Wikistrike

Wikistrike

Rien ni personne n'est supérieur à la vérité

Le virus du sida est «difficile à transmettre» durant une relation sexuelle. selon des experts canadiens

Publié par wikistrike.com sur 3 Mai 2014, 14:10pm

Catégories : #Santé - psychologie

Le risque sexuel du sida minimisé

 

 

 

 

849003.jpgLe virus du sida est «difficile à transmettre» durant une relation sexuelle. Et les tribunaux canadiens devraient cesser d'emprisonner les porteurs du virus qui ont une relation sexuelle non protégée avec un partenaire qui ignore leur séropositivité.

Telles sont les deux conclusions d'un récent «consensus d'experts» publié hier par le Journal canadien des maladies infectieuses et de la microbiologie médicale, en vue du Congrès canadien annuel de recherche sur le VIH/sida et endossé par 70 experts du pays. Le risque de transmission du virus d'immunodéficience humaine (VIH) durant une relation sexuelle y est décrit comme «faible» dans les pires des cas (une relation anale non protégée avec un partenaire séropositif dont la maladie n'est pas contrôlée par un traitement par trithérapie), et «négligeable» en cas d'utilisation du préservatif ou si le partenaire séropositif est traité et que son organisme ne contient qu'une petite quantité de virus.

«La Cour suprême en 2012 a statué qu'une personne ne dévoilant pas sa séropositivité à son partenaire doit porter un préservatif et avoir un faible niveau de virus grâce à la trithérapie», explique Mark Wainberg, qui dirige, à l'Hôpital général juif, le Centre de recherche sur le sida de l'Université McGill. «C'est contraire aux données médicales. Si le niveau de virus est bas, il n'est pas nécessaire de porter un préservatif. Et si on porte un préservatif, il n'y a pratiquement pas de danger d'infecter un partenaire, même si notre sida n'est pas traité.»

Les scientifiques craignent que la menace de poursuites ne dissuade des personnes ayant des comportements à risque d'avoir un test de sida: si on ignore sa propre séropositivité, on ne peut être accusé d'agression. «Depuis la Cour suprême en 2012, nous avons beaucoup d'appels de gens qui craignent d'être accusés de cette manière, souvent par des ex-partenaires, comme vengeance», dit Liz Lacharpagne, coordonnatrice du service des droits de la personne et VIH chez Cocq Sida à Montréal. «Ça peut aussi être une manière de chantage pour forcer une victime de violence conjugale à rester en couple.»

Mais la qualification comme «faible» de toutes les relations sexuelles pourrait être mal interprétée, selon Joel Gallant, infectiologue à l'Université Johns-Hopkins à Baltimore et président du conseil de l'Association pour la médecine du sida (HIVMA).

«Techniquement, toutes les informations sont correctes, dit le DrGallant en entrevue téléphonique. Et je suis 100 % d'accord avec la prise de position sur les poursuites criminelles. Mais la question du risque faible pourrait être mal interprétée. C'est vrai pour une seule relation sexuelle, mais la plupart des gens en ont plusieurs. Alors leur risque augmente. Après tout, la plupart des nouvelles infections au VIH aux États-Unis sont acquises sexuellement.»

Une personne ne pourrait-elle pas juger acceptable un «risque faible» pour une relation d'un soir, de la même manière qu'elle traverse parfois sur un feu rouge quand elle est à pied - un autre risque faible. «Non, parce que les gens savent bien qu'il y a aussi le risque des autres maladies transmises sexuellement», dit Catherine Hankins, l'une des auteurs du consensus d'experts canadien, qui a été conseillère à l'ONUSIDA et travaille à l'Institut pour la santé globale et le développement d'Amsterdam. «Et il y a le risque de devenir enceinte.»

Au moins trois autres organismes ont écrit sur la question de la responsabilité criminelle d'un séropositif ne dévoilant pas son statut à un partenaire: la Commission nationale sur le sida de la Suisse dès 2008, en 2012 l'Institut national de santé publique du Québec dans le cadre des audiences de la Cour suprême, et l'ONUSIDA l'an dernier. Mais aucun de ces organismes n'a précisé que le risque de transmission du VIH lors d'une relation sexuelle non protégée avec un séropositif dont la maladie n'est pas contrôlée est faible. Le consensus d'experts dévoilé hier précise tout de même qu'il ne doit pas être pris en compte pour l'élaboration des programmes de prévention.

 

Le ministère canadien de la Justice a suggéré à La Presse de consulter le ministère fédéral de la Santé, qu'il n'a pas été possible de joindre hier. Le ministère québécois de la Santé a demandé La Presse de consulter l'INSPQ, dont la relationniste Nathalie Labonté a indiqué qu' «à la lumière des avancées scientifiques, des travaux sont en cours à l'Institut pour mieux évaluer ce risque dans différentes situations», mais que «les actions de prévention et d'information doivent se poursuivre».

 

 

http://www.lapresse.ca/actualites/sante/201405/02/01-4763216-le-risque-sexuel-du-sida-minimise.php

Commenter cet article

Archives

Articles récents