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Moscovici : "La démocratie en soi, c’est un peu gazeux comme concept"

Publié par wikistrike.com sur 13 Février 2012, 09:19am

Catégories : #Politique intérieure

Moscovici : "La démocratie en soi, c’est un peu gazeux comme concept"

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François Hollande ne souhaitant pas s’abaisser sur le plateau de Laurent Ruquier, c’est son directeur de campagne (et peut-être futur Premier ministre) Pierre Moscovici qui était hier soir l’invité politique d’On n’est pas couché. L’ancien lieutenant de DSK a eu droit à 50 minutes !, bien plus que la plupart des autres candidats. Tout au long de sa prestation, il a réduit la présidentielle au duel Hollande-Sarkozy.

 

Mais surtout, durant cet interminable échange, assez insipide il faut le dire, Pierre Moscovici a fait son "coming out" : il n’est pas démocrate. En effet, alors qu’on l’interroge sur la difficulté que rencontre Marine Le Pen à récolter ses 500 signatures, il justifie que le PS ne l’aidera aucunement à les obtenir et ne se sentira pas coupable si jamais elle est absente. Il ne voit pas au nom de quoi il lui donnerait ce coup de pouce : "Nous n’avons pas à lui apporter une aide, parce que, au fond, c’est quand même absurde, ce serait au nom de quoi, je ne partage rien avec elle, aucune conviction, aucune valeur..." Ce à quoi Natacha Polony répond, pleine de bon sens : "Au nom de la démocratie..." Et là Moscovici tombe le masque : "La démocratie en soi, reconnaissez que c’est un peu gazeux quand même comme concept". Et Polony de répondre : "Non, la démocratie ne me semble pas gazeuse, c’est une question de conception ce qu’est la représentativité..." (voir la 1ere vidéo entre 9min15 et 12min 25)

 

Tout le monde sait que le système des signatures vise à écarter les candidatures farfelues (genre l’ex-star du X qui représente le parti de l’amour...). Accorder sa signature n’est en rien un soutien, c’est un acte démocratique qui permet à tout candidat sérieux et un minimum représentatif de se présenter à l’élection. Or tous les barons des grands partis viennent nous dire qu’ils refusent de parrainer tel ou tel parce qu’ils ne partagent pas ses idées, ce qui est absurde ! c’est un contre-sens complet ! et ils le savent évidemment (à moins d’être totalement idiots), et donc nous prennent pour des cons. Leur attitude nous renseigne malheureusement très bien sur leur sens, totalement perdu, de la démocratie. N’a droit de concourir, selon eux, à la compétition électorale que les candidats qui partagent, au moins un peu, les mêmes idées qu’eux... Cette tournure d’esprit ne se rapprocherait-elle pas dangereusement du fascisme ?

 

Imaginons un seul instant que le FN soit au pouvoir et ait la même hégémonie que le PS aujourd’hui dans les régions. Imaginons que Marine Le Pen, chef de l’Etat, dise qu’elle n’accordera aucune signature aux candidats du PS et de l’UMP (pas plus qu’aux Verts d’ailleurs, au Modem, au NPA, etc.), parce qu’ils ne partagent pas ses idées. Tout le monde crierait, avec raison, au fascisme et descendrait dans la rue. Mais dans le sens inverse, ça paraît très normal... Dans un pays démocratique, tous les candidats sérieux, même s’ils pèsent 1% ou 0,5% devraient recevoir des milliers de signatures en quelques heures. Nous en sommes loin, très loin.

 

La conception de la démocratie qu’a Moscovici me rappelle un peu celle de Jacques Attali, qui reconnaissait sans gêne que les concepteurs du traité de Maastricht, dont il était, avaient fait en sorte qu’en sortir ne soit pas possible, ce qui n’était "pas très démocratique", il le reconnaissait, mais bon, la démocratie on s’en fout un peu, on l’utilise quand ça nous arrange...

 

La suite de la longue interview de Pierre Moscovici :

 

Dans la 3e vidéo, après un monologue interminable et invraisemblablement niais et confus de Francis Huster, Natacha Polony revient à la charge sur la question de la laïcité et démasque une nouvelle fois le PS, qui manifestement n’a pas compris ce que c’était. On sait que le PS veut inscrire la laïcité dans la Constitution, mais le problème c’est que, jusqu’ici, il ne l’a jamais fait respecter et s’est montré incroyablement lâche... Pensons aux prières de rue à Paris tolérées durant près de 10 ans. Polony prend l’exemple de la burqa. Moscovici rétorque que c’est un faux problème car il n’y en a que 2000 en France. Polony lui répond alors : "Vous oubliez ce que c’est que la laïcité justement, la laïcité c’est un principe, la question ce n’est pas le nombre, la question c’est la façon dont nous considérons nos principes face à leur remise en cause, c’est tout, c’est pas une question de nombre". Lors de sa défense, Moscovici indique que le président Sarkozy ne cesse de "valoriser certaines religions par rapport à d’autres" ; on aimerait bien savoir de quoi parle le socialiste... Pense-t-il que Sarkozy valorise trop le christianisme et le judaïsme au détriment de l’islam ? C’est amusant à entendre, trois jours seulement après le dîner du Crif auquel toute la classe politique française, PS inclus, s’est rendue...

 



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