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Méroé la soudanaise

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 6 Mars 2011, 20:14pm

Catégories : #Civilisations anciennes

 

 

Les pyramides de Méroé

version anglaise plus bas dans l'article

 

 


 

   voir l'écriture méroïlitique

 

Méroé est une cité antique de Nubie, capitale d'un royaume tardif et connue pour ses nécropoles à pyramides à forte pente encore relativement intactes.

Un État, indépendant de sa puissante voisine l'Égypte, s'était développé de -2500 à -1500 dans la zone de l'actuel Soudan, sa capitale étant Kerma. Un temps même, les souverains de ce royaume prirent possession du pouvoir sur toute l'Égypte, à partir de -747 et, pendant près d'un siècle, cinqpharaons Noirs règneront. Défaits par les Assyriens, les Nubiens refluent vers le sud. Débute alors l'époque des royaumes de Napata puis de Méroé.

 

Cette cité, située en aval de la sixième cataracte du Nil en Nubie, à l'Est de Koush, donne son nom à une brillante civilisation qui se développe depuis la première cataracte jusqu’au confluent des deux Nils et sans doute plus au sud, entre le ve et iiie siècles de notre ère. Influencée par ses voisins, surtout l’Égypte lagide des Ptolémées puis romaine, mais aussi le Proche-Orient et laPerse, elle connaît un âge d’or au ier siècle av. J.-C..

La cité fut découverte par l'explorateur français Frédéric Cailliaud en 1822.

Le site de Méroé est très étendu et les fouilles n’ont qu’à peine effleuré les vestiges. De nombreux sanctuaires ont été dégagés à l'extérieur de la ville et environ deux cents pyramides sont recensées dans les trois nécropoles.

Loin vers l’est, fermant cette immense plaine, les pyramides royales, construites au sommet de deux petites collines, étaient encore quasi intactes avant qu'en 1834Giuseppe Ferlini, un aventurier italien, médecin militaire au service de l'armée de Méhémet Ali, ne découvre un trésor dans la sépulture de la reine Amanishakhéto en se servant des dessins et plans de Cailliaud. Pour y parvenir, Ferlini ordonna le démantèlement de la pyramide, la transformant en un amas de pierre. Les bijoux de la reine sont actuellement exposés à Munich et à Berlin (Ägyptisches Museum). Toutes les tombes furent ensuite systématiquement pillées.

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Les pyramides de Méroé

Les rois et reines qui se succèdent, ne sont souvent pour nous qu’un nom sur une table d’offrandes funéraires ou le décor d’une pyramide. La connaissance du Méroïtique restant parcellaire.

Plusieurs femmes accèdent au pouvoir sous le titre de candace. En -33, la candace Amanishakhéto refuse de se soumettre aux Romains. Le royaume vit encore deux cents ans, avant de s'éteindre pour des raisons encore mal connues.

Vers 350, Ezana, le roi d’Aksoum, affirme sur deux stèles qu’il a combattu victorieusement les Noba (Nubiens), traversant l’ancien territoire des Kasou (Koushites). On en a conclu qu’à cette époque, le royaume de Méroé avait succombé sous les coups des Éthiopiens.


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"Qu'on se peigne la joie que j'éprouvai en découvrant les sommets d'une foule de pyramides, dont les rayons du soleil, peu élevé encore sur l'horizon, doraient majestueusement les cimes ! Jamais non jamais jour plus heureux n'avait lui pour moi..." Frédéric Cailliaud le 25 avril 1821

Située au Nord de la 6ème cataracte, Méroé devient capitale du royaume méroïtique. Une brillante civilisation, basée sur une agriculture prospère, un commerce important et un pouvoir solide, se développa entre le Vème siècle avant notre ère et le IVème siècle après J.C. L'âge d'or de la cité se situe au Ier siècle avant J.C. : Méroé devient alors un grand centre de commerce, réputé pour ses fonderies de fer, minerai abondant dans les collines des steppes environnantes. Vaste métropole, Méroé est au coeur d'échanges entre plusieurs civilisations, nous permettant aujourd'hui de définir la culture méroïtique comme étant un mélange d'influences ptolémaïque, romaine, méditerranéenne et asiatique.

Il est plausible que cette cité fut déjà capitale au VIème siècle av. n.è., les souverains ayant quitté Napata, première capitale du royaume koushite. Il semblerait que les rois napatéens, de plus en plus influencés par le clergé du Gebel Barkal, aient voulu rompre avec cette emprise et renouer avec leur théologie : les souverains kouhsites étaient alors intrônisés par l'Amon de Napata et non plus par celui qu'ils appelaient leur "Excellent Père" qui élisait le pharaon par oracle au sein de la Montagne Pure (système qui nous est connu grâce à la Stèle de l'Election d'Aspelta). La nécropole de Nouri est donc abandonnée sous le règne d'Arkamani (295-275 av. J.C.).

LE SITE ARCHEOLOGIQUE

Situé à proximité du village de Bajrawiya, il révèle trois nécropoles.

Tombeau nécropole Nord
  • la nécropole Nord-ouest avec environ 500 tombes et 100 pyramides correspond au cimetière des nobles et des personnages secondaires de la maison régnante.
  • les nécropoles royales (à l'est) dans lesquelles ont été découverts les bijoux de la reine Amanishakheto.
  • la nécropole Nord et Sud, destinée aux rois et reines compte environ une quarantaine de pyramides. (photo d'un tombeau de la nécropole Nord)
Merci Alain Drèze

184 pyramides en grès et à gradin, dont les hauteurs culminent entre 10 et 30 m de haut ont été recensées. Les plus anciennes rappellent le style de Nouri. Vers la cinquième génération, les angles des édifices deviennent plus lisses, les chapelles s'ornent de scènes théologiques. La dernière évolution présente un retour aux pyramides à degrés, construites sans bases solides, ce qui entraina leur tassement, voire leur disparition. Elles sont généralement composées d’un pylône, d’une chapelle funéraire décorée de relief et adossée à l’est de la pyramide, (les deux rappelant le temple égyptien funéraire traditionnel), de la pyramide avec une niche placée au sommet qui abritait la statue du défunt et du caveau souterrain qui accueillait le corps. Durant la période méroïtique, le pharaon et la famille royale étaient au centre du monde funéraire.


Depuis 1976, ces pyramides sont consolidées ou restaurées par l'architecte et nubiologue F. W. HINKEL. Ses travaux ont permis d'identifier une méthode de construction spécifique. De nombreux poteaux de cèdre retrouvés au centre des monuments laisse suggérer la thèse suivante : les bâtisseurs méroïtiques élevaient la superstructure grâce à un système de levage, assise par assise. Cette méthode, ne permettant pas l'érection d'un pyramidion explique la plate-forme traditionnelle des pyramides soudanaises.

Tarekeniwal II s ap. J.C.

Mais on peut également y admirer :

  • les vestiges d'un atelier de forge du IVème siècle mis à jour par la S.F.A.S.
  • un sanctuaire d'Apédémak
  • une temple d'Osiris
  • Un temple d'Amon
  • de nombreux sanctuaires
  • les ruines de la cité, déjà identifiées par James Bruce en 1772 et dégagées en 1910

Les fouilles archéologiques ont livré récemment des témoignages méroïtiques telles des parures (comme cette bague), des statues funéraires dites "statues-bâ" ou encore une statue royale en bronze, nous apportant la preuve de la maîtrise de l'art à cette époque.

 

 

Ci-dessous, un article de claude Rilly


 

En aval de la sixième cataracte du Nil, un peu à l'écart du fleuve, au milieu d'une plaine désertique, s'élèvent des pyramides étranges, aux arêtes abruptes. C'est là, à Méroé, au cœur du Soudan, que furent inhumés les rois de la première civilisation connue d'Afrique noire. Appelé Koush par la Bible, Éthiopie par les Grecs et les Romains, le royaume méroïtique, qui occupa du troisième siècle av. J.-C. au quatrième siècle de notre ère un immense territoire de Philae à Khartoum, n'avait rien à envier à ses voisins du Nord, ces Égyptiens alors soumis à la domination grecque puis romaine, comme nous l'explique ici Claude Rilly co-auteur du Répertoire d'épigraphie méroïtique (Académie des Inscriptions et Belles-Lettres-2000).

Une riche civilisation, héritière d'une culture fort ancienne

Les Méroïtes possédaient une administration efficace, des armées redoutées, des temples sans cesse embellis, une écriture ingénieuse, une agriculture prospère. Et surtout, ils tenaient les seules voies de commerce terrestre reliant le monde méditerranéen à l'Afrique subsaharienne, les pistes par où transitaient les caravanes convoyant l'or, l'ivoire, l'ébène, les peaux de panthère, les plumes d'autruche, les singes et les fauves.

Ce que nous appelons civilisation méroïtique n'est en fait que le dernier état d'une culture bien plus ancienne. De 2200 à 1550 av. J.-C., le royaume de Kerma, qui dominait la vallée du Nil entre les IIIe et IVe cataractes, était déjà, si l'on en croit les plus récentes recherches, de langue protoméroïtique. La conquête pharaonique sous la XVIIIe dynastie mit fin à ce pouvoir indigène. Il ressuscita cependant sept siècles plus tard avec le retrait des Égyptiens ; un nouveau royaume se développa alors autour de la métropole religieuse de Napata, sur le site actuel du Djebel Barkal.

En 730 av. J.-C., le roi koushite Piankhy s'empara de l'Égypte « au nom d'Amon », et les peuples du Proche-Orient abasourdis virent bientôt triompher jusqu'en Palestine ces guerriers hautains issus du cœur de l'Afrique, comme en témoigne le livre d'Isaïe. Pendant près de soixante ans, la XXVe dynastie dite « éthiopienne », dont les noms sont incontestablement méroïtiques, régna sur le pays des Pharaons, avant d'en être chassée par les invasions assyriennes. Dès lors, repliés sur le Nil moyen, les Koushites perpétuèrent une civilisation originale, appelée « royaume de Napata », où les influences égyptiennes se mêlaient aux traditions indigènes. Vers 300 av. J.-C., la nécropole des souverains fut transférée de Napata à Méroé, trois cents kilomètres au sud. C'est à partir de cette époque que l'on parle véritablement de civilisation méroïtique, même s'il s'agit de la même culture, de la même ethnie dominante et des mêmes institutions que précédemment. Les premiers spécialistes se fondèrent sur le récit mythique rapporté par l'historien grec Diodore de Sicile, selon lequel le roi philhellène Ergaménès (Arkamani en méroïtique) mit à mort les prêtres qui, jusqu'alors, avaient la haute main sur l'État et sur la vie même du souverain. C'est, croyait-on, pour éloigner de la royauté le clergé de Napata qu'il avait ensuite établi sa capitale à Méroé. On pense plutôt aujourd'hui que ce changement correspond à l'avènement d'une dynastie originaire du Sud. 
Les nouveaux rois concentrèrent d'ailleurs leurs efforts de construction sur la région méridionale, sans toutefois négliger le reste du royaume.

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Une religion et une écriture spécifiques, même si elles intègrent des éléments égyptiens

Des divinités autrefois locales reçurent un culte royal : Apedemak, le dieu à tête de lion, dispensateur de vie et protecteur de la nouvelle dynastie, eut désormais ses temples à Naga et à Musssawarat, au nord-est de Khartoum. D'autres dieux ou déesses, inconnus des Égyptiens, furent également honorés : Sebioumeker, figuré comme un pharaon coiffé de la double couronne, Amesemi, parèdre d'Apedemak, représentée avec les cheveux crépus couronnés d'un faucon, les traits fortement africains et les joues tailladées de scarifications rituelles. Les divinités égyptiennes gardent cependant les faveurs des Méroïtes : Amon, Mout, Horus, Hathor, Bès font toujours l'objet d'une fervente adoration. Le développement considérable du culte d'Isis que connaît le monde méditerranéen touche également Méroé ; son sanctuaire principal à Philae, à la frontière avec l'Égypte, est fréquenté assidûment par les pèlerins venus de Koush.

La création d'une écriture propre transcrivant la langue indigène est une autre caractéristique de la civilisation méroïtique. Les pharaons de la XXVe dynastie, et après eux les rois de Napata, employaient pour leurs inscriptions la langue et l'écriture égyptiennes. C'est à partir du IIe siècle av. J.-C. qu'apparaît à Koush une écriture spécifique, comportant vingt-trois caractères sous deux formes : l'une hiéroglyphique, rare et réservée à l'usage royal ou cultuel, l'autre cursive, abondamment employée par toutes les couches de la société. En raison du nombre restreint des signes, on a longtemps cru qu'ils composaient un alphabet, et une influence étrangère a même été suggérée. On sait maintenant qu'il s'agissait en fait d'un syllabaire simplifié, très proche du système utilisé en Inde ou au Tibet, mais élaboré sur place.

Les caractères cursifs dérivent du démotique, l'écriture stylisée de l'Égypte tardive, tel qu'il se présentait au IIIe siècle av. J.-C. Quant aux hiéroglyphes, ils correspondent à un choix, parfois déroutant, effectué plus tard dans le répertoire égyptien pour doter les rois de Méroé d'une écriture sacrée.

Le déchiffrement de l'écriture méroïtique, après soixante ans de tentatives infructueuses, fut réalisé en 1911 par le brillant égyptologue britannique Francis Llewelyn Griffith, mais un problème aigu se posa rapidement : l'idiome qu'on pouvait désormais lire était incompréhensible, et ne présentait aucun rapport éclairant avec les langues anciennes ou modernes connues dans cette partie de l'Afrique. Depuis bientôt un siècle, les recherches de Griffith, puis des Allemands et enfin de l'équipe française du professeur Leclant n'ont permis que de faibles progrès. Sur les quelque mille textes actuellement connus, seules les inscriptions funéraires sont relativement bien comprises. Les recherches continuent en raison de l'enjeu historique et linguistique que représenterait une éventuelle traduction, mais on ne sait si elles aboutiront un jour. Aucun document bilingue d'ampleur n'a encore été mis au jour. La langue méroïtique, l'« étrusque de l'Afrique », est une des énigmes les plus difficiles que nous aient léguées les civilisations antiques.

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Des relations mouvementées avec son puissant voisin du Nord

Durant le règne des Ptolémées, le territoire méroïtique resta fréquemment l'ultime refuge pour les rebelles qui attisaient les révoltes en Haute-Égypte, et recevaient à l'occasion le soutien logistique des souverains de Koush.

La réplique des rois hellénistiques fut souvent brutale : en 185 av. J.-C., Ptolémée V non seulement reconquit la Thébaïde perdue depuis vingt ans, mais en profita pour annexer une grande partie de la Basse-Nubie. Le premier contact avec les armées romaines fut pire encore. En 25/24 av. J.-C., les Méroïtes attaquèrent Assouan, sous la direction de leur roi. Il semble que le monarque mourut peu après, et la riposte romaine, conduite par le préfet d'Égypte Caius Petronius, affronta les armées de son successeur, une « candace » borgne selon les historiens classiques (peut-être la reine Amanirenas). On ignore la signification exacte de ce titre habituellement traduit par « reine-mère », mais on sait qu'à plusieurs reprises, des femmes, désignées dans les textes officiels comme « candace » (kdke) et « souverain » (qore), montèrent sur le trône de Méroé. La victoire des Romains, mieux armés, mieux organisés, fut complète, et des ambassadeurs méroïtes durent rencontrer Auguste à Samos en 21/20 av. J.-C. L'empereur fit apparemment preuve de clémence, et une certaine cohabitation s'instaura pour longtemps dans la région de Philae entre les autorités romaines d'Égypte et celles de Méroé. Nous ne connaissons les événements que d'après les textes grecs ou latins, forcément partiaux. On a supposé que la grande stèle d'Amanirenas et Akinidad, retrouvée près de Méroé, relate la même guerre, et pourrait donc nous procurer le témoignage du camp adverse. Malheureusement, notre mauvaise connaissance de la langue méroïtique ne nous permet pas de comprendre son contenu. Après ces événements, le royaume de Koush vivra plus de deux cents ans de paix relative.

Des rois, des reines se succèdent, qui ne sont souvent pour nous qu'un nom sur une table d'offrandes funéraires ou le décor d'une pyramide. La candace Amanishakheto, qui succéda à Amanirenas et régna à l'époque du Christ, brille pour nous d'un éclat particulier : son trésor de bijoux, retrouvé dans sa pyramide de Méroé par un aventurier italien, est actuellement exposé à Munich et à Berlin.

À la fin du IIIe siècle, les « vice-rois » méroïtiques (peseto) de Basse-Nubie ont fort à faire pour juguler les invasions fréquentes des peuples venus du désert, Blemmyes et Nobades, ancêtres des actuels Bedja et Nubiens. La fin de Méroé est encore mal connue. Vers 350 Ezanas, le roi d'Axoum, affirme sur deux stèles qu'il a combattu victorieusement les Noba (Nubiens), traversant l'ancien territoire des Kasou (Koushites). On en a conclu qu'à cette époque, le royaume de Méroé avait succombé sous les coups des Nubiens, les Abyssins n'ayant fait qu'achever le travail. Cependant, les récentes fouilles d'El-Hobagi, près de la VIe cataracte, semblent montrer que la civilisation méroïtique a survécu quelque temps après le passage d'Ezanas. La gloire de Méroé était toutefois révolue, les anciens souverains oubliés, et dans les chambres funéraires pillées des pyramides royales, le sable commença à couler doucement.

Claude Rilly

Ci-dessous, un article de nubie-international.fr


Les vestiges actuels de l'ancienne capitale du royaume de Méroé prouvent sa puissance aux alentours de notre ère. L'éclat politique et culturel du royaume fut important du fait de :

 


- sa position géographique au coeur du "corridor of Africa", dans une région agricole entre Nil blanc et Atbara bénéficiant de pluies de mousson
- sa domination sur une partie de la mer Rouge
- ses richesses minérales dont les mines d'or

 

Méroé est citée par les auteurs grecs et latins : Hérodote, Strabon, Diodore de Sicile, Pline, Héliodore. Un dignitaire de la cour d'une "reine d'Ethiopie" (Kandaké), surintendant de tous les trésors, est mentionné dans les Actes des Apôtres. La conquête d'Alexandre le Grand (331-331 av. J.-C.) et la domination romaine en Egypte influencent le royaume de Méroé dans le domaine politique et commercial. A ces incidences s'ajoutent des facteurs géographiques, géologiques, climatologiques qui marquent l'architecture locale. Grâce aux relations entretenues avec Alexandrie, des éléments étrangers forment les caractéristiques de l'architecture méroïtique. Selon Friedrich Hinkel, l'architecture profane s'appuyait sur un habitat urbain, des constructions militaires et des hafirs confirmant l'expansion politique et économique pour développer l'arrière-pays. Les vestiges de l'ancienne capitale témoignent de l'architecture sacrée dans le domaine divin et funéraire et ce sont d'abord les nécropoles qui attirent le regard. Plus de 400 pyramides, sur un millier qui a été évalué, sont encore présentes. Moins hautes que les pyramides égyptiennes (environ 30 m), elles se répartissent sur différents emplacements :

- la nécropole sud est la plus ancienne (VIIIe-IVe siècle av. notre ère) et comporte environ 200 tombes dont certaines appartiennent à des proches de la famille royale qui gouvernaient Méroé pour le compte des rois résidant à Napata.
- la nécropole ouest, environ 500 tombes dont une centaine de pyramides construites pour les membres de la famille royale, confirme l'aisance d'une classe moyenne et supérieure.
- la nécropole nord, la plus spectaculaire, offre une quarantaine de pyramides datées entre 225 av. J.-C. et 15 apr. J.-C., époque de splendeur du royaume méroïtique.

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Sudanese pyramid drawing by F. Hinkel. Singulary, its shape reminds a hieroglyphic sign that the Egyptians used in their writing (the determinative) / Dessin d'une pyramide soudanaise par F. Hinkel. Singulièrement, sa forme trés pointue rappelle un signe hiéroglyphique que les Egyptiens utilisaient dans leur écriture (le déterminatif) 
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En 1976, l'Université Humblot de Berlin, sous la direction du Dr. Friedrich Hinkel, commence l'étude et la restauration des nécropoles à la demande de la National Corporation for Antiquities and Museums (N.C.A.M.). Il est découvert que la superstructure n'a pas de pyramidion, mais une simple plate-forme au 9/10 de sa hauteur surmontée vraisemblablement d'une pierre cylindrique ou sphérique avec un disque solaire. Devant la pyramide, une chapelle funéraire pour le service des offrandes où des divinités égyptiennes, Osiris, Isis, Nephtys et Anubis apparaissent. De son vivant, le défunt devait choisir l'emplacement de son caveau, le faisait creuser et aménager. A son décès, son successeur faisait élaborer la superstructure de sa pyramide. 

Voir dans diaporama le schéma du Dr F. Hinkel

La ville s'étendait sur plus d'un kilomètre carré avec des faubourgs au nord comme au sud. Aujourd'hui, on peut admirer les vestiges de trois temples :

- le temple d'Amon (IVe siècle avant notre ère) est précédé d'une allée de béliers et construit en pierre selon le plan classique du temple égyptien.
- le temple d'Apédémak, dieu de la guerre et des forces de la vie, dont la structure devait comporter une ou deux pièces avec des colonnes décorées rappelant le modèle grec à l'époque hellénistique.
- le temple à terrasse appelé par Hérodote "Table du Soleil" se présentait avec un pylône d'entrée et une pièce-sanctuaire. Sa particularité : deux colonnades ornaient de part et d'autre le mur du temple. Lors des fouilles, beaucoup d'ossements humains ont été mis au jour ; les rois victorieux auraient-il fait exécuter les prisonniers ramenés dans leur capitale ?

Voir dans diaporama, maquette du temple du soleil par le Dr F. Hinkel

La ville royale était entourée d'un mur d'enceinte et de nombreux édifices tels que l'observatoire astronomique (selon des bas-reliefs retrouvés), la salle des audiences et les bains devaient appartenir à l'ensemble palatial. Méroé reste impressionnante par ses nécropoles et les particularismes de ses temples à une époque où les relations avec le monde gréco-romain lui permirent un développement exceptionnel.

 

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Ci-dessous, un article sur Méroé de Béryl de Witasse Thézy

 

Méroé, ou la civilisation perdue au bord du Nil…
Méroé… A l’entendre et le prononcer, on pourrait croire à un mirage venu tout droit des terres pharaoniques et des sables enchantés d’Egypte. 
C’est « presque » cela.


Méroé« Jamais ma joie ne fut plus extrême et plus vive qu’en découvrant les sommets de ces nombreuses pyramides qui étincelaient sous le soleil… » Frédéric CAILLIAUD, 1823

A quelques mètres de la Seine et des sirènes infernales de Paris, nous voilà transportés sur les rives du Nil subsaharien et de ses affluents, entre le IIIe et le IVe siècle après JC. Après un premier chantier de fouilles débuté à Méroé en 1821 par Frédéric Caillaux, des pyramides remarquablement bien conservées s’offrent aux yeux des chercheurs. A cette seconde même, la cité perdue revit et renaît de ses formes. Ici, un empire semble s’être constitué. 
Sur 1700 kilomètres le long du fleuve, des influences africaines, égyptiennes et gréco-romaines se sont mêlées pour construire et développer une civilisation à part entière. Un artisanat, un art, un rythme de vie quotidien, une langue et un système d’écriture d’un genre nouveau sont nés et ont prit place à Méroé. C’est alors qu’Amon l’Egyptien, Dionysos le Grec, et l’au-delà ont cohabité, tel que l’ont concu le peuple de Méroé. A travers plus de 200 objets, on découvre leur vie dans un mélange harmonieux de rites et de coutumes qui traduisent l’originalité et la force de l’Empire soudanais de Méroé. Céramiques raffinées, vaisselle en bronze, armes en fer, statues en bronze doré, …, les méroïtes connaissaient un grand art de l\'orfèvrerie et de la faïence. Quant au pouvoir, très centralisé dans cette culture, il était détenu par un roi associé au dieu Amon et représenté par un bélier. Les sculptures de prisonniers capturés et ligotés à genoux traduisent le caractère guerrier des méroïtes. 
L’art méroïtique diffère de l’art égyptien. Hormis les reines à la silhouette fine et élancée, les femmes sont généralement représentées avec des formes plus rondes, plus « africaines » que l’art égyptien. Quant aux pyramides, plus petites et plus pentues que les pyramides égyptiennes, elles ont, elles aussi, accueilli les rois, pharaons noirs, et l’élite du peuple. 

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L’empire a crée sa propre écriture, déclinée sous deux formes. La première, hiéroglyphique, était utilisée pour les textes religieux ; l’autre, cursive, servait dans la vie de tous les jours. Aujourd’hui, bien qu’elle ait été globalement déchiffrée, la langue, elle, n’a pas encore livré tous ses secrets. 
C’est pourquoi, depuis des dizaines d’années, les sites archéologiques sont source de bien des recherches et promettent encore de belles découvertes…


Béryl de Witasse Thézy

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English version

Pyramids of Meroe

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Pyramids of Meroe, Sudan (Order Fine Art Print) 

In approximately 1000 BCE, following the collapse of the 24th Egyptian dynasty, the Nubian kingdom of Kush arose as the leading power in the region of the Middle Nile. From 712 - 657 BCE, the Kushite kings conquered and ruled much of Egypt. Around the time of 300 BCE, the capital and royal burial ground of the kingdom moved from Napata further south to the Meroe region, located between the 5th and 6th cataracts of the Nile. Meroe was ideally situated at the junction of river and caravan routes, to connect central Africa, via the Blue and White Niles, with Egypt, the Red Sea and the Ethiopian highlands. Historical information concerning the history of the Kushite kingdom and Meroe is limited. By approximately the 1st century BCE, when the Kushinite royalty and their scribes stopped writing in Egyptian and began using their own script, it becomes impossible to understand their official inscriptions. Thus far the Kushite script has not been deciphered and historical knowledge of the civilization is based on archaeological findings and surviving Greek and Roman reports.

The pharaonic tradition of dynastic Egypt continued with a succession of rulers at Meroe, who erected stelae to record the achievements of their reigns and pyramids to contain their tombs. Meroe's political succession system was not always hereditary; the matriarchal royal family member deemed most worthy often became king. The queen mother's role in the selection process was crucial to a smooth succession. The crown appears to have passed from brother to brother (or sister) and only when no siblings remained from father to son. The extensive ruins of pyramids, temples and palaces at Meroe indicate a cohesive political system that utilized a large force of laborers, architects and artists.

Meroe - Meroe, Al Khartum

During the height of its power in the second and third centuries BCE, Meroe extended over a region from the third cataract in the north to Sawba, near present-day Khartoum, in the south. This area was the heartland of the later Kushite kingdom, and came to be known in classical literature as "the Island of Meroe." The rulers of Meroe were contemporaries with the Ptolemies of Egypt and the Romans. In the third century BC, they maintained good relations with the Ptolemies, since the kings of the two neighboring Nile states collaborated in renovating the temples of Lower Nubia that were sacred to both Kush and Egypt. Agents of the Ptolemies also traveled up the Nile as explorers and emissaries, some perhaps traveling to Meroe to haggle with the Kushite ruler over the price of war elephants which they sought to purchase for the armies of Egypt. Relations between Meroe and Egypt, however, were not always peaceful. In 23 BCE, in response to Meroe's military advance into Upper Egypt, a powerful Roman army moved south and destroyed Napata, the religious center of the Kushite kingdom. The Romans enslaved its inhabitants but then departed the area, considering it too poor for permanent settlement. Finally the Kushite kingdom declined following the expansion of the Abyssinian state of Axum (in modern Ethiopia). About 350 ACE, an Axumite army captured and destroyed Meroe, thereby ending the kingdom's independent existence.

 

The major god of the Kushite religion was a divinity of regional origin. Known as Apede-mak, and possibly a lion form of the Egyptian god Amun, he was sometimes associated with the moon. Frequently portrayed as an armored and lion-headed man, he was depicted in temples standing or seated on an either an elephant or a throne, while holding weapons, prisoners or lions and elephants. Grand temples were constructed in his honor at numerous places throughout the Kushite region.

The most visible remains at Meroe are its pyramids, which contained the tombs of more than forty kings, queens, and other important individuals. Given the existence of several large tomb-pyramids of queens and the remains of buildings exclusively bearing their names, Meroe after the 3rd century BCE appears to have been ruled by queens as well as kings. While these royal tombs were all plundered in ancient times, frescos preserved in the tombs show that the rulers were either burned, mummified (or not), and then covered with jewelry and laid in wooden cases. Some of the tombs, of both royal and wealthy individuals, also contained the skeletal remains of other humans, as well as animals. These associated burial remains indicate a belief, similar to that in dynastic Egypt, that the deceased would need and enjoy the same things in the afterlife as they had while living. Additional damage was done to the pyramids by the 19th century Italian explorer Giuseppe Ferlini who demolished the tops of more than forty pyramids in his search for treasures. Ferlini found gold in only one pyramid and his plundered artifacts were later sold to European museums. Contemporary archaeological excavations have revealed that some of the larger tombs still contain remains of weapons, wooden furniture, pottery, stained glass, and silver and bronze vessels, many of these being of Egyptian, Greek and Roman origins. Today Meroe is the largest archaeological site in the Sudan. Situated about a half a mile from the Nile, the city ruins extend over a square mile in area. Meroe was included in the UNESCO list of World Heritage sites in 2003.

 

 

The Pyramids of el-Kurru

El-Kurru lies on the right bank of the Nile, about 13 km south from the Gebel Barkal. Excavations directed by G.Reisner in 1918-19 discovered on the cementery pyramids, which stood above tombs of kings of XXV Dynasty: PiankhiShabakaShabataka and Tanutamon. Pyramid of Piankhi had a base length of  about 8 m and a slope of probably about 68o. A stairway of 19 steps opened to the east and led to the burial chamber cut into the bedrock as an open trench and covered with a corbelled masonry roof.  Piankhi's body  had been placed on a bed which rested in the middle of the chamber on a stone bench with its four corners cut away to receive the legs of the bed, so that the bed platform lay directly on the bench. The pyramids of Piankhi cuccessors were similiar. There were also 14 queens pyramids at el-Kurru, 6 to 7 m square, compared to the 8 to 11 m of the king's pyramids. Northeast of the royal cementery, G.Reisner found the graves of 24 horses and two dogs.

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A - Kashta
B - Piankhi
C - Shabaka
D - Tenutamon

 

 

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The Pyramids of Nuri

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The pyramid field of Nuri contained 21 kings together with 52 queens and princesess . The first to build his tomb at Nuri was king Taharqa. His pyramid had 51.75 m square and 40 or 50 m high. Taharqasubterranean chambers are the most elaborate of any Kushite tomb. The entrance was by an eastern stairway trench , north of the pyramid's central axis, reflecting the alignment of the original smaller pyramid. Three steps led to a doorway, with a moulded frame, that opened to a tunnel, widened and heightened into an antechamber with a barrel-vaulted ceiling. Six massive pillars carved from the natural rock divide the burial chamber  into two side aisles and a central nave, each with a barrel-vaulted ceiling. The entire chamber was surrounded by a moat-like  corridor entered steps leading down from in front of the antechamber doorway.  After Taharqa 21 kings and 53 queens and princesess were buried at Nuri under pyramids of good masonry, using blocks of local red sandstone. The Nuri pyramids were generally much larger than those at el-Kurru, reaching heights of 20 to 30 m.  The last king to be buried at Nuri died in about 308 BC.

A - stairway
B - burial chamber
C - first chapel
D - preserved height in 1916

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The Pyramids of Meroe

meroe.gifAfter 308 BC rose to prominence, and kings began to build pyramids on cementary of Meroe, between the 5th and 6th cataracts. Meroe remained the royal cementary for 600 years, until AD 350. The step-sided pyramids of Meroe were built of sandstone, 10 to 30 m high. As at Nuri, the pyramids were stepped and built on a plinth, but now each triangular face was framed by smooth bands of raised masonry along the wedges where the faces met.

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