Les USA ? les chinoiq ? ou bien simplement le manque d'argent ?

 

d3218c6e-cffe-11e0-a7c7-2f7faebdad91.jpgLeader mondial du lancement des satellites, l'Agence spatiale russe traverse une série noire. Au cours de neuf derniers mois, elle a perdu six satellites dont le coût total serait estimé à 400 millions d'euros.

C'est le premier accident d'un vaisseau cargo russe depuis trente ans. Le vaisseau Progress M-12M, qui devait ravitailler la Station spatiale internationale (ISS), propulsé sur une mauvaise orbite par la fusée Soyouz, s'est écrasé le 24 août dans une région désertique de l'Altaï (sud de la Sibérie Occidentale). Une semaine plus tôt, l'Agence spatiale russe Roskosmos a perdu contact avec le satellite de télécommunications Express AM4, lancé par la fusée Proton. L'Agence spatiale russe (Roskosmos) a perdu contact avec six satellites au cours de ces neuf derniers mois, ce qui représente un coût total de 16 milliards de roubles (400 millions d'euros), selon les estimations.

Un secteur qui a souffert du manque de financement

Ces quelques accidents n'ont rien d'une coïncidence. Une série d'avaries et une multitude de reports de lancement «pour des problèmes techniques» sont symptomatiques des déboires que connaît le secteur de l'aérospatial en Russie. Selon les experts, ils résultent du manque de financement dans les années 1990. Après la chute de l'URSS, le gouvernement n'était pas en mesure de soutenir des programmes dans l'aérospatiale à long terme, délaissant ce domaine pendant de nombreuses années. Le financement de ce secteur n'a repris qu'au début des années 2000, avec un budget annuel qui a triplé entre 2005 et 2011, passant à 3 milliards de dollars (2,1 milliards d'euros), dont 700 millions (490 millions) sous forme de contrats commerciaux. Toutefois, le salaire d'un ingénieur débutant dans un bureau d'études de Roskosmos à Moscou varie toujours entre 20.000 et 25.000 roubles (500 à 625 euros), alors que le salaire moyen a dépassé les 40.000 roubles (1000 euros) dans la capitale russe en juillet de cette année.

Un retard technologique

Outre, le problème de financement, survenu tout se suite après la chute de l'Union Soviétique, le secteur a accumulé depuis sa création dans les années 1960 un important retard technologique. Selon le directeur scientifique de l'institut de la politique spatiale Ivan Moissev, interrogé par le quotidien russe Vedomosti , les échecs actuels du secteur sont liés avec l'héritage soviétique. A l'époque, l'Etat consacrait un budget important à l'exploration de l'espace, et les fusées russes coûtaient moins cher que les fusées américaines. De ce fait, l'ensemble des équipements étaient produits en masse, sans qu'une attention particulière soit portée à leur qualité. «Un satellite perdu pouvait aussitôt être remplacé par un nouveau», se rappelle un spécialiste de Roskosmos, précisant qu'avant 1991, l'agence spatiale n'avait pas l'habitude de comptabiliser les missions ratées. Aujourd'hui, Roskosmos essaie de combler tant bien que mal le retard technologique sur ses appareils en y intégrant des systèmes de fabrication étrangère. Mais cela pose des problèmes de compatibilité entre eux.

Soyouz n'est pas remise en cause en Guyane

Les partenaires européens restent cependant optimistes quant à la participation des Russes dans le projet Galileo. La Russie a annoncé en 2010 sa volonté d'adhérer à ce programme de lancement des systèmes de navigation alternatif à l'américain GPS. Le projet dirigé par l'Agence spatiale européenne (ESA), va démarrer le 20 octobre prochain avec un déploiement en orbite de deux premiers satellites à partir du Centre Spatial Guyanais (CGS), grâce aux lanceurs Soyouz. Interrogé par Les Echos vendredi, Jean-Jacques Dordain, le directeur général de l'ESA relativise. «Nous faisons un métier difficile. La différence entre le succès et l'échec est minime, il suffit d'un composant défaillant pour passer de l'un à l'autre», affirme-t-il.

Après avoir limogé l'ancien responsable de l'Agence spatiale russe en avril, le premier ministre Vladimir Poutine a ordonné à Roskosmos de procéder à des changements «radicaux» dans le cycle de production des appareils spatiaux. La direction de l'agence a d'ailleurs décidé de suspendre pour l'instant le lancement de tous les vols des vaisseaux Soyouz jusqu'à ce que les causes de l'accident avec le vaisseau Progress soient élucidées.

Depuis le retrait de la navette américaine, la station spatiale internationale ne dispose plus que de trois filières de ravitaillement : la Russie, avec le vaisseau Progress, l'Europe, via le véhicule de transfert automatique (ATV), et le Japon, au moyen du vaisseau HTV.

Le Figaro

Tag(s) : #Astronomie - Espace
Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog