Wikistrike

Wikistrike

Rien ni personne n'est supérieur à la vérité

Le maïs transgénique MON810 toxique pour une coccinelle

Publié par wikistrike.com sur 20 Mars 2012, 10:09am

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

Le maïs transgénique MON810 toxique pour une coccinelle

 

coccinelle.jpgUne étude menée en laboratoire montre les effets délétères du maïs transgénique MON 810 sur les larves d'une espèce de coccinelle. Mais il est peu probable que l'insecte soit exposé à la toxine dans les conditions naturelles.

Les coccinelles victimes collatérales du maïs transgénique MON 810? C'est ce que montre une étude publiée dans le dernier numéro de la revueEnvironnemental Sciences Europe et aussitôt reprise par le ministère de l'Agriculture pour justifier l'interdiction de la culture de ce maïs transgénique en France, publiée dimanche au Journal officiel. 

 L'équipe, dirigée par la biologiste Angelika Hilbeck de l'Institut fédéral suisse de technologie de Zurich, a confirmé que la toxine Cry1Ab, sécrétée par ce maïs génétiquement résistant à des chenilles parasites (pyrale et sésamie), avait un effet délétère sur les larves d'une espèce de coccinelle (Adalia bipunctata). S'ils mettent un terme à la polémique, parfois violente, qui oppose depuis trois ans plusieurs équipes de recherche (les uns trouvant un effet, les autres non), ces travaux ne résolvent pas tout pour autant.

«C'est l'éternel problème de la toxicité et de l'exposition au risque» explique auFigaro, Denis Bourguet, biologiste à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). En effet, les coccinelles ont mangé, en laboratoire, des aliments contenant de la toxine Cry1Ab présente dans le maïs MON810 de la firme américaine Monsanto. Mais rien ne dit que ces charmantes «bêtes à bon Dieu», qui sont également de précieux auxiliaires de l'agriculture, sont victimes de cette substance lorsqu'elles sont dans le milieu naturel.

«C'est peu probable, poursuit Denis Bourguet. Tout d'abord, parce que ces coléoptères sont peu présents dans les champs de maïs. Ensuite, parce qu'ils se nourrissent essentiellement de pucerons qui sont , eux-mêmes, dépourvus de toxine Cry1Ab». En clair: l'impact réel du MON 810 sur les populations de coccinelles pourrait être très limité. Et en tout cas bien inférieur à celui des insecticides chimiques que ce maïs transgénique a justement pour but de remplacer… Pour en avoir le cœur net, il faudrait procéder à une expérimentation au champ, suggère Angelika Hilbeck. Mais il n'est pas certain que les résultats soient plus concluants.

Il y a une dizaine d'années, une étude similaire menée en laboratoire sur des chenilles de monarque, l'emblématique papillon du continent nord-américain, avait suscité une émotion quasi planétaire. Mais deux ans, plus tard, dans une indifférence médiatique quasi générale, plusieurs études au champ démontraient sans le moindre doute que les chenilles de monarque n'étaient jamais en contact avec le pollen de maïs transgénique. Et que la raréfaction de ce lépidoptère était essentiellement due à la disparition de son milieu naturel…

«En fait on prend le problème à l'envers, tempête Denis Bourguet. Il vaudrait mieux inventorier précisément les espèces d'insectes présentes dans les champs de maïs et identifier ensuite, en laboratoire, celles qui sont sensibles à la toxine.»

Reste à savoir maintenant quelle sera l'appréciation de l'Agence européenne de sécurité sanitaire (Efsa), chargée par la Commission de Bruxelles, de vérifier la pertinence scientifique de la requête transmise par la France le 20 février dernier en vue d'interdire , à nouveau, la culture du maïs MON 810. Cette dernière présente-t-elle «un risque important mettant en péril de façon manifeste la santé humaine, la santé animale ou l'environnement» et motivant l'«urgence» d'une mesure d'interdiction comme l'exige la réglementation européenne? Rien n'est moins sûr.

Lundi après midi, l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM), qui a déjà obtenu cet automne devant la Cour européenne de justice de Luxembourg et devant le Conseil d'État l'annulation du précédent moratoire décidé en février 2008, dans la foulée du Grenelle de l'Environnement, a fait savoir qu'elle s'apprête à attaquer en justice l'arrêt du gouvernement français. Le feuilleton continue.

 

Source: Le Figaro

Archives

Articles récents