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Les Indiens yanomami appellent le Venezuela à agir contre les orpailleurs clandestins

Publié par wikistrike.com sur 29 Septembre 2012, 19:52pm

Catégories : #peuples du monde

Les Indiens yanomami appellent le Venezuela à agir contre les orpailleurs clandestins

Les Yanomami affirment que leurs vies et leurs terres sont ‘détruites et contaminées’ par l'orpaillage clandestin.
Les Yanomami affirment que leurs vies et leurs terres sont ‘détruites et contaminées’ par l'orpaillage clandestin.
© Survival

Les Indiens yanomami appellent le gouvernement vénézuélien à réagir face au problème de la ‘présence’ et de ‘l’impact’ de l’orpaillage illégal, plutôt que de nier l’existence de ce fléau.

Dans une déclaration émise par l’organisation yanomami Horonami, les Indiens exhortent le gouvernement à reconnaître que leurs vies et leurs terres sont ‘détruites et contaminées’ par l’orpaillage.

Cette déclaration fait suite au déni du gouvernement vénézuélien de reconnaître la présence d’orpailleurs dans la région, après une récente visite dans le Haut-Ocamo pour enquêter sur un supposé ‘massacre’.

Des officiers de l’armée ayant participé à la mission d’enquête ont déclaré : ‘La paix et l’harmonie règnent [dans cette région] : tous les Yanomami sont en parfaite santé. Nous n’avons rencontré aucun orpailleur clandestin’.

Ce que contredisent des représentants de l’organisation yanomami Horonami qui faisaient partie de la mission : ‘Nous avons vu les campements des orpailleurs clandestins, nous avons vu passer une avionnette, nous avons vu une piste d’atterrissage clandestine, nous avons vu des orpailleurs s’enfuir dans la forêt pour nous éviter. Nous avons les preuves de ce que nous avançons. Les membres des forces armées et du procureur qui faisaient partie de la commission en ont également été témoins’.

Ce document souligne également le fait que la commission chargée d’enquêter en août dernier dans la communauté d’Irotatheri n’ayant trouvé aucune preuve d’un massacre, ’il serait aisé de penser que les Yanomami mentent… Les nouvelles qui ont été diffusées sur des actes violents ne sont pas des mensonges, mais le signe révélateur des nombreux conflits qui ont lieu dans le Haut-Ocamo. Le véritable mensonge est de prétendre que tout va bien dans cette région’.

Les Yanomami exhortent le Venezuela à prendre des mesures contre l'orpaillage clandestin.
Les Yanomami exhortent le Venezuela à prendre des mesures contre l'orpaillage clandestin.
© Survival

Bruce Albert, anthropologue français qui travaille avec les Yanomami depuis les années 1970, confirme :

‘Réduire ce supposé massacre à de simples rumeurs revient à nier la gravité évidente de la situation. Les histoires yanomami comme celle-ci ne sont pas que des inventions, mais plutôt une réflexion sur de profondes angoisses et des tensions fondées sur des faits réels. La seule manière de découvrir la vérité est de mener une enquête approfondie et non d’effectuer de brèves visites de quelques hameaux. Cela prendra du temps’.

Plus tôt ce mois-ci, Survival a été accusée de s’être ‘rétractée’ après avoir admis que le hameau d’Irotatheri n’avait pas été détruit, comme il l’avait été craint.

Stephen Corry, directeur de Survival International s’est expliqué sur cette allégation dans un document ‘questions-réponses’ contestant l’attitude du gouvernement vénézuélien et dans lequel il dénonce : ‘Les autorités sont allées trop loin en prétendant que tout allait bien. Ce n’est pas vrai : la région est une véritable poudrière et les Indiens en sont les premières victimes’.

Il a déclaré aujourd’hui : ‘Les Yanomami ne sont tout simplement pas écoutés. Le gouvernement vénézuélien doit cesser de prétendre que tout va bien, il doit expulser les orpailleurs et assurer la protection de ses propres citoyens’.

Note aux rédactions :

Lire la déclaration de l’organisation yanomami Horonami (en français -ci dessous- et en espagnol)

Lire les ‘Questions-réponses’ de Stephen Corry

 

Source: Survival France

 

 

DÉCLARATION DE L'ORGANISATION YANOMAMI HORONAMI

sur la présence d’orpailleurs clandestins dans le Haut-Ocamo

Aujourd’hui, 25 septembre 2012, nous, les Indiens yanomami

représentés par l'organisation yanomami HORONAMI et réunis à Puerto

Ayacucho, faisons la déclaration suivante au sujet de la présence de

l'exploitation minière illégale dans le Haut-Ocamo, municipalité du

haut-Orénoque :

1 -. Notre organisation yanomami a pour objectif général de ‘protéger

et défendre le peuple yanomami sur ses terres ancestrales et

traditionnelles, conformément aux droits des peuples autochtones

reconnus par la Constitution de la République bolivarienne du

Venezuela’. Tous les membres de l'organisation Horonami ont prêté

serment pour se conformer à cet objectif.

2 -. Nous reconnaissons les efforts déployés par les organes de l'État

vénézuélien, particulièrement les forces armées nationales

bolivariennes, le ministère public et la CICPC [Corps d’investigation

scientifique, pénale et criminelle, l’équivalent vénézuélien du FBI], qui

se sont déplacés vers le cours supérieur et les collines du Haut-Ocamo,

parcourant la zone durant 5 jours en compagnie de représentants de

l’organisation Horonami.

3 -. Nous estimons essentiel que la commission d'organismes d'État

qui s’est rendue dans le secteur publie un rapport sur les résultats de

l'enquête qui a conduit à rejeter la plainte déposée par les Yanomami.

Nous, en tant que représentants de l’organisation Horonami, avons

déjà soumis un rapport aux autorités compétentes (procureur général,

ombudsman, 52e Brigade d'infanterie de la forêt et Commission des

peuples indigènes de l'Assemblée nationale), demandant l’ouverture

d'une enquête sur la présence et les impacts de l'exploitation minière

illégale dans la région du Haut-Ocamo et l'adoption des mesures

nécessaires par les organismes de l'État vénézuélien.

4 -. Bien que les preuves d’un massacre dans la région n’aient pu être

réunies, ce qui pour nous est un motif de joie, nous voulons faire

savoir à l’opinion publique qu'il y a depuis des années une forte

présence d’orpailleurs clandestins en provenance du Brésil dans la

zone du Haut-Ocamo. A travers les médias il a été dit que ‘rien’ ne se

passe dans le Haut-Ocamo, que tout est calme et que les gens y sont

heureux. Nous, les Yanomami de Horonami qui faisions partie de la

commission, avons vu les campements des orpailleurs clandestins

illégaux, nous avons vu passer une avionnette, nous avons vu une piste

d'atterrissage clandestine, nous avons vu des orpailleurs s’enfuir dansla forêt pour nous éviter. Nous avons les preuves de ce que nous

avançons. Les membres des forces armées, du procureur et de la

CICPC, qui faisaient partie de la commission, en ont également été

témoins.

5 -. Il est aisé de penser que les Yanomami et leur organisation

Horonami mentent puisque la commission n'a trouvé aucune trace de

massacre d’Indiens Yanomami. Les nouvelles qui ont été diffusées sur

des actes violents ne sont pas des mensonges, mais le signe révélateur

des nombreux conflits qui ont lieu dans le Haut-Ocamo. Le véritable

mensonge est de prétendre que tout va bien dans cette région.

6 -. Nous ne voulons ni chercher querelle à notre président Hugo

Chavez, ni manipuler quoi que ce soit en période d’élections. Nous

devons faire apparaître la vérité et notre seule motivation est de

défendre notre peuple, notre habitat et notre territoire qui est pillé et

pollué. Nous demandons le respect du gouvernement vénézuélien pour

notre organisation Horonami et nous nous mettons à l'entière

disposition des organismes gouvernementaux pour collaborer avec

eux. Nous rejetons les tentatives de la ministre Nicia Maldonado de

diviser notre organisation et répudions les médias et autres qui ont

manipulé l'information à des fins politiques, en essayant d'établir des

liens entre nous et les acteurs de l'opposition, exploitant cette grave

situation à des fins électoralistes.

7 -. Nous reconnaissons les efforts déployés par les forces armées

bolivariennes en 2009, 2010, 2011 et 2012 pour répondre aux appels

des Yanomami et de leur organisation Horonami en réponse à la

présence des orpailleurs clandestins. Nous avons également eu

connaissance des récents efforts de l'Etat brésilien à travers l'opération

Xawara pour expulser les orpailleurs clandestins. Mais il nous faut

insister sur la nécessité de prendre des mesures permanentes et

coordonnées entre le Brésil et le Venezuela pour contrôler la présence

massive et préjudiciable d’orpailleurs clandestins qui pénètrent depuis

plusieurs années au Venezuela, notre pays, en provenance du Brésil,

constituant une grave menace pour l'intégrité et la vie du peuple

yanomami.

8 -. Nous voulons faire savoir que lorsque les orpailleurs clandestins

vivent à proximité des communautés yanomami, ils menacent les gens

pour qu’ils ne disent rien aux autorités lorsqu’on les interroge sur la

présence de campements miniers. C'est pourquoi une visite rapide, par

des autorités que les Yanomami ne connaissent pas, ne peut

qu’échouer à obtenir des plaintes spontanées de leur part. Quand nous

y sommes allés avec la commission, nous, les représentants de

Horonami, sommes restés toute la nuit à parler avec les Yanomami de

la communauté pendant que les fonctionnaires et les militairesdormaient. A nous, les Yanomami ont donné des informations

détaillées sur la présence des orpailleurs clandestins.

9 -. Même si l’information sur les événements violents n’a pas été

confirmée, la présence abondante d’orpailleurs clandestins dans la

région depuis plusieurs années engendre constamment des conflits

avec les Yanomami qui, de plus, divisent nos communautés et nuisent

à nos familles. Ce sont de tels conflits qui ont pu être à l’origine de la

nouvelle d’un massacre et d'abus de toutes sortes. Nous ne pouvons

pas exclure, dans l'état actuel de l’enquête, que des meurtres, des

menaces et des abus de toutes sortes à l’encontre des Yanomami ne se

produisent pas dans les zones visitées. Au contraire, dans le contexte

général de la région, tout indique qu'il y a un conflit installé entre les

orpailleurs et les communautés du Haut-Ocamo.

10 -. Il est également bien connu que la présence d’orpailleurs

clandestins dans les territoires yanomami a de lourdes conséquences

sur la santé (transmission du paludisme, de maladies vénériennes,

pollution au mercure et autres). Lors de la visite de la zone nous avons

rencontré des communautés qui souffraient de graves problèmes de

santé nécessitant des soins médicaux urgents.

11 -. La dégradation de l'habitat, dont dépendent les Yanomami pour

s’alimenter, boire et vivre, est aussi une conséquence de la présence

d’orpailleurs clandestins, de leurs machines et de la pollution au

mercure.

12 -. S’il n’y avait pas d’orpailleurs dans la région qui menacent et

exploitent les Yanomami, qui détruisent l’environnement, ce genre de

nouvelles ne serait pas parvenu à nos oreilles. Les Yanomami de ces

régions reculées sont à la merci des orpailleurs. Nous ne pouvons pas

dire que les nouvelles parvenues aux médias sont ‘une affabulation des

Yanomami’ ou ‘une affabulation de l’organisation Horonami’ ou encore

‘une affabulation des organisations indigènes d’Amazonie’. Dans un

contexte aussi conflictuel, ce genre de nouvelle doit être pris très au

sérieux. Nous avons encore très présent dans notre mémoire le

souvenir du massacre de Haximu en 1993. Ce ne sont pas des

mensonges, mais des signes évidents du conflit qui secoue notre

région.

13 -. Nous vous demandons de poursuivre le contrôle permanent et

soutenu de la région afin de démanteler définitivement les

campements miniers illégaux dans le Haut-Ocamo et d'autres régions

du Haut-Orénoque, comme Haximu, Cerro Delgado Chalbaud et Rio

Siapa, entre autres. Cet effort doit être partagé entre les forces armées

bolivariennes et les Yanomami de notre organisation Horonami qui

connaissent bien notre peuple et notre territoire.14 -. Nous demandons un programme de santé qui soit permanent et

efficace pour la zone du Haut-Ocamo. Un tel programme, qui va de

pair avec la formation d’agents de santé yanomami issus des

communautés elles-mêmes et l'installation de systèmes de

communication radiophonique, sont essentiels pour améliorer la santé

et prévenir les récidives d’orpailleurs clandestins dans la région.

15 -. Compte-tenu de la gravité du problème, nous demandons que

soient menées avec plus de calme et de rigueur des recherches plus

approfondies sur d'éventuels actes de violence et autres violations

potentielles des orpailleurs clandestins dans la région du Haut-Ocamo

avec la participation des Yanomami de l’organisation Horonami, en

prenant tout le temps nécessaire et en tenant compte de la spécificité

culturelle du peuple yanomami.

16 -. Nous voulons que les médias se reportent exclusivement à ce

document, nous ne ne ferons pas d’autres déclarations.

Le peuple et les communautés yanomami continuent de se battre pour

défendre notre habitat et notre terre. Si nous ne le faisons pas, que

laisserons-nous à nos petits-enfants?

L’organisation yanomami HORONAMI

Itirio Hoariwë (vice-président)

Luis Shatiwë (secrétaire exécutif)

Acayajuana Silva (coordinateur du secteur Parima B)

Ciro Borges (administrateur)

Virginio Posiewë (coordinateur du secteur Orénoque)

Miguel Medina (représentant koyowë)

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HUeue 29/09/2012 23:37


Depuis quand les indiens sont humains?

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