Nicolas Sarkozy invente le concept de « musulmans d'apparence » ou la récupération politique de l'affaire Merah

 

sarkonasi.PNGCe dimanche – il fallait bien s'attendre à cela – Marine Le Pen a prononcé undiscours très virulent sur l'islam radical et l'immigration lors d'un meeting près de Nantes :

« Combien de Mohamed Merah dans les bateaux, les avions, qui chaque jour arrivent en France remplis d'immigrés ? (...) Combien de Mohamed Merah parmi les enfants de ces immigrés non assimilés ? (…) Je mettrai l'islam radical à genoux. »

Invité de France Info ce lundi matin, Nicolas Sarkozy a commencé par bien faire le job, en évitant tout amalgame et en refusant de faire du cas de Mohammed Merah « la partie émergée de l'iceberg » comme l'avait expliqué la candidate du FN.

« Dire immigration = Mohamed Merah, qui est né est France, cela n'a aucun sens. Dire Mohamed Merah, c'est l'intégration, c'est absurde. »

Très juste. Puis, lorsqu'il s'est agi de trouver ses mots, le président de la République a été nettement moins heureux, expliquant que « deux de nos soldats étaient musulmans d'apparence » :

« Je rappelle que deux de nos soldats étaient – comment dire ? – musulmans, en tout cas d'apparence, puisque l'un était catholique. D'apparence... Comme on dit : de la diversité visible. »

« Musulman d'apparence », voilà donc une nouvelle expression qui n'a aucun sens. Elle désigne Abel Chennouf, l'un des trois militaires abattus à Montauban le 15 mars dernier. Nicolas Sarkozy avait déjà dit de lui qu'il était musulman. Non, il était catholique pratiquant, d'origine kabyle. Ce n'est pas si compliqué à retenir.

Ou Nicolas Sarkozy aurait mieux fait de dire : « des soldats que le tueur pensait musulmans ». Moins maladroit.

 

Source: Rue89

Tag(s) : #Politique intérieure
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