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Perte du triple "A" français : complot anglo-saxon contre l'euro ?

Publié par wikistrike.com sur 15 Janvier 2012, 12:09pm

Catégories : #Economie

Perte du triple "A" français : complot anglo-saxon contre l'euro ?

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IRIB- On ne cesse de spéculer sur les véritables intentions de "S&P", qui vient de dégrader la note françaises. L'économie française va-t-elle si mal ou s'agit-il d'une manoeuvre destinée à achever l'Euro? N'y-t-il pas là le signe d'une volonté américaine de saper les retrouvailles franco-allemandes, via des notations, somme toute, trop relatives? Atlantico info interroge là-dessu l'économiste Jean-Marc Daniel et l'IRIB reproduit le texte de son entretien.

Atlantico : L’agence de notation "Standard & Poor’s" a dégradé, ce vendredi, la note du triple "A" français. Alors que "Fitch Ratings", supposé plus "europhile", ne l’a pas encore fait. Croyez-vous à un complot des Anglo-saxons contre la monnaie unique ?

 

Jean-Marc Daniel : Le mot "complot" est un bien grand mot. La tonalité générale est, quand même, qu’un certain nombre d’institutions, aux États-Unis et en Angleterre, sont, farouchement, hostiles à l’euro. Pour les États-Unis, si l’euro émerge, en tant que monnaie concurrente du dollar, ce serait la fin des privilèges exorbitants des Américains, soit la capacité à vivre au-dessus de leurs moyens. En effet, les États-Unis ont, aujourd’hui, la capacité de solder leur déficit de balance des paiements courants, par l’émission de leur propre monnaie. Historiquement, ils se sont, déjà, débarrassés de la livre sterling et de l’or, ce n’est pas pour laisser émerger une monnaie forte, comme l’euro...

En termes de compétitivité, un euro plus faible ne servirait-il pas, toutefois, les intérêts des Américains ?

Je crois effectivement qu’il y a, dans les pays anglo-saxons, des gens qui ont des intérêts très divers. Cependant, la constante, dans la démarche américaine, ne peut consister à vouloir détruire l’euro, sachant qu'il y a, quand même, des opérateurs économiques, qui font un usage régulier de la monnaie unique, et qui, eux, sont plus inquiets de son évolution. Un certain nombre d’opérateurs économiques américains, notamment, dans le secteur industriel, s'offensent de cette baisse du taux de change avec l'euro. Le résultat étant clairement à leur détriment, puisqu'il profite, avant tout, à la compétitivité de l’industrie européenne. L’idée poursuivie est, en réalité, la suivante : "Quand on a commencé une bataille, il faut la mener jusqu’au bout. Soit vous arrivez, vraiment, à détruire l’euro et vous mettez le «paquet», soit vous y renoncez". L’attitude des Britanniques est, également, ambivalente. Les intervenants du "Financial Times", notamment, l’éditorialiste Martin Wolf, sont prêts à raconter n’importe quoi, par pure haine de l’Europe. Ils tirent à boulets rouges sur l’euro, avec des arguments relevant de l'absurde. Je pense que dans le cas britannique, il est plus question d’idéologie que d’économie.

Comment expliquer les différences de timing et de notation entre les grandes agences de notation ?

Les agences de notation sont autant « diot utile» que «maître du complot». Un certain mécanisme de l’économie spectacle s’est mis en place, dans lequel, elles jouent, évidemment, un rôle central. Et l’enjeu principal réside dans la conservation de ce statut. Si "Standard & Poor’s" a "déclassé" la France, c'est, uniquement, parce que "Moody's" s'était donné, jusqu’au 18 janvier, pour examiner le cas français. Il s'agit, en quelque sorte, de court-circuiter l’effet d’annonce de "Moody’s". Pour cette dernière, le problème qui se pose est plus communicationnel que macro-économique. Et c'est, donc, en toute logique, que les communicants de "Moody's" vont prendre la main, quant à la marche à suivre. Quant à "Fitch Ratings", ils ont déclaré ne pas vouloir se mêler de cela... Et pourtant, "Fitch Ratings" n’est pas l’agence de notation que l’on nous décrit : européenne ou europhile. Marc Ladreit de Lacharrière en est, effectivement, l’un des deux principaux actionnaires, mais toute la structure est anglo-saxonne. Autant dire que ce n'est pas le propriétaire français qui dicte la conduite à adopter.

La situation économique et financière actuelle pourrait-elle se retourner contre les agences de notation ?

Je pense que les agences de notation sont en train de perdre le contrôle de la situation. Certes, elles ont acquis, par un mécanisme de gestion de la communication et de la calomnie, un rôle central, dans notre économie, mais elles sont en train de s'embourber dans une fuite en avant, qui consiste à s’acharner sur l’Europe. Pareille démarche pourrait se retourner contre elles. Jusque-là, les textes relatifs à la règlementation bancaire et financière font leur force, puisque, seuls, les actifs notés triple "A" sont considérés comme sûrs. Autant dire que ce sont elles qui définissent ce qui est un actif sûr, et ce qui ne l'est pas. Ce qui pourrait se produire, c'est une contestation de leur légitimité. D'autant plus qu'elles ont, déjà, manqué la faillite de la banque américaine "Lehman Brothers", en 2008.

 

Source: IRIB

Les agences de notation sont, donc, bloquées, dans une logique de fuite en avant, qui pourrait provoquer une réaction épidermique conduisant à leur perte.

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