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"Si vous ne changez pas en vous-même, ne demandez pas que le monde change"
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BOSTON (Etats-Unis) - Des poissons sont devenus plus audacieux et plus voraces après
avoir absorbé des résidus de tranquillisant qui se trouvent dans les eaux usées et finissent dans les lacs et les rivières, menaçant de perturber l'écosystème, selon une étude publiée
jeudi.
Des chercheurs de l'université d'Umea en Suède ont constaté que des perches européennes qui absorbaient des doses d'anxiolytique
oxazépan équivalentes à celles trouvées dans les cours d'eau en zones urbaines en Suède, étaient plus audacieuses et voraces.
Les perches qui ont avalé de l'oxazépam osaient s'éloigner de leur refuge pour explorer de nouveaux lieux potentiellement dangereux
pour elles, explique Thomas Brodin, un écologiste de l'université d'Umea, principal auteur de l'étude, présentée au premier jour de la conférence annuelle de l'American Society for the
Advancement of Science, à Boston (Massachusetts, nord-est).
Elles sont aussi devenues anti-sociales, se tenant à l'écart des autres perches, s'exposant ainsi à de plus grands risques d'être
dévorées par un prédateur.
Or les perches qui n'ont pas été exposées à ce médicament restaient cachées dans leur abri, un comportement normal pour ce poisson
plutôt timide, poursuit ce chercheur.
Ces poissons avaient emmagasiné dans leurs tissus musculaires des concentrations d'oxazépam comparables à celles des perches dans la
nature, soulignent les auteurs, dont l'étude est publiée dans la revue américaine Science datée du 15 février.
Il est ainsi probable qu'en Suède les perches, dont beaucoup sont exposées à ces résidus d'oxazépam, voient leur comportement
changer, ce qui pourrait finir par affecter l'équilibre des espèces aquatiques et entraîner des changements écologiques, comme une prolifération d'algues.
Un véritable cocktail de médicaments se retrouve dans les systèmes aquatiques à travers le monde, selon ces chercheurs.
Des études plus étendues seront toutefois nécessaires avant de conclure sur la façon dont ces changements de comportement peuvent
affecter les écosystèmes.
La solution n'est pas d'arrêter d'utiliser ces médicaments pour les malades, mais de s'efforcer de mettre au point des stations
d'épuration des eaux usées pouvant capturer les substances présentant un risque environnemental, conclut Jerker Fick, un des co-auteurs de la recherche.