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Les "indignés" de l'Espagne à la France pour un mouvement mondialisé ?

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 2 Juin 2011, 18:54pm

Catégories : #Social - Société

Les indignés de l’Espagne à la France pour un mouvement mondialisé ?

Discussion sur une mondialisation qui profiterait, cette fois-ci , non pas aux élites politico-économiques mais aux Peuples.

Les pays arabes en révolte, ça a fait le tour du monde. Pris dans la tourmente de la dictature, ces peuples ont osé se soulever. Ca a commencé en Tunisie, puis en Egypte, puis cela se propage encore dans d'autres pays comme la Libye ou la Syrie, tel un effet de domino. Certes, ces soulèvements laissent de grandes espérances mais ces mouvements sont loin d'aboutir à une révolution de liberté. En revanche, l'effet Internet a permis de développer et de propager ce sentiment de révolte. Internet pourrait bien servir, également, de moyen de communication "révolutionnaire" à l'Europe.

Sur notre continent, l'Espagne est peut-être ce pays qui initiera un mouvement de révolte dans les pays occidentalisés. Et comment ne pas faire le lien entre ce qui se passe dans les pays arabes et l'Europe ?Certes, l'Espagne n'est pas une dictature qui prive les individus de libertés. Mais le peuple espagnol subit de plein fouet la mondialisation économique et marchande. Et comment ne pas penser également à ce que subissent les Grecs qui reçoivent de plein fouet un plan de rigueur et d'austérité ? Une politique qui a été imposée par l'Europe et le FMI pour sortir de la faillite. Des Etats européens qui explosent à petit feu dont les causes sont multiples : L'euro trop cher qui ralentit les exportations de nos entreprises, la concurrence féroce avec les Etats-Unis et la Chine, etc. Les Etats-Unis et la Chine, justement, que l'Europe prend, à tort, pour modèle, etc.  L'idéal serait ainsi de casser les barrières étatiques pour se baser sur les lois du marché. L'Europe veut progressivement casser les frontières et briser les politiques nationales tels que le SMIC et les missions sociales. D'ailleurs, le Directeur de la BCE, Jean-Claude Trichet s'est déjà montré hostile aux augmentations de salaire faites par l'Etat. Des hausses qui devaient répondre aux difficultés liées à la crise financière dont les premières victimes restent les populations défavorisées. Même François Baroin était monté au créneau pour condamner les propos de J-C. Trichet... Et même Nicolas Sarkozy en 2007 s'était étonné que la BCE mette à disposition de grosses sommes d'argent aux banques plutôt que de favoriser nos entreprises.

 1942dafc27Ainsi, pour les institutions européennes, il est vrai que la population chinoise gagne en moyenne 278 euros par mois alors pourquoi pas les salariés européens ? Jacques Séguéla, co-fondateur d'Havas, avait d'ailleurs fait cette petite phrase sympathique et révélatrice des distances qui éloignent les élites économiques du peuple : "Le salaire moyen d'un chinois, c'est 10% du SMIC, et ils sont heureux et ils se battent et y croient" (le 3 janvier 2011 sur BFM TV). 

Mais dans quelle réalité vivent ces élites qui donnent des leçons au peuple ? Un peuple qui vit déjà avec la précarité et la progression lente vers la libéralisation du travail. Et ce sont les jeunes, les oubliés du XXIe siècle, qui paient aujourd'hui les politiques économiques désastreuses de leurs ainés. Le collectif "génération précaire" dénonce d'ailleurs régulièrement des abus qui sont aujourd'hui devenus des routines dans le milieu du travail. Le CDI est un rêve voire une illusion, le CDD une ambition et le stage est devenu un contrat à part entière. Avec un stage, l'entreprise ne paie qu'un tiers du smic, voire aucune rémunération (dans le cas où le stage dure moins de 2 mois). Certaines grandes entreprises ont, de fait, compris leur intérêt dans ce type de contrat« Nous recrutons un stagiaire pour travailler sur le recrutement des stagiaires. » C’était l'une des offres proposées en avril 2010 par le site de Danone, rubrique « Carrières »... (sourcewww.actuchomage.org). Il faut non seulement être compétent pour le stage mais aussi faire plus que le simple salarié dans l'espérance d'avoir un débouché... ce n'est bien souvent qu'une vaine illusion.

Les jeunes sont devenus trop nombreux, trop compétents. Aujourd'hui il faut un Master (bac +5) pour espérer décrocher un petit job dans leur secteur et encore. Il y a quarante ans, sans bac, un individu pouvait grimper les échelons sociales de son entreprise et devenir pourquoi pas, cadre ou entrepreneur. Aujourd'hui, cela parait fantaisiste, irréaliste. Les jeunes sont devenus une menace pour les élites de la génération "mai 68" qui détient le pouvoir financier, économique et politique. Et cette dernière n'hésite pas à dénigrer le jeune considéré comme insouciant, voulant le confort à tout prix, désintéressé par la politique, mais lorsqu'il l'est, est toujours situé à l'extrême gauche voire chez les "anars"... En même temps, comment le jeune ne peut pas être révolutionnaire aujourd'hui (sans pour autant être extrémiste) ?

L'écart se creuse indéniablement entre les jeunes et la génération 68. Le peuple espagnol l'a compris et refuse de sombrer. Mais cette révolte ne fera mouche que si elle trouve le moyen de se propager. Et la situation fait en ce moment une petite boucle. Puisqu'après le soulèvement d'une partie du peuple grec en 2008, voici qu'il revient dans la rue sous l'impulsion des "indignés" d'Espagne. Et cela, après que le gouvernement grec a lancé une autre vague de privatisations pour éponger une dette qui semble inéluctablement insurmontable. A quand un écho dans le Peuple italien, belge, hollandais, français ? Peut-être demain, peut-être ans cinq ans, peut-être dans dix ans... Seul un mouvement mondialisé peut aboutir à une crise salvatrice. Personne ne peut se satisfaire d'une révolution mais les élites poussent le citoyen à se révolter. En France, les exemples sont multiples comme, dernièrement, la proposition de Laurent Wauquiez d'imposer cinq heures de service social hebdomadaire aux bénéficiaires du RSA . Le ministre chargé des affaires européennes voit cette populationcomme une plaie qui ne rechercherait que l'assistanat, un "cancer pour la société." Ce qu'il ne semble pas savoir c'est que cette population vit dans la précarité. Et cette position libérale est proche des valeurs tenues par les "grands penseurs" de notre économie. Par exemple, pour Alain Minc, la France préfère rester dans une position d'Etat-providence plutôt que de répondre aux réalités de la mondialisation et se donner les moyens d'obtenir le plein emploi. Pour quel objectif ? En venir à une société américaine ou chinoise dans laquelle l'objectif prioritaire serait de réaliser le plein emploi, en laissant le marché fixer des salaires de misère ?

Enfin, ne nous étonnons pas de voir que les positions économiques et financières de l'Europe changent avec le futur drecteur de la BCE, Mario Draghi qui appelle les Etats à plus de rigueur budgétaire. Alors que la Grèce, l'Espagne, l'Irlande, la France, et la vaste communauté européenne subissent des turbulences économiques., Mario Draghi a osé cette phrase, le 25 mai 2011, aux antipodes de la réalité : « Le succès de l'union monétaire a dépassé nos attentes les plus optimistes... »

Jonas, auteur citoyen pour WikiStrike

 

Democracia Real, Ya ! Europe, Rise Up ! Paris, réveille-toi !

 En Islande, par deux fois – deux référendums - le peuple a refusé les compromis entre banques et gouvernement visant à faire payer par la population les conséquences des aventures financières des banques.

 En Espagne, des jeunes et des moins jeunes se sont installés sur les places des grandes villes pour demander « une démocratie réelle, maintenant ». Dans un pays démocratique ! Un jour d'élections parfaitement libres ! Parce qu'il est évident que les gouvernements ne répondent pas aux désirs et aux besoins de la population. Gouvernements de gauche (comme en Espagne, en Grêce, au Portugal), ou de droite (ailleurs) font la même politique. Les « indignés » ne demandent pas la démocratie. Mais une démocratie réelle !

 En effet, depuis des années, et encore plus depuis la crise, les peuples européens sont soumis à une dictature financière qui enrichit les riches, appauvrit les pauvres et laisse les jeunes sans avenir.

 Dans cette situation, les pouvoirs stimulent la remontée des égoïsmes nationaux, des nationalismes, détournent le mécontentement vers le rejet de l'autre – immigré, rom, exclu. Ils cherchent à diviser ceux qui subissent la crise au bénéfice de ceux qui en profitent.

Face à cela, un espoir se lève. Après la révolte pacifique des jeunes Tunisiens, Egyptiens, Yéménites, Libyens, Syriens... contre les dictatures violentes, voici la révolte pacifique des « indignés » dans les démocraties trompeuses en Espagne, en Grêce, au Portugal, et aujourd'hui en France.

 Conscients que la démocratie « réellement existante » est faite pour que rien ne change, les jeunes, en occupant les places publiques ne se trompent pas d'adversaire. Ce n'est pas les peuples qu'il faut monter les uns contre les autres. Ce n'est pas les immigrés, les roms ou les pauvres qu'il faut chasser mais les gouvernements. Tous les gouvernements européens. De droite ou de gauche. Tous ceux qui font la même politique de soumission aux puissances financières.

 Ce mouvement ne se lève pas avec un programme de plus mais avec une revendication fondamentale : changer les règles du jeu, mettre en place une nouvelle constitution. Au niveau national. Au niveau européen. Organiser non la division au sein du peuple et entre le peuples mais la solidarité dans le peuple et entre les peuples.

« Ne nous empêchez pas de rêver ou nous vous empêcherons de dormir » donne au mai 2011, un parfum de mai 1968. A nouveau, la révolte gronde, en dehors des institutions ou même contre les institutions. En France, mai 68 a débouché sur juin 68 et 13 ans de droite au pouvoir. Les grandes manifestations contre les retraites de 2010 n'ont débouché sur rien. Si le mouvement réussit à prendre de l'ampleur ici et encore plus en Europe, il faut réfléchir, ensemble, aux suites du mouvement.

 Si mai-juin 2011 s'amplifie au niveau national et européen, comment faire pour ne pas déboucher sur le maintien au pouvoir de la camarilla qui détient aujourd'hui tous les pouvoirs financiers, médiatiques, politiques.

 Les forces politiques qui avaient pour fonction de défendre les plus défavorisés ont abdiqué. Seul le président de la République d'Islande a jugé nécessaire de demander leur avis aux citoyens islandais. Il y a fort à parier que son exemple ne fera pas école. En Europe, pas plus que dans les pays arabes, il n'y a de débouché politique évident, préparé. Comment faire pour qu'ils dégagent ? Tous !

 L'indignation ne suffit pas. Dans certains pays, un pas important a été fait, en passant à la révolte. Son extension en Europe est maintenant nécessaire. Face à la montée des populismes.

 Mais pour que ce ne soit pas une révolte « pour rien », elle devra déboucher sur une auto-organisation locale. Sur une concertation européenne. Ce ne sera pas le plus facile.

Elle a commencé cependant. Des mouvements apparaissent dans différents pays. Et en France, dans une cinquantaine de localités dimanche 19. Ce n'est qu'un début... Reste à mettre en application les mots d'ordre de la Bastille :

Europe, rise up ! Paris, réveille-toi !

 DEMOCRACIA REAL, YA !


Paul Oriol, auteur et retraité - Agoravox

 

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