Moins d'un tiers des sociétés paie ses fournisseurs à temps

 

INFOGRAPHIE - Signe de nouvelles tensions sur leur trésorerie, les entreprises françaises retardent de plus en plus leur règlements à leurs fournisseurs. Une tendance défavorable qui devrait se poursuivre.

Les entreprises peinent ou rechignent à payer leurs fournisseurs dans les temps. Alors que ces derniers trimestres, la situation s'améliorait petit à petit, l'étude publiée ce jeudi par le cabinet Altares, montre que le «troisième trimestre 2012 amorce une tendance défavorable»: entre juillet et septembre, seulement 32,3% des entreprises françaises ont honoré leurs factures sans retard. Soit un point de moins qu'entre avril et juin. En moyenne, les retards de paiements sont légèrement remontés, de 11,5 à 11,8 jours. Et parmi les sociétés qui paient en retard, près d'un tiers (31,6%) le sont de plus de 15 jours (+1 point en un trimestre).

La tendance à la dégradation des comportements des entreprises en matière de délais de paiement corrobore une étude d'Instrum Justifia publiée récemment, et qui estime que ces retards s'allongeront l'an prochain. Et ce, malgré les récentes menaces de l'État, de sanctionner plus rapidement ces retardataires, qui sont, pour un quart, l'explication de défaillances d'entreprises.

 

fourni.jpg

 

Risque de défaillance multipliée par six

Plus inquiétant, les chiffres qui ressortent de l'étude d'Altares indiquent que les types d'entreprises connues pour être les plus «mauvais payeurs», le sont encore plus. Exemple: les micro-entreprises, fatalement plus fragiles et victimes de défaillances, mais aussi les grandes entreprises, dont à peine 10% paient dans les temps. Surtout, elles sont plus nombreuses à reporter leurs réglements d'au moins 15 jours (+1,7 point). «Cette dégradation rapide fait porter aux fournisseurs un risque lourd, a fortiori lorsque les retards dérapent de plus de 30 jours», prévient Altares. En effet (...) les entreprises reportant leurs règlements fournisseurs de plus de 30 jours présentent une probabilité de défaillance multipliée par six». Le secteur des services est particulièrement touché par ces problèmes de paiements très tardifs, notamment pour la coiffure ou l'immobilier (10% paient en retard de plus de 30%, deux fois plus qu'il y a trois mois), et les cafés, hôtels et restaurants (14,4%).

Tous ces mauvais signes montrent que «les chiffres d'affaires sont à la peine voire en recul, [et que] les marges s'effritent. La fin de l'année, traditionnellement forte dans le commerce notamment, pourrait ne pas suffire à renflouer les trésoreries», s'inquiète Thierry Millon, responsable des analyses chez Altares.

En Europe, les comportement des entreprises se dégrade aussi

À l'image de la santé économique globale des pays européens, l'étude des delais de paiements entre entreprises témoigne bien des difficultés rencontrées dans les pays du sud: «Si l'Espagne repasse sous la barre des 20 jours, le Portugal approche désormais les 30 jours, et l'Italie signe une forte dégradation à 17,6 jours, délais au plus haut sur 3 ans», selon Altares. En revanche, l'Allemagne reste le bon élève du Vieux continent avec des délais de 6,2 jours.

 

 

En Europe en moyenne, les retards de règlement sont au plus haut depuis 18 mois. Si 41,7 % des règlements sont effectués à l'heure contre 41,8 % il y a trois mois, la proportion de longs retards supérieurs à 30 jours augmente de 8,4 % à 8,9 %.

 

Source: Le Figaro

Tag(s) : #Economie
Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog