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Les jeunes espagnols réclament une autre façon de faire de la politique

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 23 Mai 2011, 08:40am

Catégories : #Social - Société

Les_jeunes_Espagnols_reclament.jpgLes jeunes espagnols réclament une autre façon de faire de la politique
Plusieurs milliers de jeunes protestent dans plus de 160 villes du pays, depuis une semaine. 
Depuis une semaine, ils bousculent l'Espagne. Dimanche 15 mai, de grandes manifestations, dans 50 villes, ont commencé à réclamer « une vraie démocratie », le mouvement s'est ensuite amplifié pour devenir une agora, surnommée « Démocratie réelle maintenant », à qui se sont ralliées presque 500 associations. L'épicentre du mouvement, qui mobilise des dizaines de milliers de personnes à travers l'Espagne, est sur la Puerta del Sol, en plein centre-ville de Madrid, où campent des centaines de jeunes. 

Ils appellent à la régénération du monde politique et de la démocratie, et sont rejoints par une population découragée par la crise économique. 

En fin de soirée, ce camp improvisé prend toute son ampleur et sa force, comme les autres ailleurs en Espagne. Des milliers d'Espagnols viennent, écoutent et participent. « Nous fonctionnons avec une assemblée générale, horizontale et ouverte, c'est notre organe de décision qui se réunit deux fois par jour », explique Mario, 27 ans, l'un des porte-parole, qui, avec son diplôme d'ingénieur, enchaîne les stages peu payés et les périodes de chômage. 

Difficile de savoir exactement ce que veulent ces jeunes, tant les affiches et les mots de chacun restent divers. « Nous ne sommes pas anti-système, nous sommes ceux qui changent le système », l'un des slogans, résume bien ce qui se passe. 

« Nous voulons ramener l'espoir dans cette société qui en a besoin » 

« Nous voulons ramener l'espoir dans cette société qui en a besoin ; nous ne sommes pour aucun parti politique, ils ne nous écoutent jamais », explique Juan, 30 ans, un autre porte-parole. Avec son diplôme d'école de commerce, il est au chômage depuis six mois, mais il recommencera à travailler cette semaine. 

Si, au départ, ces jeunes rassemblés provenaient surtout de l'extrême gauche, leur composition a progressivement évolué, intégrant des profils et des idéologies différentes, même si le mouvement reste ancré à gauche. Frédéric, 22 ans, lui aussi porte-parole, étudiant en histoire, habitué des ONG, partage l'objectif de Juan : « Nous demandons un usage responsable de la démocratie, nous ne faisons plus confiance aux partis politiques. » 

Et cela commence par l'abstention, le vote blanc ou le vote pour des petits partis politiques pour la plupart des organisateurs. Sa mère, Nuria, venue le voir, s'inquiète : « Quelque chose dans le système a vacillé. Nous avons lutté pour voter (NDLR : pendant le franquisme), et nos jeunes ne veulent plus le faire. » 

Ce mouvement ne se concentre pas uniquement sur la crise économique. À écouter ces jeunes, leur envie est au contraire de ne parler que politique, pour « réinventer » un système qu'ils rejettent. « Ces dernières années, l'économie a pris le dessus sur la politique alors que les deux devraient être au service des citoyens », poursuit Mario. 

43 % de chômage parmi les jeunes 

C'est ainsi que ces jeunes réveillent la population, après trois ans d'un calme social relatif en Espagne, malgré un chômage à 20 %, atteignant même 43 % parmi les jeunes. Leurs premières propositions visent la réforme de la loi électorale (qui favorise les grands partis majoritaires), l'indépendance des pouvoirs judiciaires et politiques, des référendums pour chaque loi et le droit à un logement digne. 

«  Ces jeunes ont su capter le sentiment d'épuisement des citoyens. En Espagne et ailleurs, la gauche a répondu à la crise avec des mesures de droite, alors les gens de gauche sont déçus », explique José Pablo Ferrandiz, directeur général de Metroscopia, institut d'études et de sondages. 

Elena et Maria Jesus, toutes les deux employées administratives, la cinquantaine, sont venues Puerta del Sol pour voir. « C'est un mouvement de rage, nous sommes tous très fatigués contre le système en général, la corruption, on a l'impression que l'argent public est dilapidé », assurent-elles. 

La présence de plus d'une centaine de personnes soupçonnées d'être impliquées dans des scandales de corruption sur les listes électorales, de gauche et de droite, pour les élections de dimanche 22 mai, cristallise ainsi les protestations.
Source : La-Croix 
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