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Le rapt du Premier ministre est le symptôme de la désintégration de la Libye

Publié par wikistrike.com sur 11 Octobre 2013, 08:08am

Catégories : #Politique internationale

Le rapt du Premier ministre est le symptôme de la désintégration de la Libye

 

 

 

 

 

 

bhl_libye_37-1.jpgPatrick Haimzadeh, ancien officier, puis diplomate arabisant, a été en poste en Libye, où il retourne régulièrement. Il a publié Au cœur de la Libye de Kadhafi (Editions Jean-Claude Lattès) en 2011 et prépare un nouvel ouvrage sur l’insurrection libyenne. Il réagit à l'enlèvement du Premier ministre libyen Ali Zeidan, ce matin à l'aube, par un groupe d'ex-rebelles qui l'ont relâché ce midi.



Pourquoi avoir séquestré quelques heures le Premier ministre
?

D’abord ces groupes d’ex-rebelles ont leur propre agenda. On peut imaginer que le groupe qui a arrêté quelques heures le Premier ministre, réputé proche des Occidentaux et des Américains, a répondu à l’enlèvement du chef présumé d’Al-Qaeda Abou Anas al-Libi, samedi, par les forces spéciales américaines. Ce kidnapping serait un message nationaliste
: on arrête Zeidan parce que pèsent sur lui de lourds soupçons de corruption et quil surtout est proche des «étrangers». Ce rapt sinscrit dans la logique de dégradation à laquelle on assiste depuis la chute de Kadhafi, en 2011. Il s’agit d’un épisode de plus dans une spirale de désintégration et de morcellement du pays.

Pourquoi parler de morcellement ?

Less groupes ex-rebelles de Cyrénaïque ont stoppé l’exportation de pétrole brut ces dernières semaines en bloquant les principaux ports de l'est. Ces groupes considèrent que plus d’argent de pétrole doit leur revenir. A partir d’aujourd’hui, ils peuvent dire
: «Vous voyez, on ne peut même pas traiter avec un Premier ministre si faible et en plus se fait enlever par ses propres troupes chargées d’assurer sa sécurité».

Que dit cet enlèvement de la situation actuelle
?

Politiquement, les lois passent sous la pression des armes qui sont partout. Il y a un fort repli des Libyens sur des identités primaires
: régions, villes, tribus, quartiers. On ne pourra pas voir surgir un homme fort car les Libyens ne veulent plus dune figure centrale. Le schéma le plus pessimiste, cest personne ne répond plus de rien. A Benghazi, il ny a pas une journée sans un règlement de compte, politique ou criminel. Les troupes rebelles ont mis la main sur les trafics de voitures, armes, et le passage de drogue. On peut parler pour certains d’une dérive mafieuse. Je ne vois pas ce qui pourra stabiliser ce pays.

 


Jean-Louis LE TOUZET

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Tilt 11/10/2013 16:08


La désintégration de la lybie à déjà atteint son paroxisme avec la mort de Khadafi.

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