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Mystérieuse épidémie au Nicaragua

Publié par wikistrike.com sur 25 Septembre 2013, 08:21am

Catégories : #Santé - psychologie

Mystérieuse épidémie au Nicaragua

 

 

 

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Les morts se suivent et se ressemblent. Dans le nouveau cimetière de Chichigalpa, au nord-ouest du Nicaragua, une procession quasi continue d'hommes et de femmes pleure sa colère. Le terrain vague, brûlé par le soleil, a été acheté il y a deux ans par la municipalité "afin de répondre à la demande", précise le gardien du cimetière. Sur son registre, les noms précédés d'une croix sont ceux des ouvriers agricoles de la plus grande exploitation de canne à sucre du pays, morts dans la force de l'âge. "Ils représentent plus de 80 % des hommes enterrés ici", affirme cet ancien cañero. Dans la case "cause du décès", on peut lire : créatinine. 

Ce mot inconnu de tous il y a vingt ans est sur toutes les lèvres. Cette molécule, fabriquée par l'organisme, est normalement filtrée puis éliminée par les reins. Sauf qu'ici les reins ne fonctionnent plus. Et la créatinine s'accumule dans les corps usés, au point de les intoxiquer. D'après une étude du Centre d'investigation de la santé, du travail et de l'environnement (Cista) de l'université de Léon (Nicaragua), environ 65 % des hommes de Chichigalpa présentent des dysfonctionnements rénaux et 30 % sont à un stade irréversible où seules des dialyses régulières peuvent les sauver d'une mort certaine. On parle alors d'insuffisance rénale chronique. 

D'ordinaire, cette affection touche les personnes âgées, obèses ou diabétiques. Ici, ce sont essentiellement des hommes entre 30 et 50 ans, sans aucun antécédent médical. Des hommes pauvres, qui travaillent plus de dix heures par jour dans les immenses champs de l'Ingenio San Antonio, le principal employeur de la région. 

"Nous avons commencé à observer une surmortalité d'hommes jeunes au début des années 2000", retrace le docteur Aurora Aragon, du Cista. Ses travaux montrent que le taux de mortalité dû à l'insuffisance rénale chronique est, ici, treize fois supérieur à la moyenne nationale. Et les cañeros courent huit fois plus de risques d'être atteints que le reste de la population... Mais ils ne sont pas les seuls concernés : les mineurs d'or du département voisin présentent également une incidence anormalement élevée de cette maladie. 

VÉRITABLE ÉPIDÉMIE 

"La preuve que nous ne sommes en rien responsables de cette épidémie", clame l'entreprise sucrière, qui n'a de cesse de renvoyer à l'étude qu'elle finance en partie, réalisée par l'école de santé publique de Boston. En 2008, cet institut a été choisi au terme d'une médiation entre l'entreprise, les malades et la Banque mondiale. Cette dernière avait en effet investi 55 millions de dollars (41,2 millions d'euros) en 2006 dans la société sucrière pour la moderniser et lui permettre d'acquérir plus de terres : 70 000 hectares de cannes verdoyantes sont désormais cultivés tout autour de Chichigalpa, contre 11 000 en 2006. Les effectifs ont été multipliés par deux, atteignant jusqu'à 5 000 ouvriers durant les récoltes. 

"Au début, on incriminait la consommation d'un alcool local à base de canne à sucre", se souvient Daniel Brooks, qui dirige l'équipe de Boston. Aujourd'hui, son hypothèse est bien différente. La piste toxique, qu'ici tout le monde privilégie, n'est pas la sienne. "Les concentrations en métaux lourds et pesticides dans l'urine et le sang des malades ne dépassent pas les teneurs moyennes. Et nous n'avons détecté aucune augmentation alarmante de substances chimiques dans l'eau, expose l'épidémiologiste. Nous pensons que les causes principales de cette épidémie sont à rechercher du côté de la déshydratation chronique et des coups de chaleur que subissent non seulement ces ouvriers agricoles, mais aussi les mineurs d'or.» 

Une étude menée chez la souris par des chercheurs de l'université de Denver confirme qu'une mauvaise hydratation provoque des dommages irréversibles sur les reins. "Le manque d'eau active l'enzyme fructokinase, qui, à haute dose, endommage les cellules des reins", explique Richard Johnson, coauteur de ces travaux en cours de publication. 

Cette conclusion fait grincer bien des dents. Les cañeros n'y croient pas. "Je bois entre 8 et 10 litres d'eau quand je travaille à la coupe, s'emporte Juan, malade tout comme son père et ses oncles. Ici, nous sommes tous persuadés d'être contaminés par les pesticides." C'est aussi l'avis d'Emilio Molina, un avocat qui vient de déposer une plainte contre l'entreprise signée par près de 800 malades. "Ils utilisent les "douze salopards", les pesticides reconnus comme les plus dangereux. Les ouvriers arrivent en bonne santé, et, au bout de quatre saisons, ils meurent", attaque cet avocat, natif de Chichigalpa, lui-même malade après avoir travaillé quelques saisons dans les champs. S'il n'obtiendra aucune preuve scientifique dans les études menées au Nicaragua, il pourra s'appuyer sur des travaux, menés hors du pays. 

20000 MORTS À TRAVERS LE MONDE 

Car les milliers de malades de Chichigalpa possèdent des frères d'infortune dans toute l'Amérique centrale, et même en Inde et au Sri Lanka. Dans cette île d'Asie du Sud-Est, quelque 200 000 personnes, essentiellement des agriculteurs, souffriraient de cette forme d'insuffisance rénale chronique. L'OMS y a mené une étude, tout juste publiée. "La déshydratation et les coups de chaleur ne peuvent expliquer l'émergence de cette épidémie au Sri Lanka", résume Shanthi Mendis, coordinatrice du département des maladies chroniques à l'OMS. Les mesures ont révélé des teneurs en cadmium et en pesticides significativement plus élevées dans l'urine des personnes malades. Dans les zones endémiques, des végétaux comme le tabac et le lotus présentent des concentrations en cadmium largement supérieures aux normes sanitaires. 

Ce métal lourd, connu pour ses effets toxiques sur les reins, proviendrait notamment d'engrais chimiques. "Pour nous, il s'agit clairement d'une néphropathie toxique, principalement liée à une exposition chronique au cadmium", tranche la chercheuse de l'OMS. Ce qui rejoint les résultats d'une autre équipe du Salvador, qui incrimine plutôt les pesticides. Au total, cette épidémie aurait déjà fait plus de 20 000 morts à travers le monde en quinze ans. 

Imperturbable, l'entreprise sucrière Ingenio San Antonio fête cette année un nouveau record de vente de son rhum, Flor de Caña. Quant à la Banque mondiale, elle a de nouveau investi 15 millions de dollars (11,2 millions d'euros) dans une autre entreprise sucrière du pays. Ce qui devrait créer 1 300 emplois. Et combien de malades ?

 

Source

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Laurent Franssen 27/09/2013 00:09


Personellement si il faut éclaircir, je réponds effectivement à l'article.
Ce que je dis me semble clair.,.

bien que ce ne soit pas une garantie... 

lesage 25/09/2013 15:55


Et si on envisageait comme cause les engrais, désherbants et autres saloperies qu'on sert surement dans ce genre de culture... 

Info 25/09/2013 15:32

Les trolls font vraiment pitiés sur ce site. Vraiment pas intelligents. Cet imbécile de troll ne réalise même pas que s'il lit et répond à Laurent alors il prouve que Laurent ne parle pas tout
seul. LOL

Jean Yves 25/09/2013 12:14


Mon double est encore là ? Ce petit jeu d'usurpation doit l'amuser! Gaminerie

Jean Yves 25/09/2013 11:24


tu parle encore seul mon laurent ? Pathétique

Laurent Franssen 25/09/2013 11:14


pragmatique 

11 devient 70
et 1 devient 2 ?
Allons allons...

Imaginez à quel point un corps travaille pour assimiller, utiliser,rejeter 10 litres d'eau par jour... 

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