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Les objectifs et choix de la politique américaine en Syrie

Publié par wikistrike.com sur 23 Septembre 2012, 07:57am

Catégories : #Politique internationale

Les objectifs et choix de la politique américaine en Syrie

 

rebelle-syrien.jpegLa position de Washington dans la bataille diplomatique concernant la Syrie nous rappelle la doctrine du président Eisenhower présentée en janvier 1957, et qui stipule que n’importe quel pays du Moyen-Orient a la possibilité de demander l’aide économique et militaire des Etats-Unis dans le cas où il est victime d’une agression militaire d’un autre pays, soumis au régime communiste.

Puisqu’il ne reste pas grand-chose du communisme, une version moderne de la doctrine pourrait se définir ainsi : tout groupe d’opposants peut s’octroyer des aides économiques, financières, et militaires des Etats-Unis, s’il est soumis à un régime qui ne sert plus les intérêts américains. Et vice-versa : lorsqu’un régime sert de manière reconnue les intérêts de Washington, alors tout groupe d’opposition représente un danger.

C’est ce qui a été observé au Bahreïn, durant le printemps 2011. Et c’est probablement ce qui attend toute résistance dans des pays comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar. Or, face à ce genre de pays, la Syrie s’avère être un exemple de démocratie. Autrement dit, nous assistons à une politique du deux poids deux mesures.


Quels sont les objectifs de la politique américaine en Syrie ?


Premièrement, Damas est l’unique et dernier allié de l’Iran dans la région, ainsi une chute du gouvernement de Bachar El Assad sera un grand coup porté à la place de l’Iran au Moyen-Orient. Dans ce genre d’hypothèse, Téhéran représenterait une zone géopolitique, entourée de puissances ennemies. Nul doute alors que, suite à une neutralisation de la Syrie, l’aboutissement d’une manœuvre politique contre l’Iran n’est qu’une question de temps. Par ailleurs, la mise à l’écart de Bachar permettra aux Etats-Unis de garantir leur hégémonie à long terme.

Deuxièmement, la prise de pouvoir de l’opposant au régime de Bachar, signifiera pour la Russie la perte de son partenaire stratégique principal au Moyen-Orient, ainsi Washington sera capable d’écarter de la région son rival politique.

Troisièmement, après avoir atteint l’objectif attendu, Washington conservera sa « pourriture révolutionnaire » et mettra en œuvre une large et ambitieuse stratégie de changements politiques au Moyen-Orient.

Il nous est possible d’observer des tactiques américaines sur le terrain du monde arabe. Là-dessus, Washington compte énormément sur ses alliés. En Lybie, la France et la Grande Bretagne étaient les puissances motrices accompagnant des opérations contre le Colonel Kadhafi. En Syrie, la France et la Turquie jouent ce même rôle, auxquelles nous pouvons ajouter les monarchies pétrolières du Golfe. Or, maintenant que la Syrie a montré son insoumission à la technique de division, les Etats-Unis prennent les choses en main.

Le régime syrien est actuellement sous une pression extérieure sans précédent. De nombreux médias internationaux mènent une campagne médiatique contre le gouvernement de Damas. Un certain nombre de pays, parmi lesquels les Etats-Unis et l’Union européenne lui ont imposé des sanctions économiques. Sans compter que l’opposition syrienne continue de se procurer une aide financière étrangère. En effet, de temps à autres des rapports indiquent l’arrivée frauduleuse d’armes à destination des adversaires d’El Assad. Ainsi la situation s’apparente bien à une intervention militaire.

En d’autres termes, il ne reste plus qu’une dernière étape : une résolution contre le pouvoir syrien adoptée par le Conseil de sécurité  de l’ONU jusqu’à ce que la chute du président syrien actuel devienne inéluctable. Mais la Russie et la Chine, les consciences retenant la tragédie de l’expérience libyenne, préfèrent s’opposer à toute tentative de mettre en place une telle décision.

Par ailleurs, l’analyse de la position américaine à l’égard de la Syrie laisse entrevoir que Washington se concentre actuellement sur l’organisation d’une campagne médiatique mondiale de diabolisation. Des responsables américains s’attachent à dépeindre un tableau à la fois blanc et noir : l’opposition politique dont le sang coule, nous demande secours, et la communauté internationale est prête à répondre. Mais la Russie, refusant le renversement du régime de Damas empêche la réalisation d’un tel scénario.

Dans le réel, la situation est plus compliquée. C’est un fait que l’aile radicale de l’opposition syrienne, qui au début était descendue dans la rue avec des slogans fortement anti-régime, a transformé son activité en affrontements armés contre l’armée du pays, et c’est elle qui est à l’origine de toute la catastrophe que subi la Syrie. Désormais, les dirigeants russes ont appelé à mettre la pression sur les deux parties en jeu (aussi bien le gouvernement que l’opposition), et les contraindre à entamer un dialogue national constructif.

En tout cas, si le régime de Bachar El Assad se maintient, on observera un affaiblissement de l’hégémonie américaine au Moyen-Orient et un message clair sera adressé au monde arabe qui est que Washington n’est plus la puissance dominatrice dans la région, et qu’elle possède des rivaux capables d’anéantir ses plans. Sans aucun doute, les Etats-Unis mettront tout en œuvre pour éviter que cela ne se reproduise dans un avenir proche, mais la question qu’on peut se poser : jusqu’où iront les Américains pour atteindre leurs objectifs ?

En théorie, les Etats-Unis disposent de plusieurs options :

La poursuite des sanctions économiques sur la Syrie et l’incitation du plus grand nombre de pays à s’associer à l’embargo.

L’intensification de la campagne de dénigrement à l’encontre de Damas.

Comme en Libye, des combattants locaux peuvent prendre part au conflit, ainsi que des groupes radicaux armés, puis enfin les mercenaires étrangers.

Ceci-dit, les Etats-Unis et ses alliés ont toutes les compétences techniques et financières requises pour atteindre leurs desseins. Nous commencerons probablement à entendre parler de manœuvres militaires contre la Syrie sans autorisation du Conseil de sécurité. Dès lors, il serait impossible de prévoir la suite des évènements.

Alexeï Pelco

Alexeï Pelco est professeur au Département de politique internationale à l’Université de Moscou.

Article original : أهداف وخيارات السياسة الأمريكية في سوريا

Traduction : Mohamed Hedjaj pour MecanoBlog (Traduit initialement du russe par Ishtar Irak)

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mahdi 23/09/2012 13:27


Les objectifs et choix de la politique des
mudjahideens: http://www.wmaker.net/etreinformer/Chartes-des-grandes-brigades-du-Sham--Etat-Islamique-Califah_a4386.html

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