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Le végétarisme comme nouveau monde(partie III)

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 3 Mars 2011, 09:07am

Catégories : #Santé - psychologie

 

      Le végétarsime comme nouveau monde (Partie III) - Le végétarisme et les religions abrahamiques


 

Religions abrahamiques

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Pour les religions abrahamiques (judaïsme, christianisme, islam, rastafarisme), le premier homme, Adam, était végétarien/végétalien (plafond de la chapelle Sixtine, au Vatican, par Michel-Ange).

Pour le judaïsme, le christianisme, le rastafarisme et l'islam, qui ont un fond culturel commun concernant l'histoire de l'humanité – celle en rapport avec la Bible –, le végétarisme/végétalisme était à l'origine la pratique alimentaire de l'humanité (voir la Génèse : I:29) et du reste du monde animal (Génèse : I:30), végétarisme qui existait au Jardin d'Éden jusqu'au Déluge, ce qui signifie que, pour ces religions, les premiers êtres humains créés par Dieu, – Adam et Eve –, et leurs descendants, étaient végétariens/végétaliens, et ce, pendant dix générations . Si l'on tient compte de la Bible hébraïque originelle, dénuée d'interprétations « chrétiennes » ou anthropocentristes (le Dieu chrétien s'est fait homme pour les seuls hommes ), interprétations influencées par les Pères de l'Eglise combattant la croyance en la métempsychose  (lié au au manichéisme, au pythagorisme, à Empédocle, au pharisaïsme), par l'influence du néoplatonisme qui instille une rupture entre l'homme et les autres créatures, et par les rapprochements métaphoriques entre les démons et les bêtes (le serpent du Péché originel fut assez tardivement identifié au diable, ce que la Génèse ne faisait pas), on remarquera, alors, que, dans le judaïsme primitif, la domination sur les poissons et les oiseaux par un Adam végétarien et ses successeurs n'est que de l'ordre du concept et non de la pratique , le titre de souverain des animaux n'étant qu'honorifique, la Genèse n'indiquant nulle part qu'ils ont besoin d'être dirigés ou qu'ils doivent l'être pour accomplir leur destinées, eux qui d'ailleurs louent à leur manière Dieu (Psaumes, CXLVIII:10).

Dans l'islam, il n'y a aucune interdiction dans le fait d'être végétarien (ce dernier mangeant ainsi parfaitement halal), quoique cette pratique demeure peu commune dans le monde musulman ; le végétarisme gagne néanmoins des adhérents en terre arabe et musulmane, car il n'est pas halal d'élever un animal comme une machine, et que les animaux aussi méritent compassion, puisqu'ils sont, comme les hommes, des créatures de Dieu. Comme le christianisme et le judaïsme, l'islam affirme que Dieu a créé les animaux . Mais à la différence du christianisme, l'islam s'intéresse étroitement à l'animal  :

« De nombreux hadîths, propos attribués au Prophète, insistent sur la douceur et la mansuétude que l'on doit observer à l'égard des animaux : l'homme qui donne à boire à un chien assoiffé, un animal impur pourtant, est assuré de la grâce divine. (...) Selon certains exégètes du verset VI, 38, il se pourrait en effet que les animaux puissent connaître eux aussi une forme de révélation qui leur soit propre, avec la promesse de la Résurrection et du Jugement. (...) L'absence d'incarnation en islam (Dieu ne s'est pas fait homme, Dieu est radicalement autre), rapproche l'homme de l'animal, rassemblés dans une condition commune . »

— Catherine Mayeur-Jaouen, l'animal dans l'islam.

Dans Animals in Islam, Al-Hafiz Basheer Ahmad Masri, qui fut l'imam de la mosquée Shah Jahan de Woking, au Royaume-Uni, de 1964 à 1968, écrit :

« Ne pas être cruel envers les animaux, ou même faire preuve d'une bienveillance condescendante à l'égard de nos soi-disant “inférieurs”, cela n'est que formulation négative. L'Islam demande que nous pensions et agissions de façon positive, en admettant les diverses espèces comme autant de communautés semblables à la nôtre, ayant leurs propres droits, et en ne les jugeant pas selon nos critères humains et nos échelles de valeurs (…) En fait, l'Islam est tellement concerné par la compassion pour les animaux que l'on peut se demander après tout pourquoi il nous a autorisés à les tuer pour notre nourriture, et pourquoi il ne nous a pas prescrit de devenir végétariens (...) D'un point de vue humanitaire, l'idéal serait que le monde entier devienne végétarien, et que soit laissée aux animaux la possibilité de vivre leur vie naturelle. »

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le Musulman soufi Bawa Muhaiyaddeen

En effet, selon le Coran (21, 107), Mahomet fut envoyé comme « secours de toute la création ». Certaines objections au végétarisme dans l'islam pourrait venir du fait qu'une pratique comme l'Aïd el-Kébir est incompatible avec le végétarisme ; ce à quoi Masri rétorque : « Pendant les premiers temps de l'Islam, la tradition d'offrir des animaux avait un sens. La viande était alors un ingrédient essentiel de l'alimentation humaine, et aucune miette n'en était perdue. De nos jours, tuer [des animaux] est devenu un rituel vide, et le sens profond [de l'acte] a été oublié. »

De plus, Soheib Bencheikh, Grand Mufti de Marseille, estime que le sacrifice d'un mouton à l'occasion de l'Aïd el-Kebir, « n'est ni un pilier de l'Islam, ni une obligation majeure comparable à la prière ou au jeûne du Ramadan » ; il ajoute que le droit musulman permet de remplacer cet acte par « un don fait dans un pays où les habitants ne mangent pas à leur faim, ce qui est plus conforme à l'esprit du partage que comporte cette pratique », d'autant plus lorsque l'on sait que l'agriculture produit la majorité de sa production céréalière pour engraisser des animaux pour leur viande, alors que des êtres humains souffrent de la faim et de la sous-alimentation de par le monde.

D'ailleurs, il existe une tradition du végétarisme au sein de l'islam, liée en particulier au soufisme. Les grands Saints soufis du passé étaient végétariens, comme Mirdad, qui déclara : « Ceux qui suivent le sentier spirituel ne doivent jamais oublier que s'ils consomment de la chair, ils devront payer ce geste de leur propre chair » Les enseignements du musulman indien et poète-saint Kabir, d'Inayat Khan et du srilankais Bawa Muhaiyaddeen encouragent au végétarisme.

Pour ce qui est du christianisme en général (catholicisme par exemple, à l'opposé du catharisme), qui lève tout interdit alimentaire (que ce soient celui des Juifs (porc par exemple) ou celui des païens (les Egyptiens, les Sabiens et beaucoup d'autres peuples idolâtres évitaient de tuer et de manger des brebis, des boucs, des bœufs), le premier concile de Braga, vers 561, énonce dans son canon 14 :

« Si quelqu'un partageant la doctrine de Manichée et Priscillien regarde comme impures les viandes que Dieu a créées pour notre nourriture, et qu'aussi il n'ose goûter des légumes même cuits avec de la viande, qu'il soit anathème. »

Ensuite, certains ordres chrétiens (Les trappistes pendant quelques décennies, et les Chartreux), mais aussi les Cathares et les Adventistes du septième jour, encouragèrent le végétarisme. En effet, les Cathares étaient végétariens comme les moines franciscains.

 

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Drapeau du mouvement Rastafari

Les Rastafaris suivent en général un régime appelé Ital, et dont la norme est végétarienne ou végétalienne/végane, afin de ne pas faire du corps un « cimetière »; ils évitent aussi d'absorber de la nourriture qui a été artificiellement préservée, aromatisée ou altérée chimiquement. Le refus de viande (voire de laitage) dans le rastafarisme se réfère aux écrits bibliques :

« Dieu ajouta: “Or, je vous accorde tout herbage portant graine, sur toute la face de la terre, et tout arbre portant des fruits qui deviendront arbres par le développement du germe. Ils serviront à votre nourriture.” »

— La Genèse 1:29 .

« “Et aux animaux sauvages, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui se meut sur la terre et possède un principe de vie, j'assigne toute verdure végétale pour nourriture.” Et il en fut ainsi. »

— La Génèse 1:30 .

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le rabbin Abraham Isaac Kooken 1924, qui écrivit Une vision du végétarisme et de la paix, et pour qui, à la venue du Mashiah, les hommes redeviendraient végétariens : « l'effet de la connaissance se propage même aux animaux... et les sacrifices dans le Temple seront composés de végétaux, et ils seront agréables à Dieu comme au temps jadis... »

Selon certains spécialistes de la Torah, comme les rabbins Bonnie Koppel, Rami Shapiro, et Yitzhak HaLevi Herzog, ancien grand rabbin d'Israël , cela signifie que l'objectif initial de Dieu était que l'homme soit végétarien car le végétarisme est l'ultime sens des enseignements moraux bibliques . Pour eux, Dieu donna par la suite la permission aux hommes de manger de la viande à cause de leur faiblesse (le penchant au meurtre fait partie de leur nouvelle nature ), mais l'idéal ou la volonté finale de Dieu pour les hommes serait qu'ils soient végétariens. La Bible avance aussi que l'homme peut manger les animaux tués, mais en respectant les règles rituelles du sacrifice (dans le judaïsme et l'islam), car sinon tuer un animal est bien un meurtre :

« Tout homme de la maison d'Israël qui égorgera un membre de gros bétail, ou une bête à laine ou une chèvre, dans le camp, ou qui l'égorgera hors du camp, sans l'avoir amené à l'entrée de la Tente d'assignation pour en faire une offrande à l'Éternel, devant son tabernacle, il sera réputé meurtrier, cet homme, il a répandu le sang ; et cet homme-là sera retranché du milieu de son peuple. (...) Car le principe vital de toute créature, c'est son sang qui est dans son corps, aussi ai-je dit aux enfants d'Israël : Ne mangez le sang d'aucune créature. Car la vie de toute créature c'est son sang : quiconque en mangera sera retranché. »

— Lévitique, XVII, 1-14 .

Et encore, il n'y a pas de certitude sur le fait que ce sacrifice puisse être toléré par Dieu :

« “Mais quel hommage offrirai-je au Seigneur ? Comment montrerai-je ma soumission au Dieu suprême ? Me présenterai-je devant lui avec des holocaustes, avec des veaux âgés d'un an ? Le Seigneur prendra-t-il plaisir à des hécatombes de béliers, à des torrents d'huile par myriades ? Donnerai-je mon premier-né pour ma faute, le fruit de mes entrailles comme rançon expiatoire de ma vie ?” Homme, on t'a dit ce qui est bien, ce que le Seigneur demande de toi : rien que de pratiquer la justice, d'aimer la bonté et de marcher humblement avec ton Dieu !  »

— Michée, VI, 6-7-8 .

« C'est que je prends plaisir à la bonté et non au sacrifice, je préfère la connaissance de Dieu aux holocaustes. »

— Osée, VI, 6 .

« La religion hébraïque et la tradition juive ont maintenu en leur sein, et au plus vif de leur prophétisme, la critique – en vue de leur abolition – de ces pratiques qui pourtant semblent constitutives du culte. »

— Elisabeth de Fontenay, Le silence des bêtes, la philosophie à l'épreuve de l'animalité.

En effet :

« Que m'importe la multitude de vos sacrifices ? Dit le Seigneur. Je suis saturé de vos holocaustes de béliers, de la graisse de vos victimes ; le sang des taureaux, des agneaux, des boucs, je n'en veux point. (...) Quand vous étendez les mains, je détourne de vous mes regards ; dussiez-vous accumuler les prières, j'y resterais sourd : vos mains sont pleines de sang. Lavez-vous, purifiez-vous, écartez de mes yeux l'iniquité de vos actes, cessez de mal faire. Apprenez à bien agir, recherchez la justice ; rendez le bonheur à l'opprimé, faites droit à l'orphelin, défendez la cause de la veuve. »

— Isaïe, I .

Pour la Bible, Dieu a donc permis à la suite du Déluge la consommation de viande (parce qu'il n'y avait plus de végétaux, selon le rabbin polonais Yitzhak Hebenstreit, dans son ouvrage Kivrot Hata'avah), permission qui induit néanmoins le respect, pour ce qui est du judaïsme (et de l'islam) toujours, des interdits et règles alimentaires qu'incarnent la casherout et qui indiquent une grande complication dans la consommation de viande (dont le nombre est limité), le Tanakh (Ancien Testament) évoquant d'ailleurs la prudence sur la certitude du destin final des créatures :

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Rabbi Samson Raphael Hirsch

« Qui sait si l'âme des fils d'Adam monte en haut, tandis que l'âme des animaux descend en bas, vers la terre ? »

— Ecclésiaste, III, 21.

« Les lois de la cacheroute nous enseignent que la préférence d'un Juif doit être celle d'un repas végétarien. Si, toutefois, il ne peut contrôler son envie de viande, il convient de prendre de la viande casher, qui sert de rappel que l'animal mangé est une créature de Dieu, que la mort d'une telle créature ne peut être prise à la légère, que la chasse est interdite, que nous ne pouvons pas traiter un être vivant sans pitié, et que nous sommes responsables de ce qui se passe à d'autres êtres (humains ou animaux), même si nous n'entrons pas personnellement en contact avec eux. »

— Le rabbin Pinchas Peli, Torah Today .

De plus, Dieu énonça après le Déluge les lois noachides (valant pour tous les hommes) qui interdisent de consommer un quartier de viande obtenu au prix d'une mutilation, d'une vivisection . Moïse Maïmonide, dans son ouvrage le guide des égarés, rappelle d'ailleurs à ce propos que c'est bien le souci de la souffrance physique et « morale » de l'animal qui rend compte de ces règles sacrées.

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Rabbi David Shlomo Rosen : « Dans la société contemporaine, plus que jamais auparavant, le végétarisme doit être un impératif pour les Juifs qui cherchent à vivre conformément aux enseignements les plus sublimes du Judaïsme. »

À propos du Talmud (Avodah Zorah 18b) qui déclare : « une grande importance est attachée au traitement humain des animaux, autant l’est-il déclaré fondamental que l’est la vertu humaine », le rabbin Samson Raphaël Hirsch, dans Horeb (chapitre 60, section 416), ajoute : « Ici vous êtes confrontés à l’enseignement de Dieu, lequel vous contraint non seulement à vous abstenir d’infliger une souffrance à quelque animal, mais à l’aider et, quand vous le pouvez, à diminuer la souffrance lorsque vous voyez un animal souffrant, même si cela n’est pas de votre faute. » Pour certains Juifs, étant donné la réduction des animaux à l'état de « choses » ou de « machines de production » dans l'état actuel du monde, avec tout ce que tout cela entraîne, le végétarisme/véganisme est vu comme une mitzvah de facto. Ainsi, l’ancien grand rabbin d’Irlande, le rabbin David Shlomo Rosen – lui-même un végétarien – est d’avis que la consommation de la viande, aujourd’hui, est interdite par la halakha : « La cruauté du traitement appliqué aujourd’hui aux animaux dans le commerce de bétail rend la consommation de viande absolument inacceptable du point de vue halakhique comme étant le produit de moyens illégitimes. »

Quoi qu'il en soit, le règne du Messie (Isaie, 11) annonce pour certains rabbins renommés, comme Rav Kook et Isaac Arama (et pour les rastafaris et les black hebrew) un retour au végétarisme/végétalisme dans le monde entier et pratiqué avant le Déluge, végétarisme s'étendant même aux créatures considérées comme carnivores (de même qu'au Paradis originel ; Génèse : I:30), pour donner lieu au spectacle d'une universelle fraternité :

« Il [le Messie] ne jugera pas sur les apparences, il ne décidera pas sur ce qu'il entendra dire, mais il jugera les faibles avec justice, il fera droit aux pauvres gens du pays, il frappera l'homme violent des arrêts de sa bouche, et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. (...) Alors le loup sera l'hôte de l'agneau, la panthère se couchera près du chevreau ; le taureau et le lion mangeront ensemble, un petit enfant les mènera ; la vache et l'ourse fraterniseront, leurs petits gîteront ensemble, Le lion comme le bœuf mangeront de la paille. Le nourrisson jouera près du trou de la vipère, dans la caverne de l'aspic, l'enfant sevré mettra la main. Il ne fera ni mal ni dégâts sur toute la montagne sainte. Car le pays sera rempli de la connaissance du Seigneur, comme les eaux recouvrent le fond de la mer. »

— Isaie, XI.

 

Le végétarisme comme nouveau monde

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