Le président-fondateur de Sea Shepherd défendait les requins, d'autres requins l'attaquent pour meurtre, un comble !


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Paul Watson, l'emblématique président de l'ONG Sea Shepherd, pourrait être extradé vers le Costa Rica

Fervent défenseur de l’écosystème marin depuis plus de quatre décennies, Paul Watson a été appréhendé hier à l’aéroport de Francfort.

 

C’est évidemment un coup très dur pour l’ONG Sea Shepherd, que M. Watson a fondée en 1977 et qui reste sur deux beaux succès dans la bataille intense qu’elle mène contre les baleiniers japonais. Personnage charismatique qui nous a accordé un long entretien l’année dernière, réputé pour sa détermination, intacte malgré les années et la passivité de la grande majorité des gouvernements en matière de protection des espèces marines, radical dans ses propos comme dans ses méthodes, il a été interpellé à la suite d’un mandat lancé par le Costa Rica.

Une démarche d’autant plus déconcertante que ce pays est connu pour son ardeur à ménager sa biodiversité [NDLR : Secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) depuis mai 2010 et à ce titre « madame climat » de l'ONU, Christiana Figueres est par ailleurs originaire du Costa Rica], en tout cas terrestre… Les autorités nationales accusent en fait M. Watson, qui était en transit pour la France, est actuellement détenu par la police dans une prison de la métropole hessoise et pourrait être extradé, d’être passé outre les règles du trafic maritime.

Les faits remontent à 2002, nous a expliqué Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France. À l’époque, l’association tournait le film Sharkwater et était intervenue« dans le cadre d’une opération illégale de shark finning » – une pratique répugnante qui consiste à couper les ailerons des requins pour ensuite les rejeter en mer (ce qui est synonyme de mort certaine pour les squales), interdite dans plusieurs pays et sur laquelle l’Union Européenne (UE) entend durcir la législation – menée par l’équipage du bateau costa-ricain Varadero.

José Bové et Daniel Cohn-Bendit en soutiens

Ce dernier se serait vu enjoindre par les militants de stopper ses activités et de retourner au port pour y être poursuivi sur ordre des pouvoirs publics guatémaltèques. Mais alors qu’ils escortaient le Varadero, les rôles auraient été inversés et un vaisseau militaire du Guatemala aurait été dépêché en vue d’une interception du navire de Sea Shepherd. Afin de l’éviter, il semblerait que les militants aient décidé de mettre le cap sur le Costa Rica, où ils auraient découvert encore plus d’activités illégales de shark finning.

« Les pêcheurs incriminés avaient accusé M. Watson de tentative de meurtre, ce qui est démenti par les images vidéos de l’action (voir ci-dessus) et les quarante-cinq témoins présents à bord », assure Mme Essemlali, qui souligne également que « deux juges successifs avaient classé l’affaire, avant qu’un troisième ne cherche à faire emprisonner (le président-fondateur de Sea Shepherd) pendant un an, le temps de mener l’enquête ».Et de poursuivre : « M. Watson avait refusé de se plier à cette mascarade et était parti avec son navire, les autorités costa-ricaines aux trousses. Un an plus tard, il avait téléphone au juge pour savoir où en était son affaire, ce à quoi on lui a répondu  que l’enquête ne commencerait qu’à partir du moment où il serait derrière les barreaux. Le juge a d’ailleurs proposé à M. Watson de payer la somme de cent mille dollars (environ soixante-dix-huit mille euros), en échange de quoi l’affaire serait classée. Il a refusé et l’histoire en était restée là… »

Ainsi le président-fondateur de Sea Shepherd, ce « poil à gratter » souvent inquiété, mais qui s’en est toujours tiré à bon compte jusqu’à présent, pourrait-il prochainement être incarcéré. À moins que, dans un sursaut de bon sens que souhaite l’ensemble des écologistes, les pouvoirs publics costa-ricains n’abandonnent les charges retenues contre lui.

M. Watson a reçu le soutien des eurodéputés EELV (Europe Écologie-Les Verts) José Bové et Daniel Cohn-Bendit. Ils sont loin d’être les seuls à croiser les doigts pour cet homme hors du commun et dont, manifestement, l’opiniâtreté dérange.

 

Source: Zegreenweb

Tag(s) : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie
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