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« On peut nourrir 10 milliards d’humains en bio sans défricher un hectare »

Publié par wikistrike.com sur 27 Novembre 2012, 19:30pm

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

« On peut nourrir 10 milliards d’humains en bio sans défricher un hectare »

 

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Interview - Résoudre la question alimentaire à l’échelle planétaire, en se passant de l’agriculture conventionnelle ? Ça ressemble à une utopie, mais c’est la réalité de demain, selon certains. Parmi eux, l’agronome Jacques Caplat. Entretien.

Jacques Caplat est agronome et géographe.

L’idée que les rendements en bio sont plus faibles qu’en conventionnel est récurrente…

Si l’on considère que l’agriculture bio, c’est faire la même chose qu’en conventionnel moins la chimie, alors oui, c’est certain. Mais ça n’est pas ça du tout !

Que faut-il comparer, alors ?

Le système conventionnel s’est construit sur l’idée qu’on peut augmenter les rendements en sélectionnant les semences. On les isole et on regarde comment on peut les faire produire au maximum dans un contexte artificiel. On obtient alors de très hauts rendements, mais ils n’ont plus aucune relation avec la réalité biologique. Et dans le réel, ces variétés doivent être soutenues en permanence par des pesticides et engrais chimiques. Elles deviennent très fragiles. Les parasites se précipitent dessus. Il faut multiplier les intrants. C’est un cercle vicieux. L’agriculture bio est un autre concept. C’est la mise en relation des trois grandes composantes de l’agriculture : un écosystème (le sol, les points d’eau, des haies), un agrosystème (plusieurs espèces végétales, des animaux) et des humains autonomes, en situation de prendre des décisions et non de se les voir imposer par des semenciers ou des politiques.

Ce concept fonctionne de façon optimale avec un mélange de cultures sur une même parcelle. Des légumineuses, parce qu’elles sont capables de capter l’azote de l’air. Des arbres, parce qu’ils vont chercher le potassium en profondeur et le restituent en surface. Il n’y a plus de concurrence entre les plantes, mais une complémentarité. Cela permet de bien meilleurs rendements. En Europe, un hectare de blé conventionnel produit 10 tonnes par an. Sur une même surface consacrée au maraîchage diversifié, avec 20 à 30 espèces différentes, on atteint entre 20 et 70 tonnes. Les légumes contenant plus d’eau que le blé, on peut ramener ces chiffres entre 15 et 25 tonnes de matière sèche. Le rendement est deux fois plus grand !

Vous soutenez que l’agriculture bio est le seul système viable dans les pays tropicaux…

Le système conventionnel ne marche qu’en milieu tempéré. Il lui faut une stabilité climatique. Dans les pays tropicaux, les excès de pluie ou de sécheresse peuvent anéantir une année de production en monoculture. L’agriculture associée est plus adaptée. On peut semer des espèces résistantes à la sécheresse, d’autres à des conditions plus humides. Le rendement de chacune n’est pas garanti, mais le rendement global l’est. Et s’il y a des arbres, ils stabilisent les sols et limitent l’érosion. Or, ces conditions aléatoires atteignent les milieux tempérés. Avec le réchauffement, les incidents climatiques sont plus fréquents. Et notre système est d’autant plus fragile que les sols se sont appauvris.

Que disent les études scientifiques sur cette question ?

L’université anglaise de l’Essex a réalisé en 2006 une synthèse sur 57 pays et 37 millions d’hectares. Elle conclut que les rendements sont 79 % plus élevés en agriculture bio dans les zones tropicales. Le Programme des Nations unies pour l’environnement évaluait en 2008 que le passage en bio en Afrique permettrait de doubler les rendements. Olivier de Schutter, rapporteur des Nations unies pour le droit à l’alimentation, écrivait en 2010 : « Pour nourrir le monde, l’agroécologie surpasse l’agriculture industrielle à grande échelle. » Un bémol cependant : en 2006, l’université américaine du Michigan montrait que la conversion intégrale en bio de l’Amérique du Nord et de l’Europe ferait chuter leurs rendements de 5 % à 10 %. Car il s’agirait, dans ce cas, de faire du conventionnel sans chimie, de la monoculture. Mais à long terme, si l’on répand les techniques de cultures associées, on peut penser qu’il y aura une amélioration. Et puis, comme dans les pays tropicaux les rendements augmenteront énormément, à l’échelle planétaire, tout ira bien ! On peut nourrir 10 milliards d’humains sans défricher un hectare de plus. D’un point de vue agronomique, c’est indéniable.

Cette transition est-elle possible ?

Dans les années 1960, on s’est donné un objectif, celui d’une révolution agricole industrielle, et on y est parvenu. Pourquoi pas aujourd’hui ?

Qu’attendre de la réforme de la PAC, la politique agricole commune, en 2013 ?

Elle ne va pas changer la donne. Mais sur la plan national, on peut expliquer aux paysans que l’agriculture bio, c’est l’avenir. Pour 90 % d’entre eux, c’est ringard. Alors que techniquement, c’est très moderne. Beaucoup de progrès récents en sont issus. On peut ensuite faire de l’accompagnement. Et une réforme fiscale. L’agriculture bio réclame plus de main-d’œuvre. Or, aujourd’hui, il est plus avantageux d’acheter une machine que d’embaucher.

Que pensez-vous de la politique du gouvernement actuel ?

Je suis sceptique et déçu. L’objectif du Grenelle d’atteindre 20 % de bio en 2020 n’était pas mauvais. Signé par tous les partis, il permettait de faire basculer les choses. Mais à la Conférence environnementale de septembre dernier, l’objectif a été fixé à 7 % en 2017. Il n’y a aucune ambition politique. Il faudrait dès aujourd’hui consacrer 20 % de la recherche et des moyens d’accompagnement à l’agriculture bio. Or, à l’Inra, seuls 2 % à 3 % des chercheurs sont dessus. Et il s’agit de volontés individuelles !

Et au niveau international ?

C’est très complexe. Prenez la région d’Atakora, au Bénin. Des associations se sont montrées capables de nourrir l’ensemble du pays avec des méthodes d’agroécologie. Mais les paysans ne peuvent pas vendre leur mil à Cotonou, la capitale, car le blé, français ou américain, y est vendu moins cher. Un mécanisme de compensation, prenant en compte les coûts environnementaux (pollution des nappes, conséquences sur la santé) rendrait la concurrence plus juste. —


L’Agriculture biologique pour nourrir l’humanité, de Jacques Caplat (Actes Sud, 2012)

 

Source: Terraeco

Commenter cet article

Antisioniste 29/11/2012 14:03


Eh bien dans se cas preparons nous au pire et travaillons pour le meilleur non pas pour nous donner bonne conscience et croire à l'incroyable, mais par esprit de responsabilité, si tant cet
esprit existe réelement en chacun (E) de nous.

XAAL 29/11/2012 00:43


oui rassure toi, je crois moi aussi que c'est une utopie, mon point de vue est purement théorique et bien entendu je ne crois pas une seule seconde que l'ensemble du monde va s'entendre pour
prendre des mesures afin de baisser le niveau de la  population. D'où mon extrême pessimisme quant à la suite des événements, ce qui a tendence à me rendre parfois cynique.


Un dessin valant mieux qu'un long discours...


Oui la courbe commence en 10.000 avant JC.  Le problème est là bien visible. Cette courbe me fait penser à certaines bulles boursière, où les cours se sont envoler à des niveaux
stratosphériques et ridicules pour ensuite retomber comme un soufflé au fromage sortant du four. C'est ce qu'il va nous arriver, de gré ou de force nous redescendrons sous les 100 millions
d'habitants, et ce sera dans la douleur.


 



Antisioniste 28/11/2012 22:03


Cette solution pour paré au surpeuplement dont tu parle est une utopie, car rien qu'en pensant au cout d'une sensibilisation à l'echelle mondial j'ai deja le  vertige sans parler des
conflits permanent qui perdurent depuis plus d'un demi siecle ainsi que ceux qui viennent de naitre et ceux qui sont en phase préparation ou de mise en place, je crois vraiment que ton idée et
utopique avec un coté eugénique, meme si je suis persuadé que ton intention est louable et honnorable.

rey 28/11/2012 20:43


Pas mal ton idée de limiter à 2 enfants par couple, c'est vrais que ca ferait une décroissance douce ... Et merci pour les citations, je ne m'en souvenais plus.


 

XAAL 28/11/2012 20:04


Et bien une première solution serait le contrôle des naissances, dissuader les familles d'avoir beaucoups enfants, comme proposé plus bas. Celà va à l'encontre des libertés individuelles et
primordiales, c'est vrais, mais le problème est tellement grave qu'il ne doit certainement pas exister de solution "douce".  


PAr exemple:; à partir du deuxième enfant, les femmes seraient encouragées à se faire stériliser. Celles qui accpeteront pourraient recevoir une prime ( ce qui reviendra moins cher que de verser
des allocations familliales durant 20 ans). Dans les pays où les allocations familialles n'existent pas, cette prime pourrait encouragerait les personnes démunies à accpeter cette stérilisation,
et avec cet argent.


Le taux de renouvellement d'une population est légèrement supérieur à 2 enfants par femme, en limitant le nombre d'enfants par famille à 2 enfants la population mondiale finirait par décroitre
tout doucement sans provoquer de désiquilibre entre population jeune et veillisante.  


A mon niveau personnel, j'ai un enfant et je ne souhaite pas en avoir d'avantage, je ne désire pas contribuer à cettefolle croissance exponentielle de la population mondiale.


Bien entendu il faut une volonté au niveau mondiale, avec un fond créé pour financer les primes, ect.   Si on ne fait rien ou si personne ne réagit, nous finirons comme ce troupeau de 29
rennes qui en 1944 ont été introduits sur l'ile de St Matthew en mer de Béring. Les ressources alimentaires étaient abondantes et
les rennes n'avaient pas de prédateur, la population a explosé, atteignant 6 000 individus dans l'été 1963, soit une croissance de 30% par an. 


Quelques mois après ce pic démographique, toute la population
de rennes déclina et il n'est resté que 42
femelles, les rennes moururent de faim car la
végétation avait été gravement et durablement dégradée.  


La population de rennes avait dépassé la charge maximale de
l'ile, comme la population humaine actuellement a dépassé la charge maximale de la Terrre.


Pour terminer j'ajoute 2 citations qui en deux phrases expliqueront mieux la situation qu'un long texte  : 


Le commandant Cousteau a déclaré : « Une terre et une humanité en
équilibre, ce serait une population de cent à cinq cent millions de personnes, mais éduquées et capables d'auto-subsistance. Le vieillissement de la population n'est pas le problème. C'est une
chose terrible à dire, mais pour stabiliser la population mondiale, nous devons perdre 350 000 personnes par jour. C'est une chose horrible à dire, mais ne rien dire l'est encore
plus.


Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies (1997 - 2006) a
déclaré : « Si nous continuons dans cette voie, si nous ne
faisons rien pour enrayer l'accroissement de la population, nous allons en payer le prix, nous allons nous retrouver dans un monde surpeuplé. La démographie a un impact sur le développement
économique, sur l'environnement et sur les ressources de la Terre qui sont limitées.








 

Antisioniste 28/11/2012 15:14


@ XAAL


j'ai pas dit que quelqu'un ici l'a proposé, mais tout est lier quant on parle de ressources on fait indirectement allusion à la surpopulation et les solutions déja proposé sur lequels je ne vais
pas m'attarder ici.


Oui il se peut que je soi a coté du sujet, et qu'une bonne répartition des ressources  puisse provoqué plus de pollution comme tu dis. alors éclaire nous, dis nous le fond de ta pensée donne
nous la solution de ton point de vu.

XAAL 28/11/2012 14:26


@ antisioniste.


Personne n'a proposé d'exterminé qui que ce soit, donc pourquoi rétorque-tu que nous devriosn commencer par disparaitre ? Ce n'est pas très logique.


Et puis cet arguement est précisément ce qui va nous conduire droit au mur : on voit bien les problèmes causé par la surpopulation mais pour être politiquement correct on ne dit rien, les
responsables ne disent rien. AUTOSUICIDE PROGRAMME.


La répartition équitable des richesses n'a rien à voir dans le problème et ne résoudra rien, tu es à côté du sujet. D'ailleurs j'imagine que si les ressources étaient mieux partagées, celà
provoquerait encore plus de pollution.

Antisioniste 28/11/2012 12:45


Je propose que tous ceux/celles qui sont pour la réduction de la population humaine soi les premiers a  se sacrifier ainsi que leur famille pour donner l'exemple, n'importe quoi, le probleme
n'est  pas la surpopulation mais l'iniquité et l'inégalité dans dans la gestion et le partage des ressources sans oublier le marasme communautaire régis et utiliser par cela meme qui parle
de réduction de la population et qui se construisent des bunker de survie pour leurs survie et pas celle des imbéciles qui croivent en leur théories fumeuses.

XAAL 28/11/2012 10:25


L'article dit que l'on pourrait nourrir 10 milliards, pas qu'il faudrait nourrir 10 milliards 


Evidemment les irrsponsables peuvent se servir de cette article pour justifier l'augmentation de la population qui va nous mener à notre perte. 

rey 28/11/2012 08:25


Tout à fait d'accord avec toi Lola. D'ailleur Cousteau disait qu'il fallit revenir à un e population de 1 à 2 milliards d'individus. En tout cas, je pense ue l'humanité est vraiment trop
nombreuses et qu'ils faudraient trouver une solution pour la faire redescendre. Mais laquelle? Un contrôle stricte des naissances, qui garantirait une atteinte à la liberté des hommes? Je ne vois
que cette soluton, mais peut être que la nature aura aussi sont mots à dire, car n'importe quelles espèces animales s'autorégulent naturellement par baissent de fécondité, maladies, ou autres.
L'humain a aussi la capacité de s'auto-détruire ...


Bref, c'est un sujet important je trouve dont il est pas évident de parler!

Lola 28/11/2012 07:58


"Nourrir" plus de monde, sans doute. 


Le problème c'est que les humains, qu'ils soient riches ou pauvres, qu'ils vivent dans l'anti modèle occidental ou qu'ils aspirent à y entrer, ne veulent pas seulement être "nourris" . Ils
veulent un tas d'autres  choses que soit 'ils aspirent  à conserver,  soit à acquérir et cela  détruit, empoisonne et épuise les eco-systèmes . Il est donc très dangereux de
dire que l'on pourrait être ENCORE plus sur la terre. La Terre ne supportera plus cela longtemps.


S'il s'agissait de n'importe quelle population d'une autre espèce, comme des sangliers, des lapins ou des loups.... on voterait vite  une loi pour en décimer une bonne partie avant qu'elle
n'ait fait trop de dégâts et nous, nous ne comprenons pas qu'il est vital pour l'avenir des générations futures et du vivant en général de limiter , par nous même, les naissances avant qu'il ne
soit trop tard, s'il ne l'est déjà...


"Le désir de vie tue la vie..."

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