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Le téléchargement de l'esprit humain dans un ordinateur : bientôt une réalité ?

Publié par wikistrike.com sur 13 Décembre 2011, 19:15pm

Catégories : #Science - technologie - web - recherche

 

Le téléchargement de l'esprit humain dans un ordinateur : bientôt une réalité ?

 

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Le téléchargement de l'esprit (Mind uploading en anglais) est une technique hypothétique qui pourrait permettre de transférer un esprit d'un cerveau à un ordinateur, en l'ayant numérisé au préalable. Un ordinateur pourrait alors reconstituer l'esprit par la simulation de son fonctionnement, sans que l'on ne puisse distinguer un cerveau biologique « réel » d'un cerveau simulé.

 

Fondements théoriques

Les neurosciences et le courant scientifique du béhaviorisme ou comportementalisme (qui concerne aussi bien les spécialistes du langage que les psychologues) considèrent que des fonctions importantes telles que l'apprentissage, la mémorisation, la conscience, ne sont que les manifestations des processus physiques et électrochimiques à l’œuvre dans le cerveau. A ce titre, ces fonctions sont gouvernées par les lois de la physique. Bien que ce point soit historiquement contesté par plusieurs courants philosophiques, de nombreux chercheurs tels que Ray Jackendoff pour la linguistique par exemple, considèrent que les facultés cognitives sont soumises aux lois de la physique; Christof Koch et Giulio Tononi ont publiés dans la revue IEEE Spectrum un article dans lequel ils affirment :

« la conscience est une part de la nature. Nous pensons qu'elle ne dépend que des mathématiques et de la logique, ainsi que des lois mal connues de la physique, de la chimie et de la biologie; il n'y a rien de magique ou d'un autre monde dans cela. »

Ainsi le concept de téléchargement de l'esprit repose sur une philosophie mécaniste et sa vision matérielle de l'esprit, déniant ainsi toute considération vitaliste de la vie humaine et de la conscience.

De nombreux scientifiques des disciplines de l'informatique et des neurosciences ont prédit que les ordinateurs seraient capables de reproduire la conscience. Outre Koch et Tononi, Douglas Hofstadter, Jeff Hawkins, Marvin Minsky, Randal A. Koene, and Rodolfo Llinas. ont également pris position allant en ce sens. Selon eux si une machine offre une capacité de traitement suffisante, elle doit pouvoir servir de substrat pour le chargement d'une copie d'un modèle cognitif extrait depuis un cerveau.

 

Intelligence artificielle

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Super-Ordinateur IBM utilisé à Madrid pour le sous projet Blue Brain espagnol Cajal Blue Brain

 

Même si le principe relève très largement de la science fiction, en théorie, le téléchargement des structures neuronales d'un individu dans un système numérique pourrait permettre de simuler le fonctionnement cognitif d'un individu. Les obstacles à franchir pour atteindre ce type de fonctionnalité sont néanmoins innombrables et très difficiles à résoudre.

Il conviendrait en effet de disposer d'un modèle computationnel cognitif fiable (c'est-à-dire un système logique susceptible de reproduire le fonctionnement d'un cerveau humain). Certaines recherches vont dans ce sens tel le projet NeuroSpin qui par imagerie cérébrale tente de comprendre certains aspects du modèle cognitif du cerveau humain. La découverte des mécanismes cérébraux ne suffit pas. Il conviendrait également de disposer d'un cerveau synthétique susceptible de recevoir le modèle cognitif. Le projet Blue Brain, littéralement « cerveau bleu », a pour objectif de créer un cerveau synthétique par processus d’ingénierie inverse. Fondé en mai 2005 à l'École Polytechnique de Lausanne en Suisse, ce projet étudie l'architecture et les principes fonctionnels du cerveau en partenariat avec IBM.

Le plus ardu des problèmes posé par une tentative de sauvegarde de l'organisation d'un cerveau humain serait celle de la récupération du modèle cérébral d'un individu. A ce jour, aucune technologie n'est en mesure de numériser la complexité du cerveau. Ce dernier contient plus de 100 milliards de cellules nerveuses appelées neurones, toutes reliées individuellement avec leurs voisines par l'intermédiaire des axones et des dendrites. Les signaux échangés entre les terminaisons de ces connexions dites synaptiques sont encore mal connus et reposent sur des échanges à la fois chimiques et électriques.

Néanmoins, plusieurs théoriciens ont présentés des modèles de cerveau artificiel qui cherchent à estimer la puissance de calcul et de stockage qui serait nécessaire pour mener à bien une simulation du cerveau complète ou partielle. Ces modèles considèrent tous qu'il faudrait des décennies avant que la technologie ne permette de tester ces modèles, en admettant par ailleurs que la Loi de Moore s'applique toujours,

 

Dans la culture et la philosophie

La question de la reproduction des mécanismes du cerveau humain par une machine est un sujet étudié par les philosophes. Cette question est soulevée par la question de la dualité de l'esprit. En philosophie, le dualisme se réfère à une vision de la relation matière-esprit fondée sur l'affirmation que les phénomènes mentaux possèdent des caractéristiques qui sortent du champ de la physique. Néanmoins, la culture et en particulier la littérature de science fiction n'ont pas hésité à explorer le concept de transfert de la personnalité d'un individu dans une machine.

 

Littérature

La numérisation de l'esprit humain est un des concepts clé de La Cité des permutants de Greg Egan. La technique retenue par Egan est que les fonctions physiologiques du cerveau sont tout simplement modélisées par ordinateur tout comme pourrait l'être un mécanisme de montre. Le principal problème est que la capacité de calcul est tellement énorme que ces êtres numériques vivent dans un monde 17 fois plus lent que le vrai monde. Dans ce roman, un scientifique effectue des tests pour savoir si une personne numérique perçoit le fait que le processus de simulation peut être fragmenté en plusieurs lieux, voire être exécuté à l'envers.

Dans le roman libre d'anticipation Autonomy Project de Jean-Michel Smith, une communauté de chercheurs déviants / hackers dans la lignée de la communauté des logiciels libres parvient à transférer une conscience humaine dans un dispositif technologique s'apparentant à un ordinateur. L'esprit ainsi transféré parvient à continuer de vivre sans son corps physique. Il est ainsi possible de faire des clones de ces consciences, ce qui ne va pas toujours sans poser des problèmes. Dans La Grande Rivière du ciel de Gregory Benford, les esprits des morts sont numérisés pour être utilisés comme conseillers auprès des vivants, suivant la qualité de la récupération ils peuvent s'approcher d'une personne véritable (aspect), ou n'être que des versions diminuées (visages). Dans la nouvelle Le Dernier Fantôme, cette technique, et l'immortalité qu'elle assure, condamne à la solitude perpétuelle le fantôme du dernier homme à n'en avoir pas bénéficié.

Dans le roman de science fiction La Possibilité d'une île de Michel Houellebecq, elle est mentionnée comme un composant de la technique permettant de vivre, jeune, plusieurs vies successives avec un corps et un esprit identiques.

Dans la saga de L'Aube de la nuit de Peter F. Hamilton (qui se passe au xxvie siècle), une sous-espèce s'est formée dans le genre humain : les Edénistes. Contrairement aux Adamistes (le reste de l'humanité), ils se reproduisent avec des matrices biotechnologiques et ils ont créé des habitats biotech en orbite, dotés d'une immense strate neurale dans laquelle ils téléchargent leur mémoire après leur mort. Dans le roman de science-fiction Calculating God de Robert J. Sawyer, des civilisations extra-terrestres abandonnent complètement la vie matérielle au profit de leur numérisation.

Dans la saga de John Scalzi (Le Vieil Homme et la Guerre, Les Brigades fantômes et La Dernière Colonie), l'esprit humain est téléchargé sur des ordinateurs avant d'être retransféré vers un nouveau corps.

Dans la saga Les Cantos d'Hypérion, de Dan Simmons, le principe du voyage spatial repose entièrement sur la destruction du corps sous l'effet de l'accélération des vaisseaux et sa régénération avec téléchargement de la mémoire du voyageur.

 

Films

De nombreux films de science fiction utilisent le concept de téléchargement de l'esprit.

Ghost in the Shell utilise le concept de « Ghost » pour parler d'une personnalité numérique. Dans ce film d'animation elles sont victimes de piratage informatique de la part du « Puppet Master ».

Le concept des films Matrix et ses suites a recours en permanence à des opérations de téléchargement de l'esprit.

Passé virtuel (The Thirteenth Floor) est entièrement basé sur une idée de téléchargement de l'esprit.

 

À la télévision

Dans la série Stargate SG-1, on trouve plusieurs occurrences de téléchargements d'esprit.

L'épisode Révélations voit l'esprit de Thor, le commandant suprême de la flotte Asgard, téléchargé dans l'ordinateur du vaisseau d'Anubis.

Dans l'épisode Vaisseau fantôme (Lifeboat), les passagers d'un vaisseau sont transportés en hibernation, leur métabolisme ralenti et leur esprit « sauvegardé » dans l'ordinateur du vaisseau pour éviter que l'esprit ne souffre de l'état du corps. Mais lorsque le vaisseau se crashe, leurs esprits incapables de retrouver leur corps originel s'incarnent tous dans une même personne.

Dans l'épisode Transfert (Holiday), les personnages voient leurs esprits transférés d'un corps à l'autre par une méthode peut-être similaire.

Dans la série télévisée BattleStar Galactica, l'esprit des Cylons est téléchargé dans un nouveau corps après leur mort, via un vaisseau de résurrection. Dans la série dérivée Caprica, on apprend que l'esprit du premier Cylon créé provient d'un humain.

Dans la série d'animation Code Lyoko, les personnages sont « virtualisés » et pénètrent dans l'ordinateur par ce procédé.

 

Jeu vidéo

Dans Deus Ex, JC Denton a la possibilité de fusionner avec l'intelligence artificielle Helios.

Dans Perfect Dark, Joanna télécharge la personnalité du Dr Carol depuis un ordinateur.

Dans Portal 2, GLaDOS est en partie basée sur Caroline, la secrétaire du directeur d'Aperture Science.

 

Jeu de rôles

Transhuman Space dont l'univers se situe en 2100, propose ce concept sous une forme « destructive », le cerveau étant découpé en tranches moléculaires par un robot « buisson » aux bras fractals, pour être numérisé. Ce même jeu explore aussi le concept de xoxing, c'est-à-dire de s'affranchir de la barrière 1:1 (une personne physique pouvant avoir plusieurs copies actives d'elles-mêmes ; plusieurs Einstein, plusieurs Ben Laden, plusieurs "Rambo-like").

 

Source :

 (en)Whole Brain Emulation: A Roadmap [archive] ed. Future of Humanity Institute, Oxford University

a et b Christof Koch, « Can machines be conscious? », dans IEEE Spectrum, vol. 45, 2008, p. 55 [lien DOI [archive]]

a et b IEEE Spectrum Special Report on the Singularity [archive]

 Marvin Minsky, Conscious Machines, in 'Machinery of Consciousness', Proceedings, National Research Council of Canada, 75th Anniversary Symposium on Science in Society, June 1991.

 MindUploading.org [archive]

 (en) R Llinas, I of the Vortex: From Neurons to Self, Cambridge, MIT Press, 2001, 1re éd. (ISBN 978-0-262-62163-2) (LCCN 00041863), p. 261–262

http://www.kurzweilai.net/articles/art0157.html?printable=1 [archive]

 Hart, W.D. (1996) "Dualism", in Samuel Guttenplan (org) A Companion to the Philosophy of Mind, Blackwell, Oxford, 265-7.

 (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Mind uploading » (voir la liste des auteurs)

 

 

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