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Quand une église devient un centre commercial

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 17 Avril 2011, 12:39pm

Catégories : #Religion - pensées

20070206111618_dsc01894.jpg  Quand une église devient un centre commercial. 

 

Une église catholique de Vandoeuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle) construite dans les années 60 va être vendue à un promoteur immobilier qui veut en faire un centre commercial, "une procédure extrêmement rare", a-t-on appris vendredi du diocèse de Nancy-Toul.

"Nous avons mise en vente cette église Saint-François d'Assises en 2007, car il y a eu une évolution de la pratique et du quartier: aujourd'hui, seule une petite centaine de fidèles s'y rendent, alors qu'elle peut accueillir plus de 700 personnes", a expliqué à l'AFP l'économe du diocèse, Michel Petitdemange.

Ni la commune, ni la communauté urbaine du Grand Nancy ne souhaitant reprendre l'édifice, un promoteur a acheté l'ensemble pour 1,3 million d'euros. Le diocèse s'est toutefois assuré que le projet commercial ne concernait "ni un bar, ni une salle de jeux, ni un commerce illicite du corps ou de l'esprit", a souligné l'économe. Pouvons-nous croire sur parole un promoteur immobilier ? Non.

L'édifice de béton avait été construit dans les années 60 par Henri Prouvé, frère du célèbre architecte Jean Prouvé, lorsque l'agglomération de Nancy s'est étendue. "Les nouveaux propriétaires se sont d'ailleurs attachés les services du petit-fils Prouvé pour respecter l'esprit" du lieu de culte, a précisé M. Petitdemange.

000000000012354.PNGLa vente d'églises catholiques demeure "extrêmement rare, exceptionnelle" en France, selon l'économe.

"D'une part, cela ne peut concerner que des édifices construits après 1905, ensuite il faut avoir un certain courage et un sens de la rationalité que de nombreux diocèses n'ont pas", a-t-il constaté, alors qu'une autre église du diocèse, à Mont-Saint-Martin, est également à vendre. Les fidèles de Saint-François d'Assises pourront toutefois continuer à se rendre dans la chapelle attenante au bâtiment pendant quelques mois, l'ensemble n'étant pas encore désacralisé.

"Evidemment, un certain nombre de paroissiens sont amers car ils l'ont construite, s'y sont mariés, y ont baptisés leurs enfants. Mais il faut s'adapter. Ca n'est pas pour autant mortifère", a souligné M. Petitdemange.

A l'heure où le gouvernement se plaît à parler de laïcité, transformer un lieu sacré, et chargé d'histoire pour de nombreux fidèles, ouvre la porte à tous les vents mercantiles. Pour WikiStrike, l'important n'est pas la désertion de l'église par ses fidèles, non, l'important se trouve dans le rôle qu'à joué ce lieu de culte chez la population locale durant 50 ans. Interrogés par nos soins, les habitants de Vandoeuvre-lès-Nancy n'en reviennent toujours pas. Une femme d'un certain âge nous a révélé : "Mon fils s'est marié dans cette église, j'ai la sensation qu'on désacralise leur union, et j'en pleure." 

 Beaucoup toutefois acceptent l'idée d'un abandon par les fidèles : "On ne peu nier que l'église coûte chère"  mais tous préfèreraient une autre reconversion pour ce patrimoine religieux, et l'on peut les comprendre.

 

Ghisham Doyle pour WikiStrike 

 

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L’église devient centre commercial

(Le Républicain Lorrain)

L’église Saint-François-d’Assise de Vandœuvre, devenue trop coûteuse pour le diocèse, a été vendue à des promoteurs qui vont la transformer en cellules commerciales. Histoire d’une reconversion inédite.

Après la désacralisation de l’église Saint-François-d’Assise de Vandœuvre, sa reconversion en centre commercial pourra commencer. Photo archives RL/Anthony PICORÉ

Après la désacralisation de l’église Saint-François-d’Assise de Vandœuvre, sa reconversion en centre commercial pourra commencer. Photo archives RL/Anthony PICORÉ

L’église Saint-François -d’Assise de Vandœuvre, propriété du diocèse de Nancy, en vente depuis 2007, a trouvé preneur. Le promoteur, dont l’identité n’a pas été communiquée, a fait cette acquisition pour 1, 35 M€.

A cette somme, il devra ajouter 500 000 € de travaux de remise aux normes de l’église de 1 000 m² érigée au début des années soixante et vouée à être transformée en centre commercial. Les 6 000 m² de jardin qui entourent le bâtiment vont être bétonnés et se muer en parking, se fondant ainsi dans un environnement immédiat de grandes et moyennes surfaces commerciales desservies par l’autoroute construite alors que l’Eglise Saint-François-d’Assise était déjà là. «  Nous aurions préféré que notre bâtiment serve l’intérêt public, mais les propositions n’étaient pas nombreuses », reconnaît Michel Petitdemange, l’économe du diocèse de Nancy. En 2008, l’association diocésaine la propose à la municipalité de Vandœuvre. «  Nous étions intéressés par la seule nef, ni par les jardins, le presbytère ou encore la petite chapelle attenante », se souvient Philippe Giumelly, premier adjoint au maire, chargé de l’urbanisme. Les Domaines estiment l’acquisition à 700 000 €. «  Nous avions l’argent pour l’acquisition mais pas pour les travaux qui se montaient à plus d’un million d’euros », poursuit l’élu qui abandonne donc les projets d’installation dans l’église désacralisée d’une salle de répétition pour l’école de musique et un pôle de l’image qui aurait permis l’utilisation du cinéma de 400 places construit dans les sous-sols de l’église.

« Pas de débits de boissons »

«  Mettre en vente une église c’est une vraie douleur, assure Michel Petitdemange, mais notre démarche est la plus objective possible qui repose sur les critères économiques, et l’activité pastorale ». Entretenir une église de 1 000 places qui rassemble péniblement 80 paroissiens chaque dimanche n’était plus tenable. «  Il en va de notre responsabilité morale, on peut casser notre tirelire mais pourquoi ? Pour quel projet ? Il faut penser aux générations à venir », poursuit l’économe, qui négocie actuellement la vente de l’église de Mont-Saint-Martin près de Longwy. Les paroissiens ont été les premiers avertis de la mise en vente de leur église. Ils se sont consolés dans un premier temps avec la chapelle voisine. Ils devront y renoncer, cette derrière faisant partie du lot acheté par le promoteur resté discret sur la nature des cellules commerciales prévues. L’association diocésaine a cependant émis ses conditions «  pas de débits de boissons, de salles de jeux, de boutiques qui pourraient choquer dans un ancien lieu saint ».

Les promoteurs ont d’ores et déjà annoncé leur souhait de créer 200 m² de vitrines qui seront percées dans la façade de l’église ovoïde de l’architecte Henri Prouvé, frère méconnu de Jean Prouvé.

 

 

Nancy: une église va devenir un centre commercial (Les Echos)

© AFP/Archives - Joel Saget
© AFP/Archives - Joel Saget

Une église catholique de Vandoeuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle) construite dans les années 60 va être vendue à un promoteur immobilier qui veut en faire un centre commercial, "une procédure extrêmement rare", a-t-on appris vendredi du diocèse de Nancy-Toul.

"Nous avons mise en vente cette église Saint-François d'Assises en 2007, car il y a eu une évolution de la pratique et du quartier: aujourd'hui, seule une petite centaine de fidèles s'y rendent, alors qu'elle peut accueillir plus de 700 personnes", a expliqué à l'AFP l'économe du diocèse, Michel Petitdemange.

Ni la commune, ni la communauté urbaine du Grand Nancy ne souhaitant reprendre l'édifice, un promoteur a acheté l'ensemble pour 1,3 million d'euros. Le diocèse s'est toutefois assuré que le projet commercial ne concernait "ni un bar, ni une salle de jeux, ni un commerce illicite du corps ou de l'esprit", a souligné l'économe.

L'édifice de béton avait été construit dans les années 60 par Henri Prouvé, frère du célèbre architecte Jean Prouvé, lorsque l'agglomération de Nancy s'est étendue.

"Les nouveaux propriétaires se sont d'ailleurs attachés les services du petit-fils Prouvé pour respecter l'esprit" du lieu de culte, a précisé M. Petitdemange.

La vente d'églises catholiques demeure "extrêmement rare, exceptionnelle" en France, selon l'économe.

"D'une part, cela ne peut concerner que des édifices construits après 1905, ensuite il faut avoir un certain courage et un sens de la rationalité que de nombreux diocèses n'ont pas", a-t-il constaté, alors qu'une autre église du diocèse, à Mont-Saint-Martin, est également à vendre.

Les fidèles de Saint-François d'Assises pourront toutefois continuer à se rendre dans la chapelle attenante au bâtiment pendant quelques mois, l'ensemble n'étant pas encore désacralisé.

"Evidemment, un certain nombre de paroissiens sont amers car ils l'ont construite, s'y sont mariés, y ont baptisés leurs enfants. Mais il faut s'adapter. Ca n'est pas pour autant mortifère", a souligné M. Petitdemange.

«  Il y a déstructuration de l’identité même du lieu », estime Paul Maurand, architecte nancéien qui défend l’intégrité de l’édifice. La mairie, seule habilitée à délivrer le permis de construire, sera, assure-t-elle, «  vigilante » sur la qualité du projet. 

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