il s’agissait de créer un centre avec planétarium, espaces d’expositions permanentes et temporaires, café et salles de séminaires. Le centre devait devenir une destination touristique incontournable et le symbole de toute la région. Le lieu exact de la découverte devait quant à lieu être marqué par une tour panoramique.

C'est le bureau d'architecture zurichois Holzer Kobler Architekturen qui a été choisi pour la construction du centre archéologique public Arche Nebra.

C’est le symbole de la barque solaire qui a été choisi pour la construction du centre qui se dresse au-dessus de la Vallée de l’Unstrut. Visible de loin, le corps du bâtiment est recouvert d’aluminium doré et semble flotter au-dessus de sa base vitrée qui abrite l’entrée et le café. Cette barque abstraite est longue de 60 mètres et offre deux espaces d’exposition et le planétarium. La présentation permanente thématise le lieu de la découverte et l’environnement historique du disque, et l’immense baie vitrée qui la borde offre au regard du visiteur la vue sur la montagne du Mittelberg et sur la tour panoramique. En revanche, c’est la rivière Unstrut qui s’offre à l’œil du visiteur par la fenêtre panoramique de l’espace de la présentation temporaire. Le puis de lumière ouvert qui relie le rez-de-chaussée et le premier étage symbolise le rapport au ciel. La base en crépis qui abrite les salles de séminaire et les bureaux semble quant à elle émerger du flanc de la colline.

alternative de l'image à compléter
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lCentre archéologique public

Un signe visible loin à la ronde marque le lieu exact de la découverte. Une tour conique de trente mètre de haut s’y dresse. S’élargissant par le haut, inclinée de 10 degrés vers le nord et fendue sur toute sa longueur pour indiquer le solstice d’hiver, elle reprend les principes de calcul du disque céleste. Une fois par jour le soleil traverse sa longue fente verticale, ce qui dirige ses rayons vers la montagne du Brocken à quelques 80 kilomètres. De même que c’était le Brocken qui servait de point d’orientation pour le disque céleste à l’âge du bronze.

 

 

Bibliographie

 

  • Ute Kaufholz :Sonne, Mond und Sterne. Das Geheimnis der Himmelsscheibe(Le soleil, la lune, les étoiles - le secret du disque de Nebra) - Anderbeck, Anderbeck 2004,ISBN 3-937751-05-X
  • Office archéologique de Saxe-Anhalt (Landesamt für Archäologie Sachsen-Anhalt- éditeur):Archäologie in Sachsen-Anhalt.aux éditionDeutscher Verlag der Wissenschaften', Halle 1.2002, p. 7–31.(ISSN 0072-940X)
  • Frank Hagen von Liegnitz :Die SonnenfrauWeihnachtsgabe der WeserStrom Genossenschaft, Bremen 2002.
  • Harald Meller (éditeur):Der geschmiedete Himmel(Le ciel à l'état forgé). Le firmament vu du cœur de l'Europe il y a 3600 ans.Catalogue de l'exposition. Editions Theiss-Verlag, Stuttgart 2004, ISBN 3-8062-1907-9
  • Katja Näther, Sven Näther :Akte Nebra – Keine Sonne auf der Himmelsscheibe?(Dossier NEBRA : pas de soleil sur le disque?) Naether, Wilhelmshorst 2004, ISBN 3-934858-02-3
  • National Geographicen(de). Gruner + Jahr, Hamburg 2004, 1, p. 38–61,ISBN 3-936559-85-6
  • Uwe Reichert :Der geschmiedete Himmel(Le ciel à l'etat forgé) paru dansSpektrum der Wissenschaft.Heidelberg 2004,11, p. 52–59.(ISSN 0170-2971)
  • Der Sternenkult der Ur-Germanen(Le culte des étoiles des premiers Germains) paru dans l'hebdomadaire allemand DER SPIEGEL (édition du 25.11.2002).

 

Notes et références

  1. La représentation des Pléiades sous cette forme et à cette époque se trouve aussi sur des objets découverts àSumeret cette constellation joue un rôle éminent dans l'établissement des calendriers agricoles.
  2. Hypothèse portée par W. Schloser, cité dansLe disque de Nebra, religion et société en Gaule, Errance, 2006, 42-43.

 

Vidéo

 

 


 

 

 


 
 
 

 

 

 

 

Liens

Notamment les liens en allemand :

 

 

 

Le disque solaire de Nebra : Vrai ou faux

 

Le disque céleste de Nebra

Le disque céleste de Nebra est certainement l’une des plus fameuses découvertes archéologiques d’Allemagne. En effet, ce disque vieux de 3 600 ans, représente des étoiles et des planètes. Le disque de Nebra est considéré comme la plus ancienne représentation du ciel.
Or, son authenticité est remise en cause par un archéologue.

 


puce1.gifDécouverte du disque céleste

C’est en juillet 1999 que des fouilleurs apparemment clandestins ont découvert le disque à Nebra-sur-Unstrut en Saxe-Anhalt (Allemagne), sur un site riche en objets de l'âge du Bronze.

En février 2001, l'archéologue allemand Harald Meller qui entend parler de cet objet mis en circulation sur le marché noir alerte la police. Les pilleurs tombent dans le filet ce qui permet à l’archéologue de pouvoir examiner le disque.

Le disque de Nebra est un disque de bronze pesant à peu près 2 kg et d'environ 30 cm de diamètre.
Le disque en bronze a été enterré il y a 3 600 ans au sommet du Mittelberg près de Nebra, avec des épées d‘apparat, des bijoux et d‘autres objets.

On peut observer sur cette plaque circulaire des points supposés être des étoiles, le Soleil ou une pleine Lune selon les chercheurs ainsi qu’un croissant de Lune.

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Le Disque de Nebra (Exposition de Vienne en 2005). © dinosoria.com

Pour Harald Meller, il s'agirait d'une représentation du ciel pour un observateur qui se serait situé en Allemagne à l'apparition des Pléiades il y a 3 600 ans.

On y retrouve également un arc de 82 degrés représentant l'écart entre les points de l'horizon où le soleil se lève (ou se couche) aux solstices d'été et d'hiver. La valeur de cet angle correspond bien à la latitude du lieu de la découverte.

puce1.gifUn calendrier agricole ?

Le disque de Nebra est considéré comme une sorte d’aide-mémoire astronomique.

Wolfart Schlosser considère ce disque comme un calendrier agricole destiné à repérer le début et la fin des travaux des champs dans l'Allemagne de l'âge du bronze. Il se base essentiellement sur le fait que les étoiles pourraient être les Pléiades, dont les dates de lever et de coucher sont utilisées dans d'autres sociétés passées ou contemporaines à cet usage.

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Le Disque de Nebra (Exposition de Vienne en 2005). © dinosoria.com

Bien évidemment, cette découverte suscite de nombreuses questions. La réalisation d’un tel calendrier réclame de bonnes connaissances astronomiques. Or, à cette époque, nos ancêtres n’étaient pas sensés observer la voûte céleste et encore moins établir de savants calculs.

puce1.gifLe disque de Nebra serait-il un faux ?

L’authenticité du disque a été remise en question par Peter Schauer, un archéologue de l’Université de Ratisbonne.
Il estime que la patine verte qui recouvre l’objet, et semble ancienne, ne l’est pas. Il affirme qu’elle a été recréée artificiellement dans un atelier en utilisant de l’acide, de l’urine et une lampe à souder.

Il semblerait également que l’indentation sur les bords du disque n’ait pas été faite avec de l’outillage de l’Âge du Bronze.

D’autres experts rejettent ses allégations. Le Professeur Josef Riederer a déclaré au Tribunal que « l’examen de la patine confirmait bien son ancienneté ».
Des analyses chimiques ont révélé que le disque provenait bien du site de Nebra.

Cependant, l’enquête continue actuellement.

V.Battaglia (11.11.2005)



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