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Quand François qualifiait l'homosexualité de "démon infiltré dans les âmes"

Publié par wikistrike.com sur 13 Mars 2013, 21:12pm

Catégories : #Religion - pensées

Quand François qualifiait l'homosexualité de "démon infiltré dans les âmes"


 

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Défendue par la présidente Cristina Kirchner, la loi autorisant le mariage gay a été adoptée par le Sénat. Elle permettra également aux couples homosexuels d'adopter des enfants. Une petite révolution dans ce pays à plus de 90 % catholique. 

En se mariant en décembre dernier en Terre de Feu, Alex et José savaient qu’ils allaient faire parler d’eux. Ils ont d’ailleurs tout fait pour médiatiser leur union. Mais ils étaient loin de se douter que la polémique dont ils sont à l’origine - ils sont les deux premiers homosexuels à se marier en Amérique latine - allait aboutir, sept mois plus tard, au vote d’une loi autorisant le mariage gay en Argentine.

Jeudi à l'aube, après quinze heures de virulents débats, le Sénat a adopté ce projet de loi, porté à bout de bras par la présidente argentine, Cristina Kirchner. Il ne manque désormais plus que sa signature pour que le texte entre en vigueur. L’Argentine devient ainsi le premier pays de la région - et le 10e dans le monde - à accorder ce droit aux couples gays et lesbiens.

Désormais, deux personnes du même sexe pourront donc jouir des mêmes droits que les couples hétérosexuels dans le pays, et notamment adopter des enfants. "C’est un jour historique", a résumé Miguel Pichetto, leader du parti au pouvoir au Sénat, à l’issue du scrutin.

L’Église argentine farouchement opposée au mariage gay

L’adoption de ce texte ne s’est toutefois pas faite sans douleur dans un pays qui compte 91 % de catholiques. Mardi soir, pro et anti-mariage gay se sont affrontés à coup d’œufs et d’oranges devant le Congrès où était examinée la loi. À l’instar du Sénat - qui a adopté le texte à une courte majorité de 33 voix contre 27 - la société argentine reste très divisée sur la question.

L’Église, très influente dans le pays, a fait de la lutte contre ce projet de loi son cheval de bataille. Pendant les messes dimanche dernier, les prêtres catholiques et évangélistes ont défendu avec passion le mariage hétérosexuel. Dans les rues, les manifestations anti-mariage gay se sont multipliées ces dernières semaines. La pression s’est amplifiée, au point de faire perdre son sang-froid à Cristina Kirchner. "L’Église vit encore à l’époque des croisades", a-t-elle lâché la semaine dernière, dans un accès de colère.

"L’Église a mené une campagne extrêmement violente contre cette loi, confirme à france24.com Marine de la Moisonnière, journaliste française installée à Buenos Aires. Beaucoup d’Argentins ont été choqués. Le cardinal de Buenos Aires, Jorge Bergoglio, a par exemple qualifié l’homosexualité de ‘démon infiltré dans les âmes’", explique celle-ci.

"Kirchner a pris un gros risque"

En soutenant ce projet de loi si controversé à un an de la présidentielle, Cristina Kirchner risquait gros. D’autant plus que la présidente argentine a multiplié les échecs électoraux ces derniers mois, perdant notamment la majorité dans les deux chambres du Parlement en décembre dernier. "Cristina Kirchner a indéniablement fait de cette loi un enjeu politique. Il est clair qu’elle a en tête l'élection de l’année prochaine, poursuit Marine de la Moissonnière. Mais à la veille du vote, personne ne pouvait dire si le texte allait passer ou non. Ça aurait vraiment pu lui jouer des tours". Même si, en embarquant avec elle deux sénateurs ouvertement opposés à la loi à l'occasion de la visite officielle en Chine qu'elle effectue actuellement, la chef d’État a tout fait pour forcer l’issue du vote...

Risqué, le pari n'était pourtant pas perdu d’avance. Depuis une dizaine d’années, une forte communauté gay et lesbienne s’est implantée à Buenos Aires, où les enfants de couples homosexuels sont légion. En 2003, la capitale argentine avait par ailleurs été la première ville d’Amérique latine à légaliser les unions civiles entre les personnes de même sexe.

Depuis cette date, les droits des homosexuels ont fait leur chemin : la ville de Mexico et l’État brésilien de Rio Grande do Sul autorisent depuis peu le mariage gay et lesbien. L’Argentine, pourtant considérée comme l'un des pays les plus conservateurs du continent jusqu’à la fin des années 1980 - le divorce n’y a été légalisé qu’en 1987 - passe désormais pour un précurseur en matière de droit des minorités sur le continent.

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