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Pacifique: -90% de requins en 10 ans !
D’après une étude américano-canadienne, le nombre de requins présents dans l’océan Pacifique aurait chuté de 90 % en dix
ans.
Selon une étude américano-canadienne publiée fin avril dans la revue Conservation Biologie, le déclin des populations de requins s’accentue lorsque l’on se rapproche des lieux de
peuplement humain. Le constat dressé par les scientifiques est sans appel : au cours de ces trente dernières années, de 30 à 70 millions de squales auraient été tués
chaque année par l’Homme (NDLR : plus de 100 selon certaines associations de protection de la nature).
De quoi menacer sérieusement la préservation de cet animal dont un tiers des espèces sont actuellement menacées d’extinction. Situés au sommet de la chaîne alimentaire
marine, les requins sont de ce fait des régulateurs de la biodiversité et leur disparition aurait de très graves conséquences pour l’écosystème océanique.
Or, « il reste moins de 10 % des populations de ces requins dans les zones peuplées », estime Marc Nadon, cité par nos confrères du Nouvelobs.com, chercheur à l’Institut de
recherche marine et atmosphérique de l’Université d’Hawaï (États-Unis), auteur principal de l’étude et selon lequel « hommes et requins ne font pas bon ménage ».
« Les résultats suggèrent que les hommes ont aujourd’hui une influence plus forte sur l’abondance des requins de récifs que la qualité de l’habitat ou les facteurs océanographiques », précisent
les scientifiques, qui ont mené plus de 1 600 enquêtes sous-marines dans près de quarante-six îles et atolls du Pacifique.
À ces données recueillies entre 2004 et 2010 s’ajoutent les informations collectées par les chercheurs auprès des populations humaines ainsi que les mesures de températures relevées par des
satellites à la surface de l’océan. Inédite, l’étude a permis de recenser les effectifs de squales présents dans l’océan Pacifique.
Interrogé par le Figaro.fr, M. Nadon déplore « que le nombre de requins de récifs (ait) fortement diminué, surtout autour des îles très peuplées ». » La baisse y dépasse les 90 % comparativement
aux requins évoluant à proximité de récifs coralliens et îles isolées », souligne-t-il.
Victimes de la surpêche et du shark finning, – une pratique qui consiste à couper les ailerons des squales avant de rejeter les corps ainsi amputés à la mer –, les requins sont surtout
traqués pour leurs ailerons, très convoités en Asie.
Pour satisfaire une demande croissante de ce met très prisé et auquel certaines cultures attribuent des vertus aphrodisiaques, les flottes de pêche étrangères vont jusqu’à employer les
populations des atolls peu peuplés du Pacifique pour pêcher les mammifères marins. De fait, mêmes les lagons les plus isolés accusent une diminution dramatique des effectifs de requins, sachant
que les prises accidentelles par les pêches industrielle et de loisir sont aussi monnaie courante.
Plusieurs zones étudiées par les scientifiques telles que les îles du nord-ouest de l’archipel d’Hawaï, trois des îles Mariannes (États-Unis) et toutes les îles du Pacific Remote Island
Area (États-Unis) sont de surcroît des espaces maritimes placés sous protection fédérale. Une précision qui démontre les limites des réserves marines dans les régions éloignées où
les réglementations sont mal voire pas du tout appliquées.
« L’application (des réglementations) de ces îles est un défi majeur méconnu de la conservation et, […] si l’on ne l’aborde pas de manière efficace, les requins de récifs de ces îles auront tous
été péchés d’ici les dix prochaines années », prévient la maîtresse de conférence à l’Université de Victoria en Colombie-Britannique (Canada) et co-auteure de l’étude Julia Baum, citée par
Greenetvert.fr.
Les chercheurs souhaitent surveiller sur le long terme l’impact de l’activité humaine sur les populations de squales afin de comprendre comment l’Homme altère l’équilibre des océans. D’autres
mauvaises surprises sont certainement à prévoir.
Source © anna demontis/Zegreenweb
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