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Prisonnier X, le détenu secret qui embarrasse Israël

Publié par wikistrike.com sur 13 Février 2013, 19:02pm

Catégories : #Politique internationale

Prisonnier X, le détenu secret qui embarrasse Israël


 

5249261.jpgLa chaîne australienne ABC révéle ce qu'elle pense être l'identité du détenu retrouvé pendu en décembre 2010

 

Le mystérieux "Prisonnier X" maintenu au secret absolu dans une prison israélienne jusqu’à son suicide en décembre 2010 était-il Ben Zieger, un ressortissant australien employé par le Mossad ? Les révélations de la chaîne australienne ABC, diffusées ce mardi 12 février, provoquent en touts cas une très grande agitation au sein des services de sécurité israéliens, qui avaient jusqu’à présent réussi à maintenir une chape de plomb sur l’identité du détenu. Tentant de limiter les dégâts, les services du Premier ministre Benjamin Netanyahou ont convoqué, dans les heures suivantes, les principaux responsables de la presse israélienne, pour leur rappeler que l’affaire est toujours soumise à une censure stricte. "Une réunion d’urgence a été organisée suite à la diffusion d’un reportage diffusé à l’étranger concernant un incident très embarrassant pour une agence gouvernementale", expliquait pour sa part le "Haaretz" sans donner plus de précisions. Une allusion qui a cependant rapidement disparu du site du journal.

Mais l’affaire agite déjà toute la classe politique et médiatique israélienne, qui spécule sur l’ampleur d’un possible scandale impliquant le Mossad. Dans l’après-midi, les Commissions de Défense et des Affaires étrangères de la Knesset ont d’ailleurs demandé à être informées sur le dossier.

Retrouvé pendu

Selon l’enquête réalisée par Trevor Borman pour l’émission Foreign Correspondent, Ben Zieger était issu d’une famille connue de la communauté juive de Melbourne, en Australie. "Monté" en Israël au début des années 2000, alors qu’il était âgé d’une vingtaine d’années, il aurait été recruté par le Mossad. Marié en 2006 à une Israélienne et père de deux enfants, il vivait à Raanana, dans le centre du pays, non loin de l’état-major des services secrets israéliens.

En avril 2010, il aurait été incarcéré, révèle ABC, à la prison de haute sécurité de Ayalon, près de Tel Aviv, pour un motif inconnu. Mais le régime de confidentialité exceptionnel auquel il était soumis ne se justifierait, selon les experts interrogés par la télévision australienne, que pour trahison au bénéfice d’une puissance étrangère. Il était ainsi incarcérée dans la cellule n°15, construite pour accueillir Yigal Amir, l’assassin d’Itz’hak Rabbin, et véritable prison à l’intérieur de la prison. Surveillé en permanence et "hermétiquement" isolé des autres détenus ainsi que du monde extérieur, il était une énigme, y compris pour ses gardiens qui ignoraient son identité. C’est là qu’il aurait été retrouvé pendu, en décembre 2010, après s’être semble-t-il suicidé. Le 22 décembre 2010, son corps avait été rapatrié en Australie pour être enterré dans le cimetière juif de Melbourne.

"Interdiction de publier quoique que ce soit pour l’instant"

Si son nom restait jusqu’à présent une énigme (une rumeur persistante évoquaient celui du général iranien Ali Reza Asghari enlevé à Istanbul en 2007), la présence d’un détenu dans la cellule n°15 était cependant à l’époque un secret de Polichinelle. Le décès par pendaison survenu à la prison de Ayalon avait ainsi été révélé dans un article publié sur le site Ynet, avant d’être immédiatement retiré sur ordre du Shin Beth, le service de sécurité intérieur. L’obligation de secret absolu était en tout cas suffisamment prise au sérieux pour qu’en juin 2010, la juge Hila Gerstl impose une censure drastique sur ce sujet, interdisant même à la presse d’utiliser les termes de Prisonier X, Mister X ou cellule n°15. Le genre de consigne prise très aux sérieux dans un pays où tout article portant sur des sujets militaires ou sécuritaires doit au préalable recevoir l’autorisation du service de censure de l’armée.

Journaliste au quotidien anglophone "Jerusalem Post", Ben Hartman en a fait l’expérience. Sitôt les premières rumeurs sur le scoop de ABC se sont-elles répandues dans les rédactions israéliennes qu’il se met au travail, appelant ses contacts dans les milieux du renseignement. Avant de devoir rapidement tout stopper après avoir reçu un coup de fil dans ce sens de son rédacteur en chef. "Nous avons l’interdiction de publier quoique que ce soit pour l’instant", confirme-t-il. "A l’heure des réseaux sociaux, cela semble totalement aberrant". En attendant, privés de révéler leurs informations par leurs employeurs, les journalistes israéliens s’en donnent donc à cœur joie sur Twitter.

 

Source: Le nouvel observateur

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