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Le sélénium : un oligo-élément encore bien mystérieux

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 20 Octobre 2011, 18:51pm

Catégories : #Science - technologie - web - recherche

 

Le sélénium : un oligo-élément encore bien mystérieux

par Nfkb0, publié le 20 octobre 2011


Le sélénium fait partie de ces minéraux que l’on appelle les oligo-éléments. Les oligo-éléments forment une ribambelle de « petits trucs » dont on s’occupe assez peu en Médecine. On adore corriger les chiffres en Médecine mais pour les oligo-éléments soit on fait comme si on ne les connaissait pas soit on supplémente à la louche, la faute à des dosages peu courants me direz-vous…

Wikipedia nous apprend que le sélénium a été nommé ainsi en analogie avec la Lune. En effet il est très souvent couplé au tellure dans la nature et les chimistes n’ont pas voulu briser ce petit couple. C’est amusant non ? Le sélénium est rigolo à étudier parce qu’il a été impliqué dans plusieurs phénomènes physiopathologiques assez surprenants. Il a refait surface récemment avec l’essai SELECT qui testait la supplémentation en vitamine E et/ou en sélénium pour prévenir le cancer de la prostate. Cet essai est négatif, la vitamine E à 400 UI/jour ferait même pire que mieux !

Le sélénium a des propriétés redox intéressantes pour les êtres vivants. C’est un capteur d’électrons limitant/contrôlant les cascades d’oxydo-réduction. Il est particulièrement connu pour être au coeur de la glutathion peroxydase (GPx). La sélénocystéine est un acide-aminé rare, pierre angulaire des sélénoprotéines, cet acide aminé est « représenté » par un système tout à fait spécifique dans le code génétique. C’est assez amusant comme les scientifiques experts dans les éléments-traces y voit quelque chose d’éblouissant : le sélénium serait le seul oligo-élément inscrit dans notre patrimoine génétique. 

En fait il existe un système appelé SECIS qui modifie l’interprétation du codon stop UGA pour incorporer grâce à un ARNt tout à fait spécifique la sélénocystéine aux protéines. La littérature médicale a identifié plusieurs fonctions aux sélénoprotéines. Leurs rôles de contrôle de l’oxydation et de transformation des hormones thyroïdiennes sont les mieux connus.

De part leur rôle de maintient de l’intégrité cellulaire et de l’ADN, un phénomène physiopathologique très curieux a pu être identifié dans la physiopathologie d’une insuffisance cardiaque d’étiologie rare : la maladie de Keshan. Cette pathologie a été analysée à la fin des années 70 dans la région homonyme du nord-est de la Chine. Dans ces zones au sol appauvri en sélénium, la carence alimentaire a créé des conditions propices pour qu’un entérovirus banal comme le coxsackie mute.

Il gagne au passage de nouveaux facteurs de virulence irréversibles responsables de la cardiopathie. Ce type de phénomène existe probablement pour d’autres virus et certains auteurs s’interrogent sur des phénomènes parallèles avec les virus grippaux et même le VIH. La littérature épidémiologique sur le sélénium est vaste. Son analyse est vraiment complexe. Les apports alimentaires en sélénium sont extrêmement disparates. 

La région, le type de produits absorbés et les variations inter-individuelles rendent impossible de prédire un taux sanguin. Ensuite on ne connait pas réellement la sélénémie plasmatique optimale. Pour certaines pathologies comme les cancers, les individus se trouvant dans les intervalles de sélénémies plasmatiques les plus hautes semblent mieux protégés, néanmoins il est difficile impossible d’en tirer des conclusions de cause à effet. 

La sélénémie se serait-elle pas qu’un « surrogate marker » d’une alimentation correcte ? Alimentation apportant son lot de fibres, de molécules organiques bénéfiques, etc. Encore plus difficile : dans ces mêmes études épidémiologiques où les chercheurs vont souvent chercher des sous-groupes (sic), un groupe protégé pour une pathologie peut devenir à risque pour une autre. Les joies des stats et de l’épidémio !

On ne sait pas quel taux de sélénium est optimal et la courbe en U bénéfices/risques est probablement très étroite. C’est donc extrêmement compliqué d’encourager les gouvernements à réviser leurs recommandations d’apports et/ou d’enrichir les sols comme l’on fait les Finlandais. Ainsi on ne peut pas recommander une quelconque supplémentation en sélénium partout pour tous. Les complexes multivitaminés en contiennent très souvent de l’ordre de 200 microgrammes, faites attention… Mangez de l’ail et des brocolis, c’est le mieux à faire.

 

source : maxisciences


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