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Les sommets européens infiltrés par les banques

Publié par wikistrike.com sur 23 Février 2012, 08:21am

Catégories : #Economie

Les sommets européens infiltrés par les banques


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Lors des sommets européens comme ceux de juillet et octobre 2011, où il s’agit ni plus ni moins depuis trois ans de « sauver l’euro » ou de « sauver la Grèce », les débats essentiels ne sont pas publics mais informels. On peut même parler de tractations de couloir entre banquiers et élus nationaux, pour le plus grand bonheur des banques, évidemment.

 

Ces deux derniers sommets de juillet et octobre 2011 ont porté sur la restructuration de la dette grecque : on a demandé aux banques de réduire les profits qu’elles attendaient de leurs prêts toxiques (puisque la Grèce sera insolvable, on le sait depuis le départ). Avec le risque, largement souligné par les banques, que certaines d’entre elles se retrouvent dans les choux.

D’après le Corporate Europe Observatory, un groupe de recherches sur le lobbying en Europe, l’Europe a choisi comme principal interlocuteur dans ces débats un lobby financier qui s’appelle l’Institute of international Finance[1].

Le COE a demandé des précisions, et le Conseil de l’Europe a répondu que l’IIF n’avait vu que des officiels grecs.

Pourtant, en juillet l’IIF était bien présent à Rome pour le sommet, et a mené des réunions avec de nombreuses banques. Avec comme ambition d’être présent dans les débats.

 

Il faut savoir qu’avant les discussions officielles, des tractations sont menées avec l’IIF par le Conseil de l’Europe, via l’Economic and Financial Committee, présidé par l’italien Vittorio Grilli. Son rôle principal est d’informer les sommets européens sur les discussions avec l’IIF.

Et justement, les débats menés à Romme par l’IIF étaient organisés conjointement avec Grilli.

L’IIF s’est aussi fendu d’un document, adressé aux ministres des Finances européens, appelant l’Europe et le FMI à mettre en place un nouveau plan de sauvetage de la Grèce, comprenant un rachat de dette. Tout cela pour permettre aux spéculateurs de s’amuser encore quelques mois avec la dette grecque. Comme par hasard, c’est bien ce qui s’est produit…

Le jour du vote, l’IIF a aussi publié sur son site un truc intitulé « Greece financing offer », afin d’investir 54 milliards d’euros en Grèce d’ici 2014, et 135 milliards pour 2020… Et selon l’IIF, c’est le groupe de travail de l’Eurogroupe qui a « invité » l’IIF à entamer un dialogue pour un soutien du secteur privé à la dette grecque. On nous explique que le groupe de l’IIF chargé de la Grèce[2] « a eu différentes réunions avec le groupe de travail de l’Eurogroup » avant le sommet de juillet 201, pour développer les options d’un soutien possible du secteur privé à la dette grecque.  Mais, qui décide dans cette histoire ? Les banques ou les représentants politiques ? Parce qu’au final, on a suivi la demande des banques, qui voulaient une réduction minime de la dette (21%), quand plus de 50% étaient nécessaires.

 

En octobre, un autre ponte de l’IIF, Charles Dallara, a rencontré deux fois Herman van Rompuy, le président de l’Europe nommé par le Bilderberg, Sarkoléon, Merkel et d’autres élus. Dans Le Figaroon pouvait même lire que« Menées depuis mardi dans un bâtiment tout proche de celui du Conseil européen, les négociations entre l'International Institute of Finance et l'Europe se sont tendues au fil des heures »... Selon l’agence Bloomberg, «  Les leaders européens ont franchi un pas inhabituel en convoquant les représentants des banques »…

 

Ledit Dallara est également très actif en Grèce, où il mène les « négociations » sur la restructuration d’une partie de la dette grecque. Car la Grèce, semble-t-il « doit conclure un accord avec les banques avant le 13 février » pour éviter la banqueroute. Là où on marche (encore) sur la tête, c’est que l’Eurogroupe oblige la Grèce à négocier avec les banques, pour ensuite rejeter l’accord et en demander un autre. Et si ça ne marche pas, la Grèce n’aura pas les 130 milliards qu’on lui a promis.

Petros Christodoulou, ministre des Finances grec qui a un rôle important dans l’équipe grecque de négociation, est un ancien de Goldman Sachs (avant 1998) et de JP Morgan à Londres (où il a travaillé sur le marché européen des produits dérivés). Il a aussi été responsable des marchés à la Banque Nationale de Grèce. Selon le COE, le prochain deal entre la Grèce et les banques sera probablement de mettre la dette grecque en sécurité en angleterre, où la loi empêchera toute restructuration. Accessoirement, Christodoulou intéresse beaucoup les régulateurs pour le rôle qu’il a joué dans le maquillage des comptes de la Grèce en collaboration avec son ancien employeur, Goldman Sachs.

 

Bref, toutes ces discussions dites « informelles » servent à une seule chose : arranger les affaires des banques. Ainsi, on a racheté les titres de dette grecque pourris des banques avec une décote de 50%[3], alors que sur le marché secondaire (sorte de marché de seconde main des titres pourris), elles ne valaient plus que 36% de leur valeur de départ. La BCE a donc fait perdre pas mal de fric aux contribuables, à force de prêter une oreille attentive aux caprices des banques.

En plus, on leur permet d’ échanger leurs titres de dette pourris contre des titres notés AAA (de nouveaux titres de dette, plus sûrs), ce qui revient à un gain de 30 milliards d’euros. Pendant ce temps, la Grèce est toujours surendettée.

 

Si en outre on tient compte des plans de sauvetage des banques (442 milliards en juin 2009, 489 milliards en décembre 2011 qui n’ont servi à rien) avec des prêts à 0% (en réalité 1 ou 1,5% c’est-à-dire moins que l’inflation), ou de l’absence de régulation de la spéculation et des paradis fiscaux, on comprend que si l’on est bien entrés dans l’Europe des banques, l’Europe des citoyens, elle, reste entièrement à faire.



[1] Créé en 1983 par de grands établissements bancaires et financiers pour négocier sur la question des dettes souveraines (les dettes des Etats). L’IIF est présidé par le suisse Josef Ackermann, PDG de la Deutsche Bankaprès y avoir géré la spéculation (investissement). Ackermann est un poulain de l’establishment US : présent aux réunions du Bilderberg (club soi-disant inoffensif créé par David Rockefeller et le prince Bernhardt des Pays Bas pour créer une Europe 100% libérale) 2011, 20102009 et 2008, c’est-à-dire depuis le début de la crise…

[2] Composé des banques exposées à la dette grecque.

[3] Evidemment, les banques auraient voulu une décote encore moins importante, et au départ il était question d’une décote de … 21% !

 

 Ceri pour Donde Vamos 

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