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Les Egyptiens et leurs momies avaient droit à de vraies prothèses

Publié par wikistrike.com sur 6 Octobre 2012, 08:00am

Catégories : #archéologie - Histoire - Préhistoire - Patrimoine

 

Les Egyptiens et leurs momies avaient droit à de vraies prothèses


une-prothese-egyptienne-toujours-en-place-sur-une-momie-cre.jpgLes égyptologues connaissaient depuis longtemps la présence de prothèses sur certaines momies, mais leur efficacité et leur confort n'étaient pas vraiment connus. Jacky Finch a donc fait tester deux faux orteils pour des résultats très probants. Cela en fait les plus vieilles prothèses fonctionnelles connues.

Dévorés par un sphinx, écrasés par un sarcophage ou happés par un crocodile, on ne saura jamais ce qui est arrivé aux doigts de pied manquants de certaines momies égyptiennes. Les chercheurs s’intéressent par contre aux prothèses qui étaient ajoutées pour remplacer ces parties manquantes. Étaient-elles vraiment utilisables ou ne s’agissait-il que de simples ajouts pour "compléter" les momies ? Une étude à ce propos a été publiée dans le numéro d’octobre du Journal of Prosthetics and Orthotics.

Au cours de ces travaux, deux prothèses antiques ont été étudiées. La plus ancienne est composée de parties en bois reliées par du cuir. Elle date d’entre 950 et 710 av. JC et est conservée au British Museum de Londres. L’autre est faite en ce que l’on pourrait appeler du "papyrus mâché", elle date d’au moins 600 av. JC. et provient du musée égyptien du Caire. Or, si elles sont étonnantes, on peut les soupçonner d'être purement rituelles et décoratives car la question de la conservation et de l'intégrité des morts est en effet primordiale dans la religion des anciens égyptiens.

Un tapis spécial et des caméras

"Plusieurs experts ont examiné ces objets et ont suggéré qu’il s’agissait des plus anciennes prothèses connues, explique Jacky Finch de l’université de Manchester. Il y a de nombreux cas en Égypte antique où des fausses parties du corps ont été ajoutées lors d’une inhumation, mais les traces d’usure et leur forme nous font penser qu’elles ont bien été utilisées par les gens pour marcher. Les essais pour prouver cette hypothèse ont demandé un processus complexe et plein de défis qui impliquait des experts, non seulement dans les pratiques funéraires égyptiennes, mais aussi dans la fabrication de prothèses et de l’étude par ordinateur de la marche".

Jacky Finch a alors créé des copies de ces prothèses et recruté deux volontaires dépourvus de gros orteil droit. Les prothèses ont été adaptées à leur morphologie mais ont gardé leur forme générale. Les tests se sont fait sur des aller-retour de dix mètres de trois manières différentes : pieds nus, en chaussures normales et enfin avec des répliques de sandales égyptiennes. La marche des volontaires a été scrutée par dix caméras et a eu lieu sur un tapis spécial qui mesurait la pression exercée par leurs pieds. Les mouvements de leur pied gauche, intact, servent de groupe de contrôle.

Des prothèses pour mieux marcher avec des sandales

Lorsqu’un des volontaires a utilisé une réplique de la seconde prothèse et des sandales, son pied droit a obtenu une flexion égale à 87% de celle produite par son pied valide. Les résultats pour la prothèse en bois étaient de l’ordre de 78%. Avec les prothèses et des sandales, la pression sur le pied était répartie équitablement et ne causait ni inconfort, ni lésions. Par contre sans prothèse, le tapis détectait de nombreux pics de pression localisés.

"Les données de pression nous indiquent qu’il devait être difficile pour un Egyptien de l’Antiquité, à qui il manquait un gros orteil, de marcher normalement avec des sandales traditionnelles, en conclue Jacky Finch. Ils pouvaient bien sûr rester pieds-nus ou peut-être porter des espèces de chaussettes ou de bottes par-dessus, mais nos recherches suggèrent que porter ces faux orteils rend la marche en sandales plus confortable."

Le précédent record a été détruit

Interrogés sur leur confort, les deux volontaires ont plébiscité la réplique en bois, malgré ses résultats moins bons lors du test. "Il est très encourageant que les deux volontaires aient été capables de marcher avec ces imitations. Maintenant que nous avons des données sur leur démarche et les commentaires des volontaires, ainsi que les traces d’usure sur les originaux, nous pouvons donner plus d’arguments de poids pour dire que les artefacts originaux avaient bien une fonction de prothèse utilitaire", affirme Jacky Finch.

Cela en ferait les exemples les plus anciens connus. Auparavant, le record était détenu par une fausse jambe romaine en bois et en bronze datée de 300 av. JC. Ce trésor de lamédecine et de l’archéologie a malheureusement été détruit lors du bombardement de Londres pendant la seconde guerre mondiale.

 

Source: Maxisciences

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