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Les
premiers cultivateurs venus du sud sont remontés jusqu'au nord de l'Europe, côtoyant les chasseurs-cueilleurs, selon une nouvelle étude de paléogénétique.
Eloignées de 400 kilomètres l’une de l’autre, deux anciennes populations ont cohabité il y a environ 4.500 ans en Suède avec des modes de vie très différents : les uns étaient des chasseurs-cueilleurs, les autres les premiers cultivateurs. L’étude de ces deux peuples éclaire un peu plus aujourd’hui la transition cruciale dans notre histoire que fut lasédentarisation et le développement de l’agricultureau néolithique . Les analyses d’ADN ancien prélevé sur les squelettes retrouvés en Suède montrent que les cultivateurs appartenaient à une population différente, très probablement venue du Sud de l’Europe.
L’équipe de Mattias Jakobsson et Pontus Skoglund (Uppsala University, Suède) a réussi à prélever un matériau génétique ancien de
très bonne qualité à partir de 4 squelettes exhumés en Suède. Trois appartiennent à un groupe de chasseurs-cueilleurs, qui vivaient il y a 4.400 à 5.300 ans, d’après les datations. L’autre, est
le squelette d’une femme enterrée il y a 4.900 ans sous un mégalithe près de Gökhem, et contemporaine d’une autre culture, celle d’anciens agriculteurs.
Les chercheurs ont pu analyser une partie de l’ADN nucléaire de ces individus (2 à 5% du génome),
autrement dit de la fameuse molécule située dans le noyau des cellules qui porte l’intégralité du code génétique. D’autres études sur les origines des premiers agriculteurs européens ont porté
sur l’ADN de la mitochondrie (un organite de la cellule) transmis par la lignée maternelle, ou sur le chromosome Y (lignée paternelle) (lire Les origines énigmatiques des premiers
cultivateurs européens). L’ADN nucléaire est une source d’information plus riche.
Exhumation du squelette d'une jeune femme appartenant à la culture des chasseurs-cueilleurs en Suède (tombe d'Ajvide/ Crédit: Göran Burenhult)
Skoglund et ses collègues constatent que l’ADN des chasseurs-cueilleurs se rapproche de celui des habitants actuels du nord de
l’Europe, notamment des Finlandais. Celui de la femme de Gökhem, en revanche, se rapproche de la signature génétique des Européens du Sud, Grecs ou Chypriotes. C’est
au Moyen-Orient que l’on a découvert les plus anciennes traces d’agriculture. C’est là que ladomestication des plantes aurait commencé il y a au
moins 10.000 ans. Cependant, le débat perdure sur la façon dont ce savoir-faire s’est répandu en Europe.
Les résultats de l’étude suédoise, publiés dans la revue Science du 27 avril, accréditent l’hypothèse d’une
migration de cultivateurs venus du sud de l’Europe qui ont voyagé à travers le continent, remontant vers le nord, et répandant leurs techniques agricoles. Le savoir-faire aurait donc bien voyagé
avec des migrants originaires des régions méditerranéennes. Que reste-t-il de ces peuples dans l’ADN des européens d’aujourd’hui? D’après Jakobsson et ses collègues, les deux peuples auraient
coexisté pendant longtemps en Suède avant de finir par se mélanger. D’autres études de paléogénétiques seront nécessaires pour compléter le puzzle.
Sciences & Avenir.fr
le problème est que l'on part du postulat que l'agriculture a été inventée au moyen orient parce que c'est là qu'on y trouve les traces les plus anciennes.
C'est un peu léger quand même ...