Le requin tue toujours 10 fois moins que les méduses

 

requins.jpgLa décision prise par la Réunion suite aux attaques a relancé la controverse sur la protection des requins. Des spécialistes ont ainsi voulu rappeler que les squales tuent dix fois moins que les méduses et sont des maillons indispensables de l'écosystème marin.

 

Depuis dix ans, on recense entre 50 et 100 attaques de requins par an avec moins de dix morts en moyenne, indique l'"International Shark Attack File", la référence statistique dans ce domaine. Or, comme l’a indiqué à l'AFP Robert Calcagno, le directeur général de l'Institut et du Musée océanographique de Monaco, "les méduses, par exemple, tuent environ 100 personnes chaque année, même si c'est moins spectaculaire de se faire piquer par une méduse que croquer par un requin".

De même, d'un point de vue purement statistique, les squales sont beaucoup moins dangereux que les éléphants, qui "tuent 600 personnes par an", que les scorpions (5.000 décès) ou que les serpents (100.000), énumère encore M. Calcagno. Pour les spécialistes, l'augmentation de la pratique du surf et des sports nautiques explique vraisemblablement l’augmentation du nombre d’attaques au niveau mondial. De plus, la raréfaction du poisson (en raison de la surpêche) pourrait aussi inciter les requins à aller chercher de la nourriture dans des endroits où ils n'allaient pas auparavant.

D'ailleurs, bien que le nombre d’attaques grimpe, les effectifs de requins, eux, sont globalement en baisse. Entre 30 et 70 millions d’individus sont capturés chaque année. Ils sont pour la plupart destinés à la pharmacopée chinoise qui considère que l’aileron de requin est un aphrodisiaque. Or, "les requins sont indispensables aux écosystèmes marins", relève Philippe Vallette, directeur général du Centre national de la mer Nausicaa, à Boulogne-sur-mer. "S'ils disparaissent, ils ne font plus leur métier de top-prédateurs qui est de manger les prédateurs au-dessous d'eux".

Mieux connaitre les requins pour calmer les inquiétudes

Au sujet de la décision prise par la Réunion, celui-ci admet ainsi qu'éradiquer 20 requins "n'aura aucun impact sur les écosystèmes et[que] si ça peut permettre de calmer les esprits, pourquoi pas ?". Cet océanographe estime en effet qu’il est crucial de lutter contre la psychose anti-requin. Dans ce sens, il considère également qu'il faudrait davantage étudier ces poissons car "on connaît encore très mal le comportement des requins".

Mais ce n'est pas tout. Selon lui, il faudrait davantage sensibiliser les surfeurs sur les moments de la journée ou les conditions de turbidité de l'eau à éviter. "Est-ce que les surfeurs respectent les consignes données, sont-ils soucieux de bien connaître l'environnement où ils entrent ?", s'interroge de son côté l'océanographe Catherine Vadon. "Il faut être plus raisonnable, et apprendre à composer avec la nature", souligne-t-elle ainsi.

 

Source: Maxisciences

Tag(s) : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie
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